Grèves de la faim, blocages de promenades et Communiqué, luttes dans le CRA du Mesnil, de Palaiseau et de Vincennes cette dernière semaine

Retour sur plus d’une semaine de lutte dans différents CRA autour de Paris : Mesnil-Amelot, Palaiseau et Vincennes.
Solidarité avec tou-te-s les enfermé-e-s, soutien et force à celleux qui luttent !

Des nouvelles du Mesnil en lutte: blocage de promenade et des prisonniers sur les toits

Le 15.07.19

« Ca fait plusieurs semaines que la situation est très tendu dans la prison pour étrangèr.e.s du Mesnil Amelot.  Cette semaine après plusieurs tentatives de suicides violemment reprimé, les prisonniers des deux centres du Mesnil (CRA2 et CRA3) ont lutté collectivement contre le racisme et la violence des keufs de la PAF.

Dans la foulée, la CIMADE (l’asso qui fait du soutien juridique dans le centre) a décidé d’exercer son droit de retrait pendant trois jours.

Avec des témoignages de 2 copains, S. et O., enfermé au CRA2 du Mesnil on revient sur ce qui s’est passé cette semaine. On continuera de relayer des infos dans les prochains jours.

Le 13 au soir une nouvelle commence à tourner:

 La on est tous dans la cours avec toute nos affaires, ceux du bat 10,11 et 12 !

Le lendemain on prend des nouvelles:

Hier soir après avoir essayé de bloquer la cours on est rentré dans les batiments. A 22h40 ils ont amadoué tout le monde. Ils ont pris un gars du batiment 10 et ils lui ont donné une pétition à remplir.
Mais moi je pense qu’une pétition c’est pas une bonne idée.Y a le “représentant” du batiment 10 ils lui ont passé qu’à lui la pétition. Il faut tout écrire, qui on est, qu’est ce qu’on veut..
Obligé ils vont essayé d’avoir ou de trouver des lader et de les virer tout ça. Des gars vont prendre des vols c’est sûr. Cette pétition c’est eux qui ont dressé les règles..
On dirait un jeu et c’est eux qui contrôlent le jeu. C’est un délire.
Y a un keuf il dit c’est à cause de la cimade qu’ils sont passé à 3 mois de détention. La police dit ce qu’elle veut quoi..” S.

Ouai hier on est rentré au batiment. Le dernier mec avec sa femme ils l’ont poussé. Ils l’ont fait rentrer en agression alors qu’il voulait pas. Il était par terre, ils étaient 5 à le pousser.
Nous on était enfermé dans les bâtiments, on criait. Y avait sa femme devant qui était enceinte. Ils ont du les agresser pour les faire rentrer.

Tu peux revenir un peu sur ce qui c’est passé avant?

Ouai déjà y a eu le 9 juillet. Mardi c’était le 9 nan? Bref mardi aprem y en a 2 qui sont montés sur les toits du batiment 12 et l’autre sur les grilles. Ils en ont marre de ce qui se passe ici. Lui (celui des grilles) voulait être extradé en Belgique où il avait fait sa demande d’asile mais non eux ils veulent le renvoyer au Maroc. Lui il voulait pas y retorner. Il a parlé avec eux, mais personne nous écoute ici.. Après il a mis le barbelé autour du cou. Juste il n’en pouvait plus.
C’est d’autres prisonniers qui parlaient arabe qui l’ont calmé.

Les gars sur les toits ils voulaient juste pas rester 3 mois ici. 3 mois c’est trop. Y en a 2 qui ont été transferé dans d’autres CRA.

Y a un mec avec le SIDA ici, il est à l’isolement maintenant. Il s’est tapé avec un gars y avait plein de sang.. Personne n’a eu de test.. On peut rien faire ici. On est fait. Quand on a parlé des tests avec le chef, tu sais ce qu’il a dit? Il a dit ” Vous l’avez sucé? Vous l’avez baisé? Non bah c’est bon.. sinon vous l’avez ptet” Il a mal parlé parce qu’il était enervé. Hier ils l’ont ramené à l’infirmerie vite fait, puis remis à l’isolement.
Hier (le 13 juillet) ils ont voulu ouvrir les 3 batiments, mais on a pas voulu. Celui qui bouge trop ici c’est chaud. Y a un gars ils lui ont mis 2 vols en deux jours avec escorts !

Moi cette semaine j’ai très mal. J’ai fait la radio, ils m’ont dit c’est normal que j’aurai mal toute ma vie à la hanche. Et ils m’ont dit que c’était normal d’avoir mal comme ça, moi j’avais pas mal autant avant d’être en rétention.
Ils veulent me donner des médicaments genre calmant. Ca c’est trop, même si tu parles ils vont rien te donner.

O.

Au CRA3 ca bouge aussi ces 10 derniers jours: greve de la faim de 2 jours, banderole dans la promenade & tentative de blocage de promenade.

A Vincennes une nouvelle grève de la faim à commencé aujourd’hui au CRA2B.« 

Lien vers le site : https://abaslescra.noblogs.org/post/2019/07/15/des-nouvelles-du-mesnil-en-lutte-blocage-de-promenade-et-des-prisonniers-sur-les-toits/

Lutte en cours dans la prison pour sans papier de Palaiseau !

« Depuis le 17.07.19  22 prisonniers de la prison pour étrangèrs de Palaiseau sont en grève de la faim. On relaye ici leur communiqué.*

Pour rappel depuis lundi 15 juillet, un autre mouvement collectif a lieu au cra2b de Vincennes.

Communiqué des prisonniers en lutte de Palaiseau

Ici il y a une grève de la faim depuis ce matin mercredi 17 juillet 2019. Si on fait ça c’est par rapport à la nourriture déjà. Il y a tout le temps de la viande et pas hallal. Alors qu’ici y a beaucoup de musulmans ou végétarien comme les rasta. C’est aussi par rapport à l’accès à l’eau, ici y a pas de machine à eau fraiche. L’Ofii à refusé aujourd’hui de nous laisser acheter de l’eau en bouteille, alors même qu’il a fait très chaud. Sur les 3 derniers jours la machine à café a fonctionné une seul apres midi.
L’infirmerie faut en parler. Y en a ils sont malade mais on les soigne même pas.
Tout ça c’est un moyen de pression pour les keufs sur les retenus.

Ici y a beaucoup de pères, de gens qui ont des familles. Et tout ce qu’on nous propose c’est de partir au pays.
Ici y en a un il est malade du coeur, mais vu qu’il a perdu son dossier médical il est pas soigné.
Y en a un ici il était a l’hôpital de Villejuif et ils l’ont ramené au centre de rétentions. Ils ont changés ses médocs comme ça.
Y en a un ici son pays n’a pas d’ambassade en France, dans tous les cas c’était impossible pour lui de faire les papiers.
Y en a un ici c’est la préfecture qui a égaré tous ses papiers marocains, ce qui fait qu’il est ici et qu’il attend. Un autre s’est fait arrêter en allant a l’aéroport, après avoir acheté son billet. La France l’empêche de partir. Il le ramène ici et le font galérer. C’est n’importe quoi.
Y en a un il s’est présenté au comico pour répondre à une convocation et ils l’ont ramené au CRA. C’est pas le seul.
Ici y en a une quinzaine qui sortent de la prison. Il faut arrêter la double peine, et les aller retour cra-prison-cra.
Tout cela c’est un moyen de pression pour faire craquer les gens et quitter la france.
Les 3 mois c’est beaucoup trop. Ici c’est pas de la rétention c’est de la prison. C’est même pire que la prison parce que t’as pas le droit de cantiner ni nourriture ni eau.
Y a un état d’esprit électrique ici. Tout le monde court partout. En 2h la police est intervenu 5 fois.

On veut des changements rapidement dans le centre sur l’accès à la nourriture, à l’eau et au soin.

On appelle les autres centres à se mettre en lutte aussi !

22 prisonniers du centre de rétention de Palaiseau »

Lien vers l’article : https://abaslescra.noblogs.org/post/2019/07/17/lutte-en-cours-dans-la-prison-pour-sans-papier-de-palaiseau/

Paroles de l’intérieur du Mesnil en lutte

Un enregistrement de personnes enfermées au Mesnil publié le 18.07

Lien vers l’article : https://abaslescra.noblogs.org/post/2019/07/18/paroles-de-linterieur-du-mesnil-en-lutte/

« Des prisonniers du CRA3 du Mesnil-Amelot ont décidé de faire sortir leurs paroles, leurs histoire pour raconter ce qui se passe en ce moment. Double peine, racisme des keufs, conditions d’enfermements, vols cachés..

Pour rappel en ce moment la situation est tendu dans la prison pour sans papier du Mesnil Amelot: prisonnier sur les toits, blocage de promenades, tentatives de suicides: https://abaslescra.noblogs.org/post/2019/07/15/des-nouvelles-du-mesnil-en-lutte-blocage-de-promenade-et-des-prisonniers-sur-les-toits/

C’est aussi une grève de la faim en cours à Vincennes au CRA2B, rejointe hier par le CRA de Palaiseau.

On relayera la retranscription dès que possible.

Force et solidarité avec tou.te.s les prisonnière.s ! »

« Depuis lundi dernier, un mouvement collectif a lieu au CRA2B de Vincennes. S., enfermé là bas raconte ce qui s’y passe. Pour rappel depuis hier c’est à la prison pour sans-papier de Palaiseau qu’un mouvement collectif a commencé.

Retour sur 4 jours de luttes a la prison de Vincennes !

Le 18.07.19

« Ce lundi on est une trentaine à avoir refusé le repas ce midi. Trente cinq pour etre précis.

Le lundi soir on a mis tous les matelas dans la cour. Et on a pas dormi de la nuit. Tôt le matin ils sont venu pour un vol caché. Le gars ils l’ont tabassé devant nous. Alors y en a ils ont réagit. On s’est fait taper et tout. Dans la journée de mardi, on était de moins en moins nombreux dehors. Y avait plein de flics autour de nous avec des gazeuses.
Y a une personne qui est venu nous parler. Ils sont venu le deuxième jours. Ils sont repartit. Après ils venaient chaque cinq minutes pour des fouilles etc. On nous appelait pas pour le médecin et tout.. Maintenant ça c’est calmé avec eux.
Le gradé nous a demandé pourquoi on faisait ça. On leur a dit que c’était à cause des trois mois, que c’était trop pour les violences policières et tout. Ils nous ont dit que c’était pas de leurs ressort et ils sont repartit.
Les gens sont allé manger peu à peu tout seul parce qu’ils pouvaient plus tenir. Ils ont pas de parloir ni rien.”

Aujourd’hui on est le 18 juillet. On est encore sept en grève de la faim. Ca devient tendu. Hier j’ai perdu une dent, je sors la bouche en sang avec la dent dans la main pour demande avoir le docteur. On me dit “Ouai attends..” J’ai vu personne. En plus je suis tombé malade.

Des nouvelles du Palaiseau en lutte: “On est encore une dizaine à toujours être en grève de la faim. C’est pas tout le monde qui tient le coup”. »

Lien vers l’article : https://abaslescra.noblogs.org/post/2019/07/18/retour-sur-4-jours-de-luttes-a-la-prison-de-vincennes/

Morts, révoltes et grèves de la faim dans les CPR en Italie

[ Nous relayons ici des articles tirés sur  le site « abaslescra.noblogs.org » ]

Ces articles relayent les révoltes et luttes qui ont lieu actuellement dans différents CPR [Centro permanente per il rapatrio] en Italie.

A bas les CRA ! A bas les CPR  ! De Lyon à Rome force à tou-te-s les évadé-e-s pour la liberté ! Feu aux frontières ! Soutien aux luttes contre l’enfermement !

[ image : anarresinfo.noblogs.org ]

« Dans le CRA de Turin viol et mort d’un prisonnier

Dans la nuit du 7 au 8 juillet une personne est morte à 32 ans dans le CRA de Turin, une ville dans le nord de l’Italie. Elle est morte en cellule d’isolement dans le CRA après avoir dénoncé un viol. Il y a eu des révoltes et des manifestations à l’exterieur.

Faisal, “Sahid” e gli altr*


Au CRA de Ponte Galeria de Rome il y a eu des révoltes et une évasions collective

Au CRA de Ponte Galeria de Rome il y a des révoltes et une évasions collective. Presque 17 personnes ont réussi à s’enfuir. Cela s’est produit au moment de la réouverture de la zone pour hommes du CRA.

Traduction: Rome – Révolte et évasion du CPR de Ponte Galeria
CONTRE TOUTES LES GALÈRES, CONTRE TOUTES LES FRONTIÈRES, FEU AUX CPR!!
SOLIDARITÉ AVEC LES PRISONNIERS EN LUTTE, VIVE LA LIBERTE’!
La section masculine du CPR (CRA)de Ponte Galeria, restructurée et remise en service il y a environ un mois, a finalement été inaugurée de la meilleure manière possible : entre le 5 et le 6, une grande révolte a éclaté dans la section masculine pour protester contre les invivables conditions du camp d’internement. Selon la seule source disponible pour l’instant (un article d’un syndicat de keufs), plusieurs dizaines de détenus, après avoir déchiré portes et fenêtres, « ont contourné et forcé le garde inter-force placé pour protéger et surveiller la structure ». Les fugitifs se sont dispersés dans le coin et certains ont été capturés et renvoyés dans les cellules. Actuellement 17 personnes ont réussi à retrouver la liberté. On parle de certains blessés, parce qu’ils se sont « blessés avec des lames de rasoir et d’autres armes improvisées ».
Le 5 juillet, pendant un concert au stade olympique, lors de contrôles impromptus, six personnes ont été arrêtées avec des documents irréguliers, puis emmenées au bureau de l’immigration de la « questura » (poste de police) et de là, probablement au CPR. Nous ne pouvons nier que le centre d’expulsion a un impact important sur la vie en ville car il favorise l’augmentation des contrôles, des rafles .Démontrer un soutien actif aux luttes des détenus ne peut qu’ouvrir des espaces de liberté.
Lien :

Au CRA de Caltannissetta grève de la faim contre les déportations et contre la rétention

Au CRA de Caltannissetta, en Sicile, il y a une grève de la faim contre les déportations surtout vers la Tunisie et contre la rétention. »

Caltanissetta – Nel CPR di Pian del Lago sciopero della fame contro detenzione e deportazioni

Témoignage d’Omar prisonnier au CRA de Lyon St Exupéry

[ Lien vers l’article de rébellyon : https://rebellyon.info/Appel-a-l-aide-d-Omar-prisonnier-au-CRA-20909 ]

 

Témoignage d’Omar prisonnier au CRA de Lyon Saint-Exupéry. Il témoigne du délaissment total de soins médicaux au sein du CRA.

 » Moi je m’appelle TAIBI Omar, je suis né le 13 mars 87. En fait j’ai envie de témoigner sur un homme qui s’appelle Mouhamed Ali je crois que vous avez entendu parler de lui.
Il vient de tomber encore dans une crise d’épilepsie. Et maintenant il l’ont pris avec.
Ils ont pris déjà beaucoup de temps pour venir interpréter mais ils l’ont pris avec et après quelques temps l’ambulance elle est venue ici alors ça veut dire c’est grave.

Ils l’ont pris avec alors j’ai pas pour l’instant mais s’il y a plus d’infos je vais vous nformer. Merci beaucoup. Voilà.

– Est-ce que tu veux raconter un peu comment ça se passe, comment ça s’est passé pour lui, ou même pour d’autres personnes le soin à l’intérieur du CRA ?

Le soin ici c’est vraiment grave parce que le médecin il lui donne un traitement mais il refuse de lui donner l’ordonnance qui dit que ce monsieur là il est malade parce qu’ils veulent garder les gens ici comme ça . Parce que lui c’est pas quelqu’un qui peut rester ici quoi. Il est malade ! Il peut pas rester ici ! Ils ont pas le droit de le mettre ici ! On sait jamais quand il va tomber et où il va tomber. C’est ça le plus pire !

Et… Le médecin ici il refuse de donner le certificat, ils veulent lui donner quand même le traitement quoi ! Alors lui il a refusé le traitement depuis trois jours pour contester  ; il joue même avec sa santé et sa vie mais ya rien qui change quoi !

C’est toujours la même chose, ya rien qu’à changé ! Toujours la même chose ! Voilà !

– Et du coup ils ont réagit comment les keufs quand il a encore fait sa crise d’épilepsie ?

En fait la quatrième fois aujourd’hui, là il y a quelques minutes. C’est un peu grave quoi ! Ils ont au moins, au moins cinq minutes, j’étais là en train de tenir sa tête et ils ont pris le temps quoi ! Ils prennent du temps.
On dirait qu’ils s’en foutent  !
En plus ils sont venus et ils ont fait sortir tout le monde et ils ont fermé toutes les portes comme ça ils sont tout seul avec lui. Mais j’étais là moi j’ai regardé ! J’ai regardé tout ce qu’il s’est passé là !

- Et ils faisaient quoi ?

Yavait un seul pompier et ils étaient là en train de regarder. Ils ont même pas tenu ses pieds. C’est moi qui ai dit « tiens » [passage inaudible].
Et le pompier il tient sa tête et voilà ya rien quoi, il s’est passé rien d’autre.

– D’accord

Voilà

– Je sais pa si t’as envie d’en parler mais pour les autres personnes qui sont à l’interieur du CRA comment ça se passe pour les soins ?

Le soin c’est la même chose ! Yen a un ici ça fait combien de temps, hey combien de temps ? Ya un mec ici son bras il est cassé ça fait 42 jours. Il le bouge même pas ! Il a 18 ans, ils le bougent même pas l’hôpital !
Ils l’ont envoyé une fois à l’hôpital, après ils l’ont ramenés, la même chose, il a un truc comme ça là. Vous voyez jveux dire on le met sur le le cou pour tenir la main.
Le mec ça fait 42 jours qu’il est comme ça !

Ça c’est pas normal !

– Il a une écharpe ?

Ouais ouais voilà, celui qu’on met sur l’épaule pour tenir là main là. Comment on appel ça ? Jsais pas !
Et ils refusent même de le soigner !

Chaque jour lui il parle avec eux ! Même moi j’étais là parce que lui il parle pas français. Rien. Même moi j’ai fait ça pour lui. Pour parler avec eux.
Ils m’ont dit « ouais le monsieur il est un peu agressif.. ». Il y est mais mais c’et pas le.. C’est comme ça !
Voilà. C’est pas normal. C’est vraiment pas normal !

Le médecin je lui ai parlé moi même. Je lui ai dit « le monsieur je le connaît depuis plus que 10 ans. Je sais comment il tombe ! Je sais [passage inaudible]. Je sais c’est un mec malade. Donnes lui l’ordonnance ». Il m’a dit « C’est moi le médecin, c’est pas toi ! »
Et voilà !

Ils refuse même de parler avec moi.
Même la femme qui travaille ici au poste de forum réfugiés là ! Elle a été dans son bureau de de médecin. Elle a parlé avec lui pour lui donner l’ordonnance, il refuse toujours.
Les policiers ils ont témoignés devant le juge ! Dans le tribunal. Ils ont témoignés que ce monsieur là, il est malade ! Le médecin il refuse toujours de lui donner l’ordonnance là, le certificat.

Mais il lui donne le traitement ! Ça j’ai pas compris.

Tu veux dire que les keufs même dans le tribunal ils ont dit qu’il est malade ?

Ouais ils ont témoignés, ils ont dit devant le juge « ce monsieur là il est tombé déjà trois fois ». C’est pas quelque chose pour rigoler ça ! Ya quelqu’un qui tombe devant toi trois fois alors ça veut dire qu’il est malade.
Et aujourd’hui la quatrième fois, jusqu’à aujourd’hui qu’ils l’ont pris… Jsais pas qu’est-ce qu’il l’ont pris à l’hôpital ou on…
Et alors l’ambulance elle est venue !
Vous voyez, et voilà quoi…
C’est tellement grave..
Le médecin ils s’en foute ! Les keufs ils s’en foutent ! La bouffe il y reste un jour  ! C’est périmé, qu’il lui reste un jour quoi !

C’est grave franchement moi j’ai le sentiment d’être un animal ici ! Pas un être humain.
C’est trop trop, franchement c’est trop !

Moi j’ai peur que l’un ou l’autre il va se suicider ici, c’est pas normal !

Jsais pas quoi dire parce qu’il y a trop là t’as vu…

– Ouais ok. Estce que tu veux rajouter un truc ?

J’appelle tout le monde qui fait quelque chose ! Qu’il vienne ici, qu’il regarde comment il est ce centre là !
J’appelle tout le monde qu’il nous aide. On est quand même de êtres humains ! On est pas des des des animaux !

Venez ! Venez ici avec vos caméras et regardez vous même ! C’est pas normal !

[passage inaudible] je sors et il a dit « moi je suis pas gardien de portes ». regardez la réponse qu’il m’a donné !

– Qui est-ce qui a dit ça ? Parce que on a pas entendu ?

Un policier ! Un policier !
J’avais les mains pleins parce que le monsieur Ali Mouhamed il a deux béquilles, il peut pas marcher tout seul. Moi je prends un pied, deux pieds, ça veut dire les deux mains ils sont plein.
J’ai dit au policier « s’il vous plaît vous pouvez nous ouvrir la porte parce que le monsieur là il a [passage inaudible] ».
Il dit « Oui moi jsuis pas portier »
Quelle réponse il nous donne ? Comment ils nous parlent !

– Est-ce qu’ils ont remis leur matricule aujourd’hui ?

Non ils l’ont enlevé ! J’ai regardé même maintenant j’ai regardé exprès ils l’ont enlevé. Ils l’ont pas toujours.

- Donc ça fait… 4 jours qu’ils ont plus leur matricule ?

Non ça fait depuis le deuxième jours de grève de faim ils ont enlevés les numéros comme ça on peut pas matriculer chacun.
Je ne sais pas euh.. Il n’y a pas de numéro.
Ça veut dire qu’ils préparent quelque chose ou j’sais pas. Pourquoi ils enlèvent leur numéro de matricule ? Ils ont pas le droit. C’est interdit.

– Tout à fait !

Mais ils le font quand même. Et si vous rentrez de l’intérieur, vous venez ici vous voyez les policiers qui travaillent là bas, vous voyez les policiers avec le numéro.

Mais c’est eux… Quand tu rentres ici, personne a le numéro. J’ai regardé exprès maintenant. Yen a une femme quelle a pas, regardé l’autre il a pas. Ils ont des des des t-shirt bleu qu’ont peu pas mettre le truc des numéros dessus. Vous voyez ?

Ça ils le font exprès. Ça c’est pas normal !

– Et comment ça se passe là en ce moment entre vous ?

Entre nous maintenant il y a de temps en temps une bagarre, ya de temps en temps là… Toujours toujours, ya toujours ici des histoires. Ici il y a toujours quelqu’un qui fait quelque chose. Ya toujours quelqu’un qui est énervé. Ya toujours quelqu’un qui crie.
On passe notre temps à se bagarrer on va dire ici.
Ya rien à faire ! Ya rien du tout ! Même pas ping-pong ya rien à faire !
On est comme des animaux dans un cage et voilà ! On nous a enfermé dans un cage et voilà ! Voilà votre chambre, voilà la cage et débrouillez vous ente vous !
Si quelqu’un il tombe malade ou jsais pas moi il se passe une bagarre ils regardent d’abord biiiien dans les caméras et après tout calmement.
Après le bagarre c’est fini on va dire.

Ça c’est pas normal, normalement eux leur travail c’est d’intervenir tout de suite s’il se passe quelque chose mais moi je vois pas ça ! En fait moi jvais vous dire la vérité : ils s’en foutent de nous !

[passage inaudible] Tant que ils peuvent nous envoyer dans nos pays et voilà quoi.
On peut rien dire. On a pas le droit de rien dire.

C’est tout jsais pas quoi dire.

Franchement moi j’ai jamais vu ça. »

Pas de prises en compte des urgences médicales, pas de soin, pas de matricules des keufs.

A bas les CRA ! Soutien aux résistances dans tous les lieux d’enfermements ! Force à tou-te-s les enfermées !

Témoignage de Nizar sur la lutte collective au sein du CRA de Lyon Saint-Exupéry face aux vols, menaces et insultes de la PAF

Voici un extrait de l’émission de radio L’Envolée du 5 juillet 2019 avec le témoignage de Nizar, prisonnier au CRA de Lyon Saint-Exupéry, déporté le lendemain même de l’émission.
Il y parle de la lutte collective des prisonnier-e-s du CRA, de la grève de la faim et de leur solidarité ; face aux techniques d’intimidation, aux tabassages et vols de la PAF, et à l’abandon de soins du médecin …
Besoin de relayer ces expérience de luttes le plus possible.
A bas les CRA ! Feu aux frontières ! Soutien aux prisonnier-e-es !
Envolée : Du coup toi t’appels du centre de rétention de Lyon ?
Oui, exactement, alors je me présente je m’appelle Nizar. Je suis en centre de rétention de Lyon Saint-Exupéry depuis deux semaines. Et en fait ici pour vous dire très simplement c’est la jungle.
C’est la jungle où les policiers de la PAF sont les fauves et où on est l’appât, où on est euh voilà… On est des animaux en fait !
On a pas de droits ici. Ils sont en train de faire n’importe quoi avec nous. Ils refusent des soins pour des gens, ils enlèvent du matériel médical pour certains. Ils refusent de simple choses.
Et aujourd’hui il y a eu un incident qui est très très grave. En fait parmi nous ya une personne qui est malade d’accord ?
Elle s’appelle euh, elle m’a autorisée à donner son nom, elle s’appelle Mouhamed Ali né le 1.06.1987. C’est une personne qui est venue ici juste après avoir fait une chute de 6 mètres sur un rocher, ou il a eu plusieurs fractures et c’est une personne qui est épileptique donc elle est là avec ses béquilles, détruite et qui fait beaucoup de crises d’épilepsie et en fait on le laisse pas accéder au soin.
Aujourd’hui ce qui s’est passé c’est que il voudrait accéder à son bagage qui est dans la consigne en fait, et c’est tout à fait son droit puisqu’il le fesait à 17h alors qu’on a plus le droit à partir de 18h30. Donc ce monsieur demande à accéder à son bagage et on lui refuse ça !
On lui refuse ça parce que, je ne sais pas pourquoi, parce qu’ils prennent des décisions arbitraires.
– Envolée : Attends excuse-moi. C’est juste pour expliquer ce bagage en fait. En fait, juste pour euh dire quand vous vous êtes en cellule vous avez pas le droit de ramener toutes les affaires c’est ça ?
Exactement. On a pas le droit. Ouais on a comme une bagagerie à l’intérieur du poste de police
– Envolée : Une salle de coffre quoi.
Voilà. Donc on leur donne notre carte. On va là-bas sous la surveillance prendre ce qui est à nous et revenir.
Donc monsieur on lui a refusé d’accéder à son bagage et l’autre, le policier qui lui a refusé ça, ben il lui a mis un coup dans l’épaule, un bon coup dans l’épaule. Sachant qu’il est épileptique et qu’il a ses béquilles sur lui au moment des faits et il lui dit « écoute moi jsuis un boxeur ».
Et là qu’est-ce qu’il se passe ? Et bien il fait une crise d’épilepsie et c’était vraiment très très grave et c’est la troisième de la journée qu’il fait.
Et comment vous dire en fait ils s’en foutent, ils s’en foutent de tout ça, passez moi le terme mais pour eux on existe pas, on est pas là et depuis quelques jours en fait parce qu’on a fait une grève de faim.
On a envoyé la lettre, ce qu’on a fait, tout le monde a signé, a mis son nom et prénom pour indiquer que allo ?
– Envolée : Ouais excuse moi, la lettre dont tu parles c’est la lettre qu’on a lu juste avant ton coup de file ?
Exactement
– Envolée : Et est-ce que tu crois que avant de partir la dessus, est-ce que tu peux expliquer de comment vous avez décidez ensemble de vous mettre en grève de la faim parce qu’en gros là ya nous ya des copains dans d’autres centres de rétention en Île-de-France qui écoutent et c’est important aussi tu vois que les infos elles s’échangent un peu.
Alors en fait ce qu’il s’est passé c’est qu’un monsieur est partit pour voir, enfin pour récupérer quelque chose dans son bagage. Quand il a ouvert son bagage il a trouvé que les meilleures choses, les meilleurs objets qu’il possédait ont disparus !
Et ces bagages là, personne n’a accès à ces bagages sauf les policiers et la personne concernée puisque chaque personne doit présenter sa carte et on prend son bagage ou il y a son nom et prénom devant la surveillance d’un policier et on nous donne ça et on remet ça devant nous.
Si quelque chose manque c’est les policiers qui les ont prisent, je sais que c’est très très grave ce que je viens de dire, et je pèse mes mots et j’en porte la responsabilité. Donc les policiers en fait ils sont en train de nous délester dans la bagagerie des meilleurs objets qu’ont possède, à savoir des montres, de beaux parfum, de belles pièces de… Enfin soit des gourmettes en or, des gourmettes en argent…
– Envolée : Ouais ils volent quoi !
Ils volent exactement ! LES POLICIERS DE LA PAF DE SAINT-EXUPERY VOLENT DANS NOS BAGAGES voilà.
– Envolée : Là on parlait juste avant dans l’émission en fait de la, d’une des prisons les plus sécuritaire de france qui s’appelle Condé-Sur-Sarthe et ou en fait comme dans toutes les prisons les matons il vont aussi pas mal de…
Voilà il se sucrent sur euh exactement ! Voilà ! Ça a commencé comme ça. Le monsieur comme forcément il va pas être content, il a réclamé qu’il revisionne avec eux les caméras, ils ont refusé et donc ça a commencé à se chauffer parce que la même journée ya eu une personne a qui on a volé quatre cartouches de cigarettes, une autre personne un parfum Armani qui coûte 200€ et quelque. Euh… D’autres personnes ont perdues des montres, beaucoup de choses en fait le même jour ! Donc c’était un petit peu la goutte d’eau qui fait débordé le vase.
Toute fois on a pas fait de bordel ! Pardon excusez moi le terme
– Envolée : T’as droit de dire « bordel » t’inquiète !
C’était pas une contestation très très vive.
– Envolée : Ouais vous avez juste demandé vos droits, de voir la vidéo euh de savoir ce qui se passe quoi parce que ça devient chelou quand même.
Et bien quand ils ont vu que tout le monde avait les mêmes revendications parce que presque tout le monde avait perdu des affaires ce qu’ils ont fait c’est que maladroitement ils ont essayé de rattraper le truc. Et ils ont dit « ah bah écoutez ce qu’il s’est passé c’est qu’on a retouvé vos affaires dans un autre bagage ».
– Envolée : Mais non ! Et toutes les affaires de plein de gens différents ?
Enfin non juste les bagage du monsieur de ce jour là. Et ce qui est impossible parce à chaque, comment dire, casier il y a un numéro et ça commerspond au numero du retenu et donc c’est IMPOSSIBLE qu’on lui ai donné deux casiers. Et d’ailleurs lui-même la dernière fois qu’il avait pris son bagage avait toutes ses affaires dans le même bagage. Et les poliiers n’ont pas le droit de remettre ça dans un autre bagage, de remettre ça dans un autre casier. Donc soit ils ont pris son bagage, il l’ont mis dans un autre casier, une partie de son bagage et ils l’ont mis dans un autre casier. Ce qui est interdit !
Soit ils les ont volés ! Et c’est ce qui est le plus probable et d’ailleurs ce qui s’est passé. Ils ont volé ça et à un moment donné ils se sont dit « oh c’est partit trop loin, là ils sont pas bête quand même et donc on va remettre ça ». Et maladroitement ils ont fait ça et nous on avait compris, en fait c’est juste la goutte d’eau qui fait débordé le vase ! On a décidé de faire une grève de faim pour que les policiers soient plus, comment dire, attentifs à ce qu’on veut, à nos droits quoi ! Et donc on a demandé à voir un responsable, ça n’a pas été fait donc on a fait une grève de faim pendant…
– Envolée : Ah ouais, on vous refusé euh… Là vous avez toujours pas vu votre responsable ?
Non, toujours pas vu de responsables.
– Envolée : Le responsable tu veux dire c’est le, le chef, le chef du CRA ?
Le chef du CRA exactement ou au moins un sous-chef du CRA enfin pas un…
– Envolée : Ouais pas les flics lambda qui…
Exactement pas un policier qui exécute seulement les ordres qu’on lui donne donc euh…
– Envolée : Parce que c’est dans vos droits en plus !
Exactement, donc voilà, il ont pas donné euh, ils n’ontt pas accédé à ce droit. Euh donc la grève a durée 4 jours quasiment , le quatrième jour on a quand même mangé, c’était aujourd’hui euh…
Et aujourd’hui ce qu’il s’est passé c’est que .suite à la crise d’épilepsie de … Qu’a fait monsieur Mouhamed Ali et ben on a demandé à ce qu’il soit pris en charge.
D’ailleurs c’est pas sa place en centre de rétention. Une personne comme ça sa place, c’est une prise en charge soit dans un hopital soit…
– Envolée : D’ailleurs c’est la place pour personne mais particulièrement pour lui on est d’accord.
Exactement mais voilà.
– Envolée : Mais toi et tous les autres potos ils ont rien à faire en centre de rétention. Vous devez rester vivre à ou vous avez envie de vivre et c’est tout.
Exactement mais voilà je dirai à plus forte raison pour une personne voilà. Et bien écoutez donc on m’a… Les policiers sont venus en bon nombre, ils ont créés des bagarres entre nous parce que en fait ils sont très au fait et très euh.. il connaissent très très bien les affinités qui peuvent exister entre certaines ethnies, et ils jouent sur ça vous voyez.
Donc ils créént un peu de bagarres, et à ce moment là, moi personnellement j’étais en train de parler au téléphone pendant 1h30 donc j’ai même pas vu la crise devant ma vue, j’ai même pas vu la bagarre.
En sortant ya le policier qui vient et qui me choppe qui me dit « toi tu viens avec moi ». Voilà pour je ne sais pas quoi, faire de moi une leçon ou… Il voulait m’emmener dans le poste certainement pour me tabasser. c’est une chose qui a été déjà faite et il y a d’autres personnes qui ont déjà été tabasser par les policiers qui peuvent témoigner.
Et donc dans ce même jour ya mr Mehdi Galkaoui qui était en train de donner les premiers secours à monsieur Mouhamed Ali qui a fait la crise.
Et à ce moment là ya les policiers qui sont venus et ils lui ont dit de dégager, en fait il pouvait pas dégager parce que le monsieur qui a fait une crise a avalé sa langue vous voyez ce que je veux dire ?
Il était en train d’être asphyxié, et il pouvait pas, c’était un truc d’urgence !
Ce qui s’est passé c’est que le monsieur qui était en train de la sauver, un retenu, et bien on l’a, on lui a fait une euh … Je sais pas comment on dit ça, une clef de bras.
– Envolée : Une clef de bras oui
Exactement, une clef de bras. C’est vraiment, il a serré il a asphyxié, étouffé et ils l’ont tiré euh sur la terre pour l’emmener voilà enfin ils ont tirés comme un animal euh… ils l’ont emmené chez eux. Je sais pas ce qu’ils en ont fait, ils l’ont maltraités sûrement.
– Envolée : Parceque là t’as pas de nouvelles du poto qui a aidé le…
Si si si il est sortit plus tard mais voilà il est dans un état psychologique pas très très bien, il veut pas parler aux autres.
Et en fait moi ils m’ont dit, enfin je sais que c’est quelque chose de grave ce que je dis quand même si il y a des gens qui entendent mais voilà on m’a dit clairement, très très clairement « tu vas le payer cher ». Parce qu’ils pensent que je suis le meneur ou je sais pas quoi de ce mouvement alors que en fait c’est juste que je suis.. Enfin je suis la personne qui parle mieux français. Donc je suis quelqe part leur porte parole des choses qu’ils disent en arabe ou en d’autres langues moi je suis l’interprète et en même temps je suis avec eux dans le mouvement.
Et donc ils me prennent pour le meneur, ou c’est le rôle qu’ils vont me donner ils me l’ont dit texto « on va t’accuser d’incitation à l’émeute » et je vais vous dire mon nom et prénom comme ça se suis quelque part un peu protégé, je m’appelle Nizar Hamriti, je suis né le 25.10.1994 à Casablanca.
Donc ils m’ont « dit toi tu vas le payer cher. Tu es le meneur tu vas le payer cher ».
– Envolée : ouais parce qu’en fait tout ce que tu racontes c’est des trucs quon a entendu là récemment dans les, enfin au CRA de Mesnil-Amelot, ou a CRA de rennes ou en fait les flic parviennent à dresser les gens les uns contre les autres, à organiser des bagarres et après en profiter pour foutre des gens à l’isolement, les tapper, les transférer, désigner des meneurs et compagnie. En fait c’est le fonctionnement normal des CRA que tu décris quoi.
Exactement, en fait ce qu’ils font aussi les policiers c’est que en fait à un moment donné de la journée entre 10h et 14h faut qu’on évacue les cellules et le couloir ou on habite. Qund on les évacue, et bien généralement l’après-midi il y a des bagarres qui se créent, pourquoi ?
Parce que comme je vous ai dit en faite comme ils osnt très au fait des affinités entre éthnies et bien ils prennent des affaires d’une chambre et ils le mettent dans une autre chambre bien dissimulée avec laquelle peut-etre il y a quelque…
– Envolée : Comme ils ont fait avec les affaires au coffre du coup ?
Voilà exactement, enfin sauf que pour le coffre c’était pour eux, ils se le mettaient dans les poches mais quand ils sont dans les couloirs pendant l’évacuation ils planquent ça pour que les autres découvrent ce qui a été volé dans la chambre d’autres ethnies enfin ça peut etre des blacks, des arabes, des tunisien, des marocains, des algériens, des albanais, pour que la bagarre se créé. Vous voyez ce que je veux dire ?
Donc maintenant nous on est au courant de ce qui se passe, de leur manipulation et tout et voilà..
On ne se fait plus avoir et ils nous ont dit clairement « yavait toujours des tensions ici mais c’est la première fois que ça arrive comme ça vous allez voir, on va vous punir ».
– Envolée : Ouais ils sont pas content de ne pas réussir à vous diviser quoi !
Exactement. On connaît bien le dicton « pour régner il faut diviser », ce qu’ils faisaient depuis longtemps euh maintenant ils ont plus ce pouvoir quelque part donc euh… Ca les emmerde au plus haut point et ils commencent à devenir très très agressifs envers nous, très très malpolis.
Moi je fumais une cigarette tout à l’heure en venant au réfectoire, il me dit le policier il me dit « tu approches avec ta cigarette moi je t’écrase ». Alors que dans cet endroit on a le droit de fumer. c’est pas dans le réfectoire c’est dans une allée pour aller au réfectoire qui est à l’air libre et nous on fume.
Il me dit « toi tu t’approche avec ta cigarette, je te l’écrase ».
Ya autre chose qui a été fait et j’ai remarqué c’est que au fait ils ont tous un numéro de matricule, les policiers de la PAF, comme tout autre policier.
Là euh, cette après-midi ils ont enlevés tous les matricules de manière ce qu’on enregistre pas le matricule de chacun pour pas pouvoir se plaindre de telle ou telle personne en particulier quoi.
– Envolée : C’est ce que font les flics quand ils se mettent à tapper les gens.
Ya beaucoup d’autres choses parce que voilà j’ai beaucoup d’idée hein, moi ça fait que deux semaines que je suis ici, mais j’ai été témoin de tellement de choses dégueulasses, inhumaines que voilà j’arrive même pas à canaliser tout ça et vous le dire. Ya des idées qui me viennent au fur et à mesure euh par exemple des provocations psychologiques de la police et de la PAF ils n’hésitent pas à te dire « nique ta mère, trace ta route », pardon pour le mot. Euh ils n’hésitent ps à te dire devant les autres policiers, et moi ça m’est arrivé aujourd’hui, « toi tu verras on va te mettre un raclée », « tu aura ton compte », « tu le payera cher », mais il n’hésitent pas en fait à le faire !
Parce que je pense que du moment qu’on est sans papiers dans ce centre de rétention on a pas le droit ! C’est comme si le droit français ne s’exerçait plus sur nous ! c’est comme si on était pas des sujets à ce.. Enfin voilà à ce droit là ! Comme si ça ne nous concernait plus et c’est la jungle.
C’est comme ça que j’ai commencé ma discussion, c’est vraiment la jungle ! Les policiers contre nous euh voilà
– Envolée : Oui et puis ils vous traitent comme des animaux quoi…
C’est vraiment des animaux et là je parle même pas du lieu en lui même ! En fait là ce qu’ils sont en train de faire sur un coté des cellules, à un mètre des cellules ils sont en train de bâtir enfin, ils sont pas en train de bâtir, ils l’ont déjà bâtit, un mur de fer euh massif…
Vous voyez le mur en béton ben sauf que c’est vraiment en fer.
– Envolée : Genre ya plus de lumière ya plus de soleil ya plus rien ?
Au fait ce qu’il y a c’est qu’il y a plus de lumière naturelle qui rentre. Ya un effet lentille euh convergente qui est fait.
– Envolée : Oh vous devez avoir trop chaud…
Exactement, ça tappe sur le, sur le mur de fer et ça le réfléchit sur une seul zone dans le, dans la chambre, ça fait un effet micro-onde.
Et après la nuit ce qu’il se passe, c’est comme le fer il est chaud avec l’échange thermique, la nuit il fait un peu plus froid, et bien ça chauffe ! Ça chauffe, ça chauffe énormément !
Et ça, ça dur toute la journée, alors à part les cellules et le couloir ou on subit ça, ya la cour. Sauf que la cour, ya aucune cour ombragée ! Ya pas d’ombre dans les cours ! Ça veut dire que grosso-modo dans le centre de rétention de Lyon c’est soit une cour qui n’est pas ombragée dans le contexte de la canicule ou tu es dans un habitat qui fait office de four quoi !
– Envolée : Mais toi t’es arrivé dans le contexte de la canicule pile en plus.
Exactement, et pas que pour moi. Ya des gens qui sont vraiment malades ! A qui on refuse le soin ! On leur refuse le soin ! On est tous en train de se gratter euh, de se gratter la peau monsieur. Vous voyez c’est euh, c’est grave !
Le monsieur qui est cassé, qu’on a cassé la main, un monsieur a été cassé de la main par les policier de la PAF ! c’est très grave tout ça !
– Envolée : Et qu’est-ce qui s’est passé ouais ? Comment ça s’est passé ?
Alors bah attendez il est devant moi. Ah en fait ce qu’il s’est passé c’est que il s’appelle Miled Qualifa, né le 9.9.1999, en fait il était sous médicaments, il était souffrant, il était sous médicament. Il dormait.
Et comme je vous ai dit tout à l’heure à 10h on fait l’évacuation donc il dormait, euh on lui a dit sans ménagement « bon tu te réveil ! », lui il dormait, il était dans un état de somnolence, il les a même pas entendu et bah là directement, deuxième, troisième fois on lui demande et la quatrième fois c’est coup de matraque à la main et il a été cassé emmené à l’hôpital avec platre et puis et puis tout…
– Envolée : Tu euh… C’est une manière de réveiller les gens quoi !
Oui exactement c’est une des manières de réveiller les gens oui !
– Envolée : Mais ils sont fou ! Ouais pardon je fais des blagues qui sont peut-être pas bonnes mais des fois c’est notre manière de, parce qu’on en entend tellement des histoires que on a envie de de casser des murs. C’est pas du tout pour minimiser en tout cas.
Ouais non mais je vous comprends, même nous on essaye de faire un petit peu des blague pour euh détendre un p’tit peu l’atmosphère parce que autrement euh, autrement c’est très très grave, c’est insupportable !
Là en ce moment on est tous en train de se gratter la peau ! Ya des sauterelles qui rentre monsieur dans nos chambres, ya des puces ! Ya des insectes que j’avais jamais vu de toute ma vie.
– Envolée : bah ouvrez un zoo, jsuis désolé je continue sur les blagues.
Ouais c’est a en fait, on se disait entre nous que dans quelque temps yaura des créatures qui vont apparaître. L’évolution des espèces et bien au CRA de Lyon les biologistes vont [passage inaudible].
Euh voilà euh, je sais pas franchement je sais pas.
On a écrit, au fit, la lettre qu’on a envoyée, tout le monde l’a signée ça veut dire que forcément ya un problème si tout un dépôt fait une grève de faim et que tout le monde signe sur un papier ou on atteste de ce qu’on a attesté ça veut dire que c’est très grave et je peux vous dire aussi qu’on l’a envoyé à beaucoup d’institutions et beaucoup de groupe officiel :
On l’a envoyé au ministère de l’intérieur, on l’a envoyé au ministère de la justice, on l’a également envoyé à matignon – parce que c’est de leur ressort aussi quelque part – on l’a également envoyé au bâtonnier de la cour de là ou on voit le juge des liberté et des détention histoire que le juge quand il décide de remettre 30 jours à quelqu’un ben qu’il sache un peu où il l’envoi.
Euh voilà on a envoyé à beaucoup de personnes, à la ligue des droits de l’Homme, à la cour européenne des droits de l’Homme également parce que ben ya pas de respect des droits de l’Homme.
– Envolée : Vous avez fait aussi la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté ? Le défenseur des droits ?
Ouais exactement, on a même pris en photo les lettres recommandées qui contenaient les documents voilà comme quoi ça prouve qu’on a bien fait les lettres et …
– Envolée : Et après juste pour reprendre là dessus, nous quand même enfin ce qu’on disait c’est que ce que vous vivez c’est ce que vivent les gens dans tous les CRA de France et que du coup cette lettre elle devrit partir de tous les CRA enfin dans le sens. En fait c’est pas la rénovation du CRA de Lyon qu’il faut, on est d’accord, enfin c’est bien la fermeture de tous les CRA. Ya pas de bonne manière d’enfermer les gens.
Exactement, mais pour arriver à un résultat global à un moment donné faut partir du spécifique euh…
– Envolée : non c’est sur, c’est sur…
Et comment dire aussi, ce qu’ils ont fait parce que ça c’est très très important.
En fait ce qu’on a fait nous c’est qu’on a fait grève de faim, on a également pris toutes nos cartes parce qu’il y a deux cotés, coté bleu et coté jaune, on a donné de son propre plein gré ces cartes et on les a remis au policiers histoires de dire que voilà, on est pas des noms et des prénoms et des dossiers que vous traitez pour envoyer rapidement au pays d’origine pour exécuter les mesures d’éloignement ON EST D’ABORD DES ÊTRES HUMAINS ! Qui même en attendant cette mesure d’éloignement, devraient être soit libres – c’est ce que l’on veut dans l’idéal – soit au moins traité comme des être humains. Euh comment vous dire…
– Envolée : C’est cool hein franchement refuser les cartes…
On a refusé les cartes et ce qu’il s’est passé c’est que on a voulu récupérer les carte après parce que avec les cartes on récupère certaines choses dans nos bagages et pour les visites. Mais ce qu’ils ont fait c’est que en fait en demandant les cartes ils nous ont dit « vous mangez, on vous donne les cartes ; vous mangez pas, on vous donne pas les cartes ».
– Envolée : Ils ont voulu vous interdire de visite ?
Ouais en fait, ils ont fait un chantage. Ils ont fait un chantage. Si vous mangez on vous donne les cartes, et donc vous aurez, vous pourrez avoir des visites, si vous mangez pas, vous aurez pas de visites ! Et vous n’aurez pas accès à votre bagage, et même ce qui est très très grave, on vous donne pas de linge, de nouveau linge en fait, linge propre.
Et quand j’ai parlé aux policiers un petit peu le chef qui sort un petit peu dans la cour, et ben il m’a dit «  c’est les consignes du directeur du CRA ».
– Envolée : Qui refuse de vous voir ?
Voilà cette même personne qui refuse de nous voir donne des consignes comme quoi pour donner les cartes qui nous confèrent d’autres droits et ben faut faire.
– Envolée : Faut arrêté de protester euh…
Exactement, donc moi qu’est-ce que je dis à la dame ? Je lui dit madame, ma carte qui me confère d’autres droit, je dois décider de ne pas jouir d’un droit. C’est à dire le fait de manger ou pas.
Et c’est exactement ça, je lui dit « est-ce que c’est logique ? », elle me dit « Nan, c’est les directives, c’est le directeur du centre de rétention de Lyon qui fait ça ».
Autre chose, la lettre que vous avez vu hein que vous avez lu, ils me l’ont volé. Donc moi je ne sais pas depuis quand la France confisque enfin le système euh administratif ou pénitencier confisque un papier quoi
– Envolée : Depuis assez longtemps je crois.. Ouais c’est pas un truc qui arrive cette année quoi, enfin malheureusement comme dans les prisons, dans les centres de rétention, la volonté de l’état c’est qu’il n’y ai rien qui sorte. Que les seuls trucs qui sorte c’est des communiqués mais après les communiqués bon [passage inaudible]. Du coup c’et hyper fort ce que ous avez fait et c’est hyper cool là que tu ai pris le temps de témoigner comme ça à la radio.
Nous l’émission elle va bientôt touchée à sa fin, on voulait savoir si yavait quelque chose que tu souhaitais rajouter ?
Euh oui bah ya en fait euh jsais pas, ya monsieur Taibi Omar, et surtout monsieur Mouhamed Ali, monsieur Mouhamed Ali surtout, surtout qui a besoin de soin. Et il peut pas rester dans cet état là parce qu’il fait trois, quatre crises par jour et c’est franchement euh, c’est invivable. C’est plus possible, on est des poules, on est pas des êtres humains et cette personne là je redis son nom, Mouhamed Ali il est dans un grave état de santé qui nécessite d’être hospitalisé !
– Envolée : Et on rappel que quand l’état enferme en fait il est responsable de la santé des gens qu’il enferme et que déjà il n’avait qu’à pas enfermer les gens quoi ! Et qu’à un moment faut arrêter de se foutre de la gueule du monde. Et du coup c’est hyper grave et c’est hyper important d’avoir dit son nom à l’antenne. On rappel qu’en ce moment il est en vie et que c’est de la faute de l’état que son état de santé se dégrade.
Je voulais juste préciser que cette personne là, quand même, tenez vous bien, il a été dé-choqué trois fois, il était mort trois fois, avant d’arriver dans le centre de rétention suite à sa chute qu’il a fait son cœur s’est arrêté de battre pendant trois fois et il y a des papiers qui prouvent ça. On l’a amené en déchoquage trois fois, enfin, c’est à dire que son cœur s’est arrêté trois fois à cette personnes avant qu’on l’amène en centre de rétention.
Et il commence à manifester des symptômes qui sont quand même grave. Très très grave ! Surtout avec les antécédents qui a. Et ils font toujours rien, ya même le médecin du CRA qui l’interdit de donner ce certificat là pour pouvoir le présenter dans le tribunal alors que il a d’autres papiers, avant durant sa liberté qui prouvent qu’il est épileptique. Et le comble, le comble dans tout ça c’est qu’il lui donne le traitement d’épilepsie mais il veut pas lui donner l’attestation prouvant qu’il est épileptique.
– Envolée : Comme quoi ils se foutent bien ouvertement de la gueule des gens, ils jouent avec la vie des gens. Du coup c’est très important de relayer, ya le site de l’envolee.net ou on va relayer votre lettre et continuer de relayer les informations.
Et aussi pour préciser que à cette date c’est vraiment la taule qui est en train de faire le truc et que toi par exemple tu as donné ton nom tout à l’heure, euh vu toute les menaces qu’il ont fait on rappel que tu es en parfaite intégrité morale et physique et que voilà ils on pas intérêt à te toucher en tout cas on sait exactement
Exactement parce que tout à l’heure je voudrais juste le redire, tout à l’heure ils voulaient m’emmener, ils allaient me tabasser hein. D’ailleurs tout le monde a protester, ils ont criés et tout parce qu’ils savaient vraiment ce qu’il allait se passer. Ils savaient ce qu’il allait se passer, il y a surtout une personne qui m’a soutenue c’est Taibi Omar, il a crié, protesté, « vous l’emmenez pas, vous l’emmenez pas ! ». Et on l’a tappé lui aussi.
– Envolée :Bon en tout cas toutes ces personnes sont en parfaite intégrité morale et physique et si ya des trucs qui se passent on saura que ça viendra de la part des keufs. »
Lien vers l’émission de radio : http://lenvolee.net/emission-du-5-juillet-2019/

LA GREVE DE LA FAIM CONTINUE AU CRA : TEMOIGNAGE DE LA LUTTE AU SEIN DU CRA

Les détenus du CRA de Lyon Saint-Exupéry sont toujours en grève de la faim depuis le 2 juillet afin de dénoncer leurs enfermement.

Omar raconte le début de la grève jusqu’à aujourd’hui. Ils sont déter’ et motivés face aux multiples techniques de démobilisation et aux menaces de la PAF.

Les détenu-e-s souhaitent que leur lutte et leurs dénonciations se diffusent un maximum. Un témoignage à diffuser largement !

Force et soutien à tou-te-s ! A bas les CRA ! A bas les frontières !

 » Du coup en ce moment là au CRA depuis euh mardi soir, là on est jeudi, ya une grève de la faim. Est-ce que t’as envie de raconter comment a commencé la grève de la faim ? Et contre quoi vous êtes en train de lutter ?

On a commencé la grève de la faim parce qu’ils ont volé à quequ’un ses vêtements, ses propres vêtements dans le coffre. Chez les policiers il a pas trouvé ses vêtements. Il a réclamé, il a réclamé, il a parlé avec tous les policiers qui étaient là-bas mais rien !

Il était énervé, il est rentré dans le couloir il a allumé une couverture.

Le nom de la personne je le dit pas pour lui protéger à lui.

Mais, nous on commence à chaque fois on se fait voler notre argent, nos affaires, nos trucs personnels et vous vous dites « on ne sait pas ».

Mais ya des caméras, il y a tout ce qu’il faut là bas !

En fait ils nous donnent pas les bonnes réponses. Ils essayent à chaque fois d’esquiver notre question en fait.

Et nous on a commencé la grève de faim. Personne qui mange jusqu’à ce qu’on récupère nos sacs, nos affaires.

Si on se fait pas voler nos affaires, si on enlève les trucs de métal là qu’ils nous ont mis derrière les fenêtres, qu’ils arrêtent de prendre les gens chez eux dans les bureaux et frapper .

Même tu peux pas frapper quelqu’un parce qu’il a insulté !

Si c’est physiquement ça c’est une autre chose, mais s’il te dit juste une insulte on a pas le droit de ça.
Alors chaque fois s’il y a quelqu’un qui rentre là-bas et les insultent et même quelqu’un il a des problèmes ils le tappent, ils l’emènent dans le mitard.

[passage inaudible]

Pour la bouffe qu’ils nous donne ici, toute il reste un jour, c’est du périmé comme on dit. Il reste un jour ou deux jours il faut que leur jette, ils nous le donne ici.

Et ils nous controlent partout.

Si vous rentrez ici vous voyez les cages qu’ils nous ont misent un peu partout ça c’est pas normal quoi on dirait que on est à Guantanamo quoi !

Alors que nous on est juste des personnes quon a pas des papiers, on est pas des criminels !

Tu parles de quoi en cages et en fenêtres tout à l’heure ? C’est quoi que tu veux dire ?

Une cage ! On est dans une cage ici ! Tout est fermé dehors, et dehors et de tout les cotés !

Ils ont mis un mur ! Une sorte de mur comme ça de métal vert, que on peu pas voir dehors, ont peu rien !

Et toute la journée le soleil il tape dedans et la chaleur elle rentre dans les chambres.

Là on est le 4, il fait très chaud! Ça veut dire si dehors il fait 40°, dans les chambres c’est 60°.

C’est ça en fait [passage inaudible] il vient ici quelqu’un dans ma chambre il a la maladie de l’épilepsie ! Il a la maladie de l’épilepsie. Il est tombé deux fois ici, c’est nous qui l’ont soigné et tout ça !

Ils veulent même pas lui donner des médicaments qu’il prenne dehors. Ils veulent même pas lui donner !! Même pas un certificat médical que lui il a la maladie de l’épilepsie !

Vous voyez ce que je veux dire ?

Alors tout tout.. Tout ce qu’ils amorcent ici ça marche à l’envers en fait !

Ils veulent nous faire chier comme comme ça on ramène nos passeports, on ramène tout ce qu’il faut pour partir d’ci le plus vite possible.

Ils nous font une sorte de presse, ils nous presse ! Pour qu’on parte d’ici, pour que… on ramène nos passeports qu’ils nous envoient dans nos pays .

Ca c’est pas normal !

Vous voyez ce que je veux dire ?

C’est ça en fait ! C’est ça ! C’est ça.

Est-ce que tu veux rajouter quelque chose par rapport à la grève de la faim et comment ça se passe depuis que vous avez commencé en fait ?

Depuis que la grève de faim a commencée ils sont venus, ils ont commencés à essayer de parler avec nous mais on a pas parlé avec eux.

Tout s’est passé en cage non ?

Et aujourd’hui ils nous ont dit, parce qu’on a donné tous nos cartes, si ya le problème, quelqu’un il a ses vêtements, il a son argent chez eux, il faut aller là-bas pour retirer avec la carte. Non ?

Alors nous on a dit donnez nous, donnez nous nos cartes comme ça on prend nos affaires et on vous les rend.

Ils nous disent « Non ! Il faut manger d’abord et boire de l’eau et après on va vous rendre vos cartes ».

Vous voyez ce que je veux dire ?

Ça c’est pas normal, ça c’est, ça c’est des [passage inaudible].

Alors si on refuse de manger, eux ils refusent de nous donner nos affaires. Nos propres affaires ! Notre propre argent !

Parce que sans la carte ça marche rien du tout, on peut même pas acheter du tabac. Rien ! Ils nous coupent tout comme ça, ils veulent nous couper tout !

Tout ce qu’il faut, tout ce qui vient de dehors comme ça on est obligé de manger ici chez eux alors comme ça « eux ils disent, ok, vous avez fini votre grève de la faim ». Ils veulent casser la grève de la faim !

Parce qu’ils savent bien que les policiers et la justice c’est foutu c’est pas nous !

Est-ce que t’as envie de parler de pourquoi vous avez décidé de donner tous vos cartes et c’est quoi les cartes ?

On a donné nous nos cartes parce que quand on rentre pour manger euh faut quon montre nos cartes. Alors si tout le monde il mange pas on a dit voilà nos cartes, nous on mange pas !

C’est pour ça, c’est ça la raison.

Pour leur dire que nous on veut pas manger, on fait la grève de la faim.

Et tout le monde a donner ça carte ?

Ouais tout le monde a donné sa carte. Mais eux premièrement ils nous on dit « ouais ok vous pouvez sortir ». Même les visites on peut pas sortir sans la carte.

Alors premièrement ils nous ont dit « oui on va vous donner vos affaires et tout ça » et après il ont vu le premier jour, le deuxième jour et maintenant le troisième jour qu’on fit vraiment grève de la faim. Alors ils essayent de nous couper de tout le monde. De tout ce qu’on peut rentrer de dehors.

Tout ce que eux… De tout ! Vous voyez ?

Estce que tu veux rajouter quelque chose ?

Ouais je veux rajouter un truc. Si il y a le moyen, s’il y a des journalistes qui viennent ici avec leur caméra et ils regardent eux même . Et après c’est eux qui disent est-ce que ça c’est humaine ou non ? La justice pourquoi ils nous prenne ici jusqu’à trois mois parce que pas de papiers ! Moi je fais une peine de trois mois pour des papiers !

Alors s’il vous plait règlez ça on est pas des animaux on est comme des êtres humains comme vous !

Juste qu’on est partit parce que on est pauvres !

On a même même pas le moyen de manger, c’est pour ça on essaye juste de vivre comme tout le monde. On est pas tous des criminels ou jsais pas quoi. C’est a mon message.

LA GREVE DE LA FAIM SE POURSUIT AU CRA DE LYON SAINT-EXUPERY

[ Nous relayons ici un article paru intialement sur Rebellyon.info, a diffuser autant que possible ]

 » Depuis mardi 2 juillet les détenu·e·s du centre de rétention administratif (CRA) de Lyon Saint-Exupéry ont entamé·e·s une grève de la faim afin de dénoncer leur enfermement. Voici un communiqué signé par les détenu·e·s du CRA au sein des deux unités, bloc jaune et bloc bleu qu’ils souhaitent relayer le plus possible ; ainsi qu’une lettre remise aux keufs de la police aux frontières (PAF) du CRA.

 » Au nom de tous les retenus
Centre de rétention administratif
Lyon Saint-Exupery

Fait à Lyon le 02/07/2019

Objet : Description et explication sur les conditions de rétention adminsitratif au CRA Saint-exupéry

Madame, Monsieur,

Au nom de tous les retenus au CRA de lyon Saint-exupéry, je vous écris pour vous alerter de la situation actuelle dans le centre. On est sujet à des décisions et ordres arbitraires et inhumains de la part des policiers de la PAF, à savoir des violences physiques, des placements en isolement, l’interdiction de ramener une partie de la nourriture dans nos chambres (le diner est servi à 19h et le petit déjeuner à 8h30 => 13h30 entre les 2 repas).

On subit également des violences psychologiques à savoir des insultes répétitives, l’extinction des lumières dans les couloires pendant la nuit pour nous « punir ».. On a églement été témoin de refus de soin pour certains retenus, de la saisie de leur matériel médical (béquilles).

Nous demandons et réclamons le changement de cette situation et la visite de responsables afin de constater nos dires… Nous avons commencé une grève de la faim générale le 02/07/2019 à 18h30

Ceci est un appel au secours. Veuillez trouver au dos de la page le nom et les signatures de tout les retenus « 

Soutien aux prisonnièr-e-s ! Force à celleux qui luttent ! A bas les CRA ! Feu aux frontières !  »

https://rebellyon.info/COMMUNIQUE-DES-DETENU-E-S-DU-CRA-DE-LYON-20883

– GREVE DE LA FAIM AU CRA DE SAINT-EXUPERY –

[Ce soir, mardi 2 juillet, les détenu-e-s du bloc jaune et bleu du CRA de Lyon Saint-Exupéry ont décidé-e-s de ne pas participer au repas du soir. Voici la retranscription d’un témoignage suite au choix de cette action collective ]

Tous ceux du bloc bleu et jaune nous nous sommes mobilisés.

Les raisons sont : le mauvais traitement de la police, nous sommes nombreux à nous être fait tabasser aujourd’hui.

Nous ne supportons plus les conditions obscures adminsitratives qui ne nous sont pas bien expliquées: visite aux consulats ou on nous dit ensuite « obstruction à la procédure » alors qu’on a coopéré lors des rendez-vous.

Certains sont gardés enfermés alors qu’il ont des passeports.

Et la nourriture est inmangeable et pas adaptée à la canicule c’est trop chaud et on a pas d’eau fraiche.

Ils nous traitent comme des animaux ici.