VINCENNES : GREVE DE LA FAIM, REPRESSION ET CRA EN FEU !!

Autour de Paris, les prisonier-es du CRA de Vincennes sont en lutte depuis plusieurs jours. Ils subissent la répression que les keuf-es font peser sur elleux au quotidien. Hier soir deux unités du CRA de Vincennes étaient en feu. Force et soutien à elleux ! A bas les CRA !

 

Article du site : https://abaslescra.noblogs.org/greve-de-la-faim-et-repression-au-cra-de-vincennes/

 » Depuis samedi dernier, les prisonniers du batiment 2A du CRA de Vincennes sont en lutte : pendant 3 jours, ils ont réfusé de manger à la cantine, ils sont restés soudés et solidaires, mais ont dû faire face à la répression violente de la part des keufs.

Les flics ont tout fait pour faire craquer les gens et casser la lutte : samedi soir, au début de la grève de la faim, les prisonniers sont renfermés dans le batiment et ils sont fouillés dans toutes les chambres ; dimanche, un prisonnier est tabassé par les keufs, qui refusent aussi l’accès à l’infermerie pour les prisonniers malades ; lundi, les prisonniers se font réveiller par des douches incendie, d’autres tabassages ont lieu, les keufs avec les chiens ; mardi, l’eau du batiment est coupée, pas de douches ni rien.

Un prisonnier du batiment 2A raconte des conditions de vie à l’intérieur, et de ces derniers jours de luttes et de répression (à partir de la minute 35) :

Et voici, le témoignage écrit d’un prisonnier :

On veut juste des conditions de vie normale parce que nous on vit ici c’est trois mois c’est une vraie peine de prison. Une peine mais nous on veut juste sortir, on a des enfants ici. Le CRA c’est invivable surtout à cause de la violence des policiers et aussi parce qu’il essaient de nous faire craquer. Les gens qui sortent d’ici certains deviennent fous.

Ils nous rendent fous. À l’intérieur on les voit devenir fous petit à petit. Il y a quelqu’un la dernière fois ils lui l’ont appelés pour une prise de sang, et quand il est revenu il s’est écroulé en tremblant et tout, on comprend pas si ils essaient de nous tuer parfois.

Il y a un mec qui a le bras cassé à cause de flics qui lui sont tombés dessus. On essaie de l’aider comme on peut mais le soir il crie, il peut pas dormir.

On savait pas que c’était comme ça a France, tant de racisme. Il y a même un policier qui a craqué quand il a réalisé ce qu’il se passait dans le centre. Les policiers c’est tous des stagiaires donc ils font de la merde. Ils essaient de nous faire craquer avec des fouilles tous les jours, des tabassages de gens avec les jambes et les mains scotchées…

Nous on craque ici on a envie de sortir d’ici le plus vite possible.

Samedi soir on a commencé une grève de la faim on était 28 je pense. Les policiers sont venus pour nous foutre la pression on leur a dit que la nourriture c’est immangeable. L’entreprise qui fait la nourriture c’est GEPSA ils donnent pas de sel, pas d’eau, les plats sont immangeables, c’est GEPSA on peut lire sur leurs gilets. On leur a dit aussi il y a pas de porte dans les toilettes et des toilettes sales avec des gens malades partout.

L’infirmerie fait pas sont travail. Ici beaucoup on la gale. Dès que tu viens qui tu dis que t’es malade ils donnent juste des gros calmant, c’est une pharmacie pas une infirmerie. Les infirmières sont super méchantes. Pharmacie : Valium, Rivotril, Subutex, Tramadol… les gens qui prennent ça ont les voit devenir dingues.

Cette nuit là vers 4h ils nous ont arrosés avec les douches incendies. Ils ont arrosé tous le monde, toutes les chambres. Les vêtements, les matelas, les couvertures tout était mouillé. On tremblait on pouvait pas dormir dans ce froid. Au haut-parleur ils ont dit : « si vous mangez pas demain à midi ca va continuer » Ils voulaient nous faire craquer.

Heureusement que certains ont des chambres tellement sales qu’ils dorment dans les couloirs ou dans la salle commune. Eux ils avaient les couvertures sèches. Alors on s’est mis tous dans la même salle pour se réchauffer avec les couvertures sèches et essayer de dormir.

C’était horrible, le lendemain on était plus que 18 en grève de la faim. Ils nous ont notés et après ils sont venus nous taper, juste pour en découdre ?

Le lendemain donc hier, ils ont coupé l’eau. Ça a commencé hier soir certains étaient réveillés, mais nous on s’en est rendu compte que ce matin : d’un coup plus d’eau dans les douches, robinets, toilettes. Tout le monde est paniqué ou énervé. Même la machine pour boire elle est coupée. Quand on demande pourquoi, ils disent : « arrêtez de nous casser les couilles ».

On en a marre on en peut plus des fois on pense au suicide. Même aux USA les prison c’est pas comme ça.

Les CRA existent pour isoler les prisonniers-ères, pour leur faire croire qu’iels sont seul.e.s face aux flics, aux juges, aux avocats, aux associations. La solidarité depuis l’extérieur est une arme, ça permet aux prisonniers-ères de tenir le coup. Soyons solidaires avec les prisonniers du batiment 2A de Vincennes, et tou.te.s les autres. Par exemple, en appellant les cabines du CRA pour montrer notre soutien à la lutte, en faisant des parloirs et des parloirs sauvages… voici toutes les infos.
Numéros des cabines de Vincennes 2A :
01 48 93 69 47
01 48 93 69 62
01 48 93 90 42

PS Dimanche dernier, avant un parloir, des personnes de l’Assemblée contre les CRA ont assisté à une tentative d’évasion à Vincennes. Elles racontent ce qui s’est passé :
Vers 16h30, alors qu’on attend depuis pret de deux heures, une alarme retentit. Des flics se mettent à courrir, nous aussi. Un homme saute par dessus un portail qui l’améne à l’extétieur du CRA (côté batiment 1), traverse la route malheureusement face à lui un parking grillagé. Là une quinzaine de flics arrivant de toute part le rattrape sous nos cris et nos yeux impuissant alors qu’il est suspendu au grillage. Ils le transporteront allongé jusqu’à la voiture qui l’emmenera en garde à vu. Il ne se débatait même plus comme si il avait mis tout le reste de son énergie dans cette tentative d’évasion.

LIBERTE POUR TOU.TE.S
SOLIDARITÉ AVEC LES PRISONNIERS-ÈRES EN LUTTE
A BAS LES CRA ! »

 

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Article du site : https://abaslescra.noblogs.org/le-cra-de-vincennes-brule/

Vincennes brûle !

 » Après plusieurs jours de luttes et de répression violente, ce soir 4 février des prisonniers ont appelé pour raconter que des incendies sont en cours dans deux batiments du CRA de Vincennes. Les batiments ont été endommagés.

Tous les prisonniers sont dans la cours, encerclés par les keufs qui les empechent de bouger, en les laissant sous la pluie. Des prisonniers parlent d’une personne blessée mais les informations restent confuses.

Ne laissons pas les prisonniers isolés, soyons solidaires, soutenons les révoltes !

A bas les CRA !

 

Pour faire des parloirs avec les prisonniers, infos ici

Pour appeler les cabines :
Vincennes 1 : 01 45 18 59 70 – 01 45 18 12 40 – 01 45 18 02 50
Vincennes 2 : 01 48 93 69 47 – 01 48 93 69 62 – 01 48 93 90 42
Vincennes 3 : 01 48 93 99 80 – 01 43 76 50 87 – 01 48 93 91 12″

COMMUNIQUE DES PRISONNIER-E-S DU CRA DE OISSEL EN GREVE DE LA FAIM

Liberté pour tou.tes les prisonnier.es !

Force aux prisonnier-e-s en grève, en lutte à Oissel et partout ailleurs ! A bas les CRA, feu aux prisons, et fin à l’enfermement. 

Lien vers l’article et les affiches du communiqué à diffuser largement :

https://abaslescra.noblogs.org/communique-des-prisonniers-de-oissel-en-lutte/

 

« La prison pour étrangèr.e.s de Oissel (près de Rouen) est connue pour ses keufs violents et raciste, sa direction qui réprime tous les mouvements de lutte. Dans cette taule le mitard est régulièrement utilisé pour tabasser des prisonniers.

Cette prison a été en partie brulé à la fin du mois d’avril par des prisonniers après une grève de la faim violemment reprimée.

Samedi dernier des keufs tapent un prisonnier et l’amène au mitard ( il en est ressortit le mercredi 22 janvier) parce qu’il avait voulu se montrer solidaire d’un autre prisonnier.  Le soir des policiers cagoulés avec des chiens rentrent dans le centre pour foutre la pression aux prisonniers. Depuis les violences, coups de pressions, insultes racistes ne se sont pas arrêtés.

Ce mercredi 22 janvier au soir, les 42 prisonniers de la section homme du cra de Oissel se sont mis en grève de la faim. On relaye leurs communiqués:

Au centre de rétention de Oissel (près de Rouen) la police est violente et nous humilie tous les jours. Toujours ils provoquent, ils disent “Baisse les yeux !”. La nourriture est froide et n’est pas halal, alorsqu’il y a une majorité de prisonniers qui sont musulmans.
Même la prison c’est mieux qu’ici. Y en a ils ont 10 ou 20 ans ici et onles mets en centre de rétention.
Depuis samedi c’est encore pire. La police à encore voulu mettre unprisonnier à l’isolement. Son ami s’y est opposéet ils l’ont amené violemment aussi à l’isolement. Le soir y avait la police avec des chiens et des cagoules dans le centre pour nous faire peur.
Le prisonnier qui était à l’isolement il vient d’en sortir. Ils l’ont
tabassé, il peut pls parler, il a des bleus partout. Les yeux et les
oreilles sont gonflées.
Hier ils ont cassés le pied d’un autre prisonnier.
Tout ça va pas du tout. Tout le monde se plaint. Nous sommes plus de 42 prisonniers enfermés ici. Donc là on fait la grève commune. Ce soir personne ne mange.
On va essayer d’occuper le couloir parce que ce qui c’est passé depuissamedi dernier c’est encore pire que d’habitude.
Ici y a pas d’hygiène. Les chambres sont pas nettoyés tous les jours.

On revendique
-La fin des violences policières, de la xénophobie des policiers et de leurs racisme
-Un minimum d’hygiène et de dignité
-De la nourriture correcte
-Des soins corrects

Les prisonniers en grève de la faim de Oissel, le 22 janvier

NOUVELLE BROCHURE SUR LA LUTTE CONTRE LES CENTRES DE RÉTENTION (mars à novembre 2019)

Brochure à diffuser !!
« En février 2019, dans la foulée de grèves de la faim et de révoltes dans des prisons pour sans-papier (CRA) en Ile-de-France et ailleurs, une première brochure sur trois mois de luttes (décembre-février) était sortie pour continuer à les relayer plus largement.
Depuis les mouvements collectifs ont continué : grève de la faim, incendies de cellules ou de bâtiments, communiqués, manifestations à l’intérieur des centres, montée sur les toits, des prisonnier·e·s qui se mettent en lien entre différentes prisons.
Cette brochure est faite dans la même optique que la première : non pas pour faire le récit d’une histoire qui n’est pas encore terminée, mais pour faire circuler la parole de celleux qui luttent à l’intérieur et relayer leurs revendications, pour renforcer la solidarité à l’extérieur, pour inventer d’autres moyens qui puissent entraver la machine à expulser.
Les personnes qui n’ont pas les bons papiers sont toujours raflées, emprisonnées et déportées, et la violence quotidienne des keufs et des tribunaux ne s’arrête pas. Les révoltes dans les CRA non plus ! Et à l’extérieur des gens continuent à s’organiser contre ces prisons et pour soutenir les prisonnièr·es, à Paris comme ailleurs. »
 
Liberté pour tou-te-s ! Feu aux frontières et à leurs prisons, à toutes les prisons !! Soutien et force aux prisonnier-e-s

CRA de Lyon : vidéo de la répression policière que subissent les détenu.es

[Article initialement publié sur Rebellyon.info]

Vendredi 16 août, les prisonnier.es du centre de rétention (CRA) de Lyon, au pied de l’aéroport Saint-Exupéry, ont entamé une grève de la faim. La veille, les flics les ont matraqués au sein du CRA. Une vidéo est sortie pour témoigner de ce qui se passe à l’intérieur.

Jeudi 15 août au soir, les keufs ont éteint les lumières des cellules à 22h. Iels ont matraqué les personnes à l’intérieur, ont blessé des personnes…
Une vidéo est sortie du CRA. Ces images sont rares et répondent à la volonté des personnes enfermées de montrer ce qui se passe à l’intérieur.

[Vidéo disponible ici]

Vendredi, la galère continuait avec gazage massif à la lacrymo et le parcage des personnes dans la cour, puis de certains dans une cage dans la cour.

Grosse force à elleux dans la lutte qu’iels mènent et face à la répression qu’iels subissent
Feu aux frontières, aux prisons, aux CRA qui compile les deux et à ce système d’enfermement raciste !

AUJOURD’HUI GREVE DE LA FAIM AU CRA DE LYON SAINT-EXUPERY !

Les prisonnier-e-s du Centre de rétention – CRA de Lyon ont entamé-e-s une grève de la faim ce midi du coté bleu et du coté jaune !

Hier soir les keufs ont éteind les lumières des chambres à 22h. Ils ont matraqués les personnes à l’intérieur.
Aujourd’hui la galère continue avec gazage massif à la lacrimo et le parcage des personnes dans la cour, puis de certains dans une cage dans la cour.

Grosse force à elleux dans la lutte qu’iels entament et la répression qu’iels subissent
Feu aux frontières, aux prisons, aux CRA qui compile les deux et à ce syteme d’enfermement raciste !

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TODAY HUNGER STRIKE IN THE RETENTION CENTER OF LYON SAINT-EXUPERY

The retention center’s prisonners next to Lyon near the airport begun at midday an hunger stike in the blue and yellow side!

Yesterday evening, cops put off the light in the bedroom. They clubbed person inside.
Today the pain continu with massif tear gas and the enclossing in the courtyard.

Lot of strenght to them in the fight they began and the suppression they are enduring
Fire to the borders, to jails, to the retention center which is the both of them and to this racist system of imprisonnement !

TODAVIA HUELGA DE HAMBRE AL CENTRO DE RETENCION DE LYON SAINT-EXUPERY

Los prisionerxs del centro de retencion de Lyon empezaron une huelga de hambre al mediodia del lado azul y amarillo.

Ayer por la tarde, la policia apagaron las luces de los cuartos.
Ellxs apporearon las personas.
Todavia, el infierno continua con los gas lacrymogenos y el encarcelamiento de personas en el patio, depues en une jaula para unos de ellos.

Mucha fuerza para ellxs en la lucha que estan comienzandos y la represion que estan aguantando
Fuego a las frontieras, a las carceles, y a los centros de retencion que representan estas dos cosas y a todo esta systema de reclusion racista !

Répression et coup de pression à la prison pour étrangers de Palaiseau (91)

[ On relaye ici la parole d’une personne enfermée au CRA de Palaiseau.

Force et soutien à tou-te-s les prisonnier-e-s face aux keufs et à la répression ]

 

 » La situation est tendue au centre de Palaiseau, une équipe particulièrement s’en prend aux prisonniers. Un prisonnier raconte quelques moments un peu chauds de ces derniers jours.

On relaye ici la parole d’un prisonnier du centre de Palaiseau.

« À peine tu descends les escaliers pour aller a l’infirmerie, t’y es déjà. Ici on est 36 mais la cour elle est plus petite qu’en quartier d’isolement sécuritaire en prison.
À Palaiseau, y a une des deux équipes de keufs… ils triquent vraiment les gens. Dans chaque équipe y a un gradé, et celui-là il aime trop aller vers les gens et crier « TA GUEULE ! ». Il est grand, genre 1m80, 100kg. Il emmène les gens à l’isolement parce qu’il n’y a pas de caméras et là-bas ils se font défoncer.

Ce matin déjà c’était tendu. Y a un gars qui est parti les voir, il était 12h17. Déjà le matin même ils n’ont pas voulu lui donner le ptit déj. À midi ils ont fermé la cantine avant l’heure, alors il n’a pas mangé. Normal, il pète un cable au bout d’un moment.
Il a pissé dans un gobelet et il l’a jeté sur la porte de la police. Il a craché dessus. Ils sont sortis avec gazeuse et tout. Ils l’ont ramené en bas, ils l’ont triqué bien comme il faut. Après, ils ont voulu prendre sa veste pour nettoyer la pisse. Normal, il n’a pas voulu. Après, les flics tournaient dans le centre pour prendre ses affaires et nettoyer la pisse avec. Ils n’ont pas trouvé. Lui il a déjà eu deux vols donc vu comment ils se comportent avec lui, c’est sûr ils vont le soulever et ça va être vénèr.

Y a un aussi un ptit keuf tatoué qui trique tout le monde. Lui, à tous les repas il trique les gens. Les gens, ils veulent même pas manger après. Il est un peu costaud, comment il fait le fou…
Il met les nerfs… La dernière fois, y a un gars il avait même pas mangé, le policier commence à l’embrouiller dès qu’il arrive, genre il a déjà mangé. Le gars lui dit de vérifier sur sa liste. Le keuf vérifie et le gars avait raison. Mais au final il est parti sans manger. Même son collègue lui a dit « ah ouais toi t’es direct ».

Tous les jours ils rentrent et ils fouillent les chambres. 3 ou 4 fois par jours des fois. Y a une équipe qui tourne toute la nuit. Toutes les 20 minutes, elle ouvre. Quand je dis tous les jours c’est vraiment tous les jours. Pas un jour sur deux. Alors qu’ils n’ont pas le droit de faire une fouille systématique. Même en centrale sécuritaire c’est pas ça.
L’équipe de nuit dont j’te parle, eux ils dorment pas. Ils claquent les portes, ils allument la lumière des fois. Sur le poignet d’un des keufs il y a écrit « GO » tatoué sur le poignet. C’est un asiat costaud bien grand. Lui ça se voit il veut que la bagarre.

Y a une keuf, toute la nuit elle braque les lampes sur les fenêtres. C’est ça son délire. La, ça fait deux nuits qu’elle fait ça. La nuit, elle ne nous laisse pas nous mettre à la fenêtre, elle nous insulte. L’autre fois, on l’appelle pour changer les chaînes, elle nous dit « ah mais c’est avec nos impôts », plein de petits trucs comme ça.

Y a un gars, quand il était à l’aéroport, ils lui ont mis des patates, il était menotté, ils l’ont jeté par terre. Ils lui ont dit « la prochaine fois, t’inquiète, on t’attend ». Obligé, lui, il va prendre cher à l’aéroport.

Un prisonnier du centre de Palaiseau, le 11 août 2019 »

 

https://paris-luttes.info/repression-et-coup-de-pression-a-12478

Déportation massives, sans laisser-passer : témoignage suite à la lutte au sein du CRA de Lyon St-Exupéry

Déportations dans des pays au hasard, tout ça sans laisser-passer, répression suite au grèves de la faim et à la lutte des dernières semaines au sein du CRA de Lyon Saint-Exupéry. Nouveau témoignage concernant les déportations, les provocations des keufs, et l’arnaque médicale.
Soutien et force à tou.te.s les prisonnier.e.s face à l’enfermement, aux keufs, et a tout le système CRA ! Feu aux frontières ! Liberté pour tou-te-s ! A bas les CRA !!!

Du coup, t’avais envie de parler du fait que ya un vol qui avait été programmé pour toi hier, est-ce que t’as envie d’en parler un peu ?

Oui, en fait moi avant hier ils m’ont appelé, pour dire que hier j’ai le vol. Alors que moi je suis pas algérien.
Ils veulent me renvoyer en Algérie et le consulat il a signé. Il a signé, il me l’a dit que je suis pas algérien mais quand même il a signé.
[passage inaudible]
Ca c’est pas normal !

En plus ils m’ont ramenés jusqu’à l’aéroport, j’étais jusqu’à l’avion et j’ai refusé.
Bien sure que je refuse bien le vol ! Parce que je suis pas algérien, j’vais pas en Algérie.

Ouais, surtout que ce qu’on disait c’est que tu peux te retrouver bien en galère après en Algérie…

Et oui ! Le problème c’est si j’arrive en Algérie moi je sais pas il se passe quoi là bas. Ils vont m’envoyer en centre comme ici ? Ils vont m’envoyer en prison ? Jsais pas moi… Ils vont me garder combien de temps ? Ça je sais pas…
Aucune idée..

Donc ça veut dire le consule algérien il a signé un laisser-passer…

Ouais il a signé le laisser passer mais il a même pas, [passage inaudible] il a quand même signé ! Ça c’est pas normal !
Ça c’est contre la loi quoi !

Tout à fait. Et est-ce que c’est des situations qui arrivent souvent a l’intérieur du centre de rétention ?

Ouais très souvent, très très souvent ! Ya plein de gens qui euh…
Moi le même jour que j’ai eu le vol ya un gars aussi, lui, ils veulent le renvoyer en Tunisie et il est même pas Tunisien…
Alors les consulats aussi ils travaillent… Jsais pas comment ils travaillent… Je comprends pas.
Si quelqu’un il a un passeport ou quelque chose oui je comprends mais là ya pas de passeports, ya rien du tout. Ya RIEN RIEN RIEN !
Ya même pas des empreintes, ya rien du tout !

Moi j’suis sure et certain que j’ai rien du tout en Algérie, ni empreintes, ni passeport, j’suis même pas algérien, pourquoi ils veulent me renvoyer en Algérie ? Ça je comprends pas !

Ouais et t’as refusé le vol et ça s’est passé comment après ?

Oh tranquille, ils étaient tranquille, j’ai rien fait, j’ai juste refusé. Ils m’ont ramenés à la cellule j’ai été là-bas pendant deux heures après la police nationale m’a ramené au centre de rétention. Voilà.
Faut que je dit une autre chose ?

Non est-ce que tu veux rajouter quelque chose ?

Ouais ! Je demande à la justice, ou les gens qui s’occupent de ça qu’ils vérifient bien les papiers. Parce que si on renvoi les gens dans un pays c’est pas leur pays d’origine ils vont faire quoi là-bas ?!
C’est la même chose [passage inaudible]
La-bas c’est trop grave c’est pas comme ici quoi. Je trouve ça c’est injuste, ça c’est pas normal !

Ya un petit problème de justice.

Ou jsais pas moi.. ya un accord ou chacun qui rentre chez lui il prend de l’argent ou j’sais pas moi, ils prennent de l’argent sur chaque tête ? Pourquoi ils veulent renvoyer les gens sans passeport que dans des pays qui sont pas leur pays quoi. J’comprends pas ! Tu vois ?

Euh je rajoute quoi encore ?

Pourtant moi j’ai les preuves. Parce que eux ils disent qu’en 2014 que j’ai fait la demande de visa ici en France. Mais moi j’ai des preuves qu’en 2014 j’étais en prison en Allemagne.

Ouais en fait je sais pas si t’as envie d’en dire plus sur comment ça s’en passé pour toi, pourquoi ils disent que t’étais là en 2014 ?

Parce que ya un gars qui s’appelle X, en fait X c’est un faux nom. Ils disent que le monsieur X, soit-disant que c’est moi, que j’étais ici en 2014, que j’ai fait la demande de visa, qu’elle a étée acceptée.
Ça veut dire le mec il a eu le visa, il a ses papiers. Et moi pendant ce temps là j’étais en prison en Allemagne !

J’avais complètement oublié mais hier j’ai parlé avec mon ex-copine, je lui ai dit « hey tu te rappel j’étais ou pendant 2014 ? » « toi t’étais en prison 2014 – 2015 ».
J’suis rentré fin octobre 2014 en prison jusqu’à début 2016.
Comment c’est possible que cette personne là c’est moi ?
Il a des empreintes, il a l’ADN même, des photos, jsais pas moi…
Ya quelque chose mais ça passe pas !

Moi je penses c’est à cause de toute la grève, ce qu’on a fait ici, ils veulent juste nous liquider ! J’avais déjà dit l’autre fois, ils ont envoyé tous ceux qui étaient ici pendant la grève, ils ont renvoyé tout le monde. Il en restait quoi quatre, tout le reste [passage inaudible].

Tout le reste a été déporté ou il s’est passé quoi après ?

Bah ouais ! Ils sont partit chez eux ! Vite fait bien fait ! Même si il a pas de passeport ils l’ont renvoyés ! Comme le comment il s’appellera, Nizar, pendant quelque jours il ont trouvés le vol, ils ont trouvé le ticket et le laisser-passer, tac ils l’ont renvoyé au Maroc.
Et l’autre, et l’autre, et l’autre, et l’autre !
Et maintenant il arrive à moi !
Mais là ils se trompent, ils vont pas m’envoyer dans un pays que c’est pas moi pays !

Est-ce que t’as envie de parler du coup en général de comment ça s’est passé après la grève de la faim ? Comment est-ce qu’ils se sont comportés vis à vis de vous et comment vous vous avez pu vous comporter vis a vis d’eux ?

Nous on était normal comme d’habitude, t’façon on peut rien faire !
Eux ils étaient calme et pas calme ! De temps en temps ils nous provoquent de temps en temps ya rien du tout.
Il y a chaque équipe elle travaille comme elle veut ! Tu vois ?

Ya différents équipe, ya trois ou quatre différentes équipes. Chaque équipe elle travaille comme elle veut tu vois ? Et après la grève ils étaient encre plus en… Les têtes qui étaient ici qui ont parlés pour leurs droits comme moi comme Nizar comme yen a beaucoup ici, qui ont parlé avec vous, avec les journalistes, tout ça. Ils ont liquidé tout le monde !
Là il reste que moi et encore trois autres.
Le deuxième ils veulent le ramener en Tunisie, je t’ai déjà raconté, il est partit hier.
Et monsieur Y il est ici il a refusé le premier vol, le deuxième vol il va partir chez lui, ils l’obligent de rentrer chez lui.

Un autre qu’il est blessé là pendant maintenant, depuis qu’il est ici, pendant 55 jours comme ça, il doit faire une opération sur son bras mais ils le font pas. Ils l’ont encore, une facture de 3000€ et quelque mais le mec il a rien fait !
Tu vois ce que je veux dire ? Le mec il envoi une facture pour l’opération disant qu’il l’a fait mais lui il a rien fait… Ils l’ont amené à l’hôpital.

Tu veux dire ils l’ont amenés à l’hôpital mais il s’est rien passé ?

Non ils l’ont pas opéré, ils l’ont laissé là-bas pendant trois ou quatre jours et après ils l’ont ramenés. Son bras il peut pas le bouger.
Et après il reçoit la facture de 3000 et quelque.

Alors qu’il y a aucune opération ?

Ben oui ils ont rien fait ! Ils ont rien fait ! Aucune opération rien du tout ! Oui jle dit moi ils nous prennent pour des animaux ! Ils s’en foutent complètement ! Ils font ce qu’ils veulent et nous on doit supporter tout ce qu’ils font !

Je dois rajouter quelque chose, j’sais pas moi.. Ici tout le monde il est presque nouveau. Les gens ils connaissent pas encore.De toute façon ils vont voir, moi ça fait presque deux mois que je suis là, j’ai vu beaucoup…

 

Lien vers l’article :

https://rebellyon.info/Deportation-massives-sans-laisser-passer-20958