VINCENNES : GREVE DE LA FAIM, REPRESSION ET CRA EN FEU !!

Autour de Paris, les prisonier-es du CRA de Vincennes sont en lutte depuis plusieurs jours. Ils subissent la répression que les keuf-es font peser sur elleux au quotidien. Hier soir deux unités du CRA de Vincennes étaient en feu. Force et soutien à elleux ! A bas les CRA !

 

Article du site : https://abaslescra.noblogs.org/greve-de-la-faim-et-repression-au-cra-de-vincennes/

 » Depuis samedi dernier, les prisonniers du batiment 2A du CRA de Vincennes sont en lutte : pendant 3 jours, ils ont réfusé de manger à la cantine, ils sont restés soudés et solidaires, mais ont dû faire face à la répression violente de la part des keufs.

Les flics ont tout fait pour faire craquer les gens et casser la lutte : samedi soir, au début de la grève de la faim, les prisonniers sont renfermés dans le batiment et ils sont fouillés dans toutes les chambres ; dimanche, un prisonnier est tabassé par les keufs, qui refusent aussi l’accès à l’infermerie pour les prisonniers malades ; lundi, les prisonniers se font réveiller par des douches incendie, d’autres tabassages ont lieu, les keufs avec les chiens ; mardi, l’eau du batiment est coupée, pas de douches ni rien.

Un prisonnier du batiment 2A raconte des conditions de vie à l’intérieur, et de ces derniers jours de luttes et de répression (à partir de la minute 35) :

Et voici, le témoignage écrit d’un prisonnier :

On veut juste des conditions de vie normale parce que nous on vit ici c’est trois mois c’est une vraie peine de prison. Une peine mais nous on veut juste sortir, on a des enfants ici. Le CRA c’est invivable surtout à cause de la violence des policiers et aussi parce qu’il essaient de nous faire craquer. Les gens qui sortent d’ici certains deviennent fous.

Ils nous rendent fous. À l’intérieur on les voit devenir fous petit à petit. Il y a quelqu’un la dernière fois ils lui l’ont appelés pour une prise de sang, et quand il est revenu il s’est écroulé en tremblant et tout, on comprend pas si ils essaient de nous tuer parfois.

Il y a un mec qui a le bras cassé à cause de flics qui lui sont tombés dessus. On essaie de l’aider comme on peut mais le soir il crie, il peut pas dormir.

On savait pas que c’était comme ça a France, tant de racisme. Il y a même un policier qui a craqué quand il a réalisé ce qu’il se passait dans le centre. Les policiers c’est tous des stagiaires donc ils font de la merde. Ils essaient de nous faire craquer avec des fouilles tous les jours, des tabassages de gens avec les jambes et les mains scotchées…

Nous on craque ici on a envie de sortir d’ici le plus vite possible.

Samedi soir on a commencé une grève de la faim on était 28 je pense. Les policiers sont venus pour nous foutre la pression on leur a dit que la nourriture c’est immangeable. L’entreprise qui fait la nourriture c’est GEPSA ils donnent pas de sel, pas d’eau, les plats sont immangeables, c’est GEPSA on peut lire sur leurs gilets. On leur a dit aussi il y a pas de porte dans les toilettes et des toilettes sales avec des gens malades partout.

L’infirmerie fait pas sont travail. Ici beaucoup on la gale. Dès que tu viens qui tu dis que t’es malade ils donnent juste des gros calmant, c’est une pharmacie pas une infirmerie. Les infirmières sont super méchantes. Pharmacie : Valium, Rivotril, Subutex, Tramadol… les gens qui prennent ça ont les voit devenir dingues.

Cette nuit là vers 4h ils nous ont arrosés avec les douches incendies. Ils ont arrosé tous le monde, toutes les chambres. Les vêtements, les matelas, les couvertures tout était mouillé. On tremblait on pouvait pas dormir dans ce froid. Au haut-parleur ils ont dit : « si vous mangez pas demain à midi ca va continuer » Ils voulaient nous faire craquer.

Heureusement que certains ont des chambres tellement sales qu’ils dorment dans les couloirs ou dans la salle commune. Eux ils avaient les couvertures sèches. Alors on s’est mis tous dans la même salle pour se réchauffer avec les couvertures sèches et essayer de dormir.

C’était horrible, le lendemain on était plus que 18 en grève de la faim. Ils nous ont notés et après ils sont venus nous taper, juste pour en découdre ?

Le lendemain donc hier, ils ont coupé l’eau. Ça a commencé hier soir certains étaient réveillés, mais nous on s’en est rendu compte que ce matin : d’un coup plus d’eau dans les douches, robinets, toilettes. Tout le monde est paniqué ou énervé. Même la machine pour boire elle est coupée. Quand on demande pourquoi, ils disent : « arrêtez de nous casser les couilles ».

On en a marre on en peut plus des fois on pense au suicide. Même aux USA les prison c’est pas comme ça.

Les CRA existent pour isoler les prisonniers-ères, pour leur faire croire qu’iels sont seul.e.s face aux flics, aux juges, aux avocats, aux associations. La solidarité depuis l’extérieur est une arme, ça permet aux prisonniers-ères de tenir le coup. Soyons solidaires avec les prisonniers du batiment 2A de Vincennes, et tou.te.s les autres. Par exemple, en appellant les cabines du CRA pour montrer notre soutien à la lutte, en faisant des parloirs et des parloirs sauvages… voici toutes les infos.
Numéros des cabines de Vincennes 2A :
01 48 93 69 47
01 48 93 69 62
01 48 93 90 42

PS Dimanche dernier, avant un parloir, des personnes de l’Assemblée contre les CRA ont assisté à une tentative d’évasion à Vincennes. Elles racontent ce qui s’est passé :
Vers 16h30, alors qu’on attend depuis pret de deux heures, une alarme retentit. Des flics se mettent à courrir, nous aussi. Un homme saute par dessus un portail qui l’améne à l’extétieur du CRA (côté batiment 1), traverse la route malheureusement face à lui un parking grillagé. Là une quinzaine de flics arrivant de toute part le rattrape sous nos cris et nos yeux impuissant alors qu’il est suspendu au grillage. Ils le transporteront allongé jusqu’à la voiture qui l’emmenera en garde à vu. Il ne se débatait même plus comme si il avait mis tout le reste de son énergie dans cette tentative d’évasion.

LIBERTE POUR TOU.TE.S
SOLIDARITÉ AVEC LES PRISONNIERS-ÈRES EN LUTTE
A BAS LES CRA ! »

 

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Article du site : https://abaslescra.noblogs.org/le-cra-de-vincennes-brule/

Vincennes brûle !

 » Après plusieurs jours de luttes et de répression violente, ce soir 4 février des prisonniers ont appelé pour raconter que des incendies sont en cours dans deux batiments du CRA de Vincennes. Les batiments ont été endommagés.

Tous les prisonniers sont dans la cours, encerclés par les keufs qui les empechent de bouger, en les laissant sous la pluie. Des prisonniers parlent d’une personne blessée mais les informations restent confuses.

Ne laissons pas les prisonniers isolés, soyons solidaires, soutenons les révoltes !

A bas les CRA !

 

Pour faire des parloirs avec les prisonniers, infos ici

Pour appeler les cabines :
Vincennes 1 : 01 45 18 59 70 – 01 45 18 12 40 – 01 45 18 02 50
Vincennes 2 : 01 48 93 69 47 – 01 48 93 69 62 – 01 48 93 90 42
Vincennes 3 : 01 48 93 99 80 – 01 43 76 50 87 – 01 48 93 91 12″

COMMUNIQUE DES PRISONNIER-E-S DU CRA DE OISSEL EN GREVE DE LA FAIM

Liberté pour tou.tes les prisonnier.es !

Force aux prisonnier-e-s en grève, en lutte à Oissel et partout ailleurs ! A bas les CRA, feu aux prisons, et fin à l’enfermement. 

Lien vers l’article et les affiches du communiqué à diffuser largement :

https://abaslescra.noblogs.org/communique-des-prisonniers-de-oissel-en-lutte/

 

« La prison pour étrangèr.e.s de Oissel (près de Rouen) est connue pour ses keufs violents et raciste, sa direction qui réprime tous les mouvements de lutte. Dans cette taule le mitard est régulièrement utilisé pour tabasser des prisonniers.

Cette prison a été en partie brulé à la fin du mois d’avril par des prisonniers après une grève de la faim violemment reprimée.

Samedi dernier des keufs tapent un prisonnier et l’amène au mitard ( il en est ressortit le mercredi 22 janvier) parce qu’il avait voulu se montrer solidaire d’un autre prisonnier.  Le soir des policiers cagoulés avec des chiens rentrent dans le centre pour foutre la pression aux prisonniers. Depuis les violences, coups de pressions, insultes racistes ne se sont pas arrêtés.

Ce mercredi 22 janvier au soir, les 42 prisonniers de la section homme du cra de Oissel se sont mis en grève de la faim. On relaye leurs communiqués:

Au centre de rétention de Oissel (près de Rouen) la police est violente et nous humilie tous les jours. Toujours ils provoquent, ils disent “Baisse les yeux !”. La nourriture est froide et n’est pas halal, alorsqu’il y a une majorité de prisonniers qui sont musulmans.
Même la prison c’est mieux qu’ici. Y en a ils ont 10 ou 20 ans ici et onles mets en centre de rétention.
Depuis samedi c’est encore pire. La police à encore voulu mettre unprisonnier à l’isolement. Son ami s’y est opposéet ils l’ont amené violemment aussi à l’isolement. Le soir y avait la police avec des chiens et des cagoules dans le centre pour nous faire peur.
Le prisonnier qui était à l’isolement il vient d’en sortir. Ils l’ont
tabassé, il peut pls parler, il a des bleus partout. Les yeux et les
oreilles sont gonflées.
Hier ils ont cassés le pied d’un autre prisonnier.
Tout ça va pas du tout. Tout le monde se plaint. Nous sommes plus de 42 prisonniers enfermés ici. Donc là on fait la grève commune. Ce soir personne ne mange.
On va essayer d’occuper le couloir parce que ce qui c’est passé depuissamedi dernier c’est encore pire que d’habitude.
Ici y a pas d’hygiène. Les chambres sont pas nettoyés tous les jours.

On revendique
-La fin des violences policières, de la xénophobie des policiers et de leurs racisme
-Un minimum d’hygiène et de dignité
-De la nourriture correcte
-Des soins corrects

Les prisonniers en grève de la faim de Oissel, le 22 janvier

NOUVELLE BROCHURE SUR LA LUTTE CONTRE LES CENTRES DE RÉTENTION (mars à novembre 2019)

Brochure à diffuser !!
« En février 2019, dans la foulée de grèves de la faim et de révoltes dans des prisons pour sans-papier (CRA) en Ile-de-France et ailleurs, une première brochure sur trois mois de luttes (décembre-février) était sortie pour continuer à les relayer plus largement.
Depuis les mouvements collectifs ont continué : grève de la faim, incendies de cellules ou de bâtiments, communiqués, manifestations à l’intérieur des centres, montée sur les toits, des prisonnier·e·s qui se mettent en lien entre différentes prisons.
Cette brochure est faite dans la même optique que la première : non pas pour faire le récit d’une histoire qui n’est pas encore terminée, mais pour faire circuler la parole de celleux qui luttent à l’intérieur et relayer leurs revendications, pour renforcer la solidarité à l’extérieur, pour inventer d’autres moyens qui puissent entraver la machine à expulser.
Les personnes qui n’ont pas les bons papiers sont toujours raflées, emprisonnées et déportées, et la violence quotidienne des keufs et des tribunaux ne s’arrête pas. Les révoltes dans les CRA non plus ! Et à l’extérieur des gens continuent à s’organiser contre ces prisons et pour soutenir les prisonnièr·es, à Paris comme ailleurs. »
 
Liberté pour tou-te-s ! Feu aux frontières et à leurs prisons, à toutes les prisons !! Soutien et force aux prisonnier-e-s

«Au CRA, l’infirmerie, c’est une boucherie». Un autre mort à Vincennes, ni oubli ni pardon !

[ Article sur : https://abaslescra.noblogs.org/au-cra-linfirmerie-cest-une-boucherie-un-autre-mort-a-vincennes-ni-oubli-ni-pardon/ ]

Le CRA est une machine à tuer. Luttons pour que la mort de Mohammed, prisonnier dans le CRA de Vincennes, ne soit pas oubliée.

Vendredi 8 novembre, un prisonnier est décédé au centre de rétention de Vincennes. Il s’appelait Mohammed et avait 19 ans. Il était enfermé depuis 28 jours. Au matin, ses co-détenus l’ont découvert entre la vie et la mort dans son lit. Ces derniers parlent d’une overdose survenue à
la suite d’une prise d’un cocktail de médicaments. Quand ils ont appelé à l’aide, les flics ont mis des plombes à réagir. Finalement une infirmière est appelée, faute de médecin sur place, et les pompiers ont mis une demi-heure à arriver, trop tard. Le parquet de Paris a « ouvert une enquête en recherche des causes de la mort » et la presse s’empresse de mettre en avant un mélange entre médicaments et stupéfiants.

Mais où a t-il trouvé ces médicaments, et ne sont-ils pas des stupéfiants ? A l’entrée du CRA tout est saisi et mis au coffre. Ses camarades dénoncent la responsabilité des médecins du centre, c’est eux qui ont filé ce cocktail empoisonné : « L’infirmerie, c’est une boucherie, pas une infirmerie ». Ils soutiennent que chaque jour, Mohammed recevait de l’infirmerie des pilules de valium, de tramadol et autres somnifères (des pilules colorées). Un de ses co-détenus raconte qu’il le retrouvait régulièrement dans des sales états après avoir pris les médicaments donnés par les médecins :

« Le médecin, il donne des calmants, il shoote tout le monde et après peut rentrer se coucher. Dans le centre de rétention, on traite les prisonniers comme des fous, c’est un HP, pas un centre de rétention. Tous les jours, ils nous appellent « venez chercher vos médicaments ». Et les gens, ils courent, dans l’état dans lequel ils sont »

Souvent à l’intérieur, on nous dit que les médecins administrent des calmants et tranquillisants au moment de l’expulsion et avant que les prisonnier.e.s passent devant le juge, pour qu’iels restent bien tranquilles. Le lendemain de sa mort, Mohammed devait passer devant le juge des libertés. La veille, avec ses co-détenus, ils avaient évoqué qu’il ne survivrait pas à 30 jours de plus d’enfermement.

Le CRA est un lieu d’enfermement où les prisonnier.e.s sont constamment poussés à bout. Tout pousse à leur destruction physique et psychologique. En plus de l’enfermement, les violences des keufs sont quotidiennes. De l’intérieur, on raconte de ces violences subies, par Mohammed comme par tou.te.s les autres :

« La veille de sa mort, il avait encore mal [parlant de Mohammed], il s’était fait étrangler par des flics. Tous les jours, on voit des prisonniers qui ont des bleus, des traces de coups »

« Je suis en train de voir des choses ici, que j’ai jamais vues, l’autre jour, j’étais posé avec un gars ; il avait mal au ventre, j’appelle les flics, « y a quelqu’un qui va pas bien », le flic il me regarde avec un petit sourire « il est mort, il respire ? » »

Les morts dites accidentelles dans les centre de rétentions sont loin
d’être rares. C’est le deuxième décès qui a lieu à Vincennes en trois mois. Le 19 août, un prisonnier, de nationalité roumaine avait aussi été retrouvé mort dans sa cellule. Selon les journaux, sa mort serait due à des médicaments, les prisonniers parlant d’une overdose de méthadone. Lors de cette affaire, au moment de la découverte du corps, les prisonniers avaient été sortis du bâtiment pendant des heures, de manière à ce que personne ne sache vraiment ce qu’il s’était passé.

Quand il s’agit d’un mort, il faut vite tout cacher, dissimuler, effacer. Aujourd’hui, les camarades de Mohammed craignent, qu’encore une fois, les policiers fassent tout pour étouffer l’affaire. Ils appellent à se mobiliser pour Mohammed, pour qu’il ne soit pas oublié.

Crever dans un CRA n’est jamais un accident : que ce soit à cause de la violence des keufs, du manque de soins, de l’enfermement, c’est le CRA même qui produit ces morts. Dans ce cas, les médecins sont clairement dangereux et responsables car ils laissent entre les mains de prisonnier.e.s du véritable poison.

 

L’AG contre les CRA et le collectif sans papiers Paris 1 appellent à une réunion publique, le mercredi 13 novembre à 18h, au CICP (21ter rue Voltaire).

Ne laissons pas que cette énième mort passe sous silence. Soyons solidaires des prisonniers-ères, organisons la lutte à l’extérieur.

L’enfermement des étranger.e.s et les frontières tuent.
A bas les CRA !

CRA de Lyon Saint-Exupéry, 3 mois de prison ferme pour un matelas

[ On relaye ici un article du site rebellyon.info]

Le jeudi 16 août dernier, la PAF a une fois de plus tabassé des prisonniers du Centre de Rétention Administratif de Lyon-St-Exupéry. Des personnes se sont retrouvées à terre, gravement blessées, pendant que d’autres appelaient à l’aide. Les keuf.es les ont parquées pendant plusieurs heures, et bien évidemment, iels n’ont fait venir aucune assistance médicale malgré les appels. Pour se faire entendre, T., emprisonné au CRA, met le feu à un matelas. Il a été jugé le lundi 19 août en comparution immédiate, et a été condamné à 3 mois de prison avec maintien en détention. Résumé de l’audience.

La juge procède à l’habituel épluchage de l’identité du prévenu et son ton suspicieux quant à la présence de l’interprète présage déjà de l’issue de l’audience… T. comparait « pour avoir à Colombier-Saugnieu le 15 août dernier détruit volontairement un bien, en l’espèce en mettant le feu à un matelas appartenant a priori au centre de rétention administrative, et ce en état de récidive légale ».

Le prévenu a reconnu les faits. Mais la juge ne peut s’empêcher d’y aller de sa propre interprétation scénique pour rendre l’histoire encore plus croustillante… Elle raconte donc qu’en plus il a été filmé, qu’on le voit très clairement sur la vidéo surveillance, qu’on voit très bien le déroulé, etc. (en même temps, avec près de 100 caméras dans tout le CRA, c’est difficile de les éviter, enfin sauf quand ça arrange les keuf.es bien sûr…). Elle conclut finalement : « Heureusement il n’y a pas eu de décès ». Cependant, madame semble étonnée par ce qu’elle considère comme le « contexte assez particulier » (mais en vrai tout à fait habituel) de cette soirée-là au sein du CRA… En fait, au moment de regagner leurs cellules, les détenus ont refusé et les flics les ont matraqués; ce qu’elle traduira par « Au moment où chacun devait regagner sa chambre entre guillemets, il y a eu une opposition, un refus de la part des retenus, ça s’est un peu agité, il y a eu des violences, ce qui a donné lieu à cette réaction ».

T. a expliqué dans sa déclaration les raisons de son geste : des violences ayant été commises par les policier.es sur d’autres retenus, une personne est blessée et perd du sang. Il signale la blessure mais personne n’intervient. Pour alerter l’attention, il met le feu au matelas. « Y a d’autres manières moins dangereuses pour attirer l’attention », rétorque-t-elle toujours aussi sarcastique… T. explique que pendant le temps de prière, les policier.es s’amusaient à allumer-éteindre-allumer la lumière. La juge se réfère au PV des flics et joue les étonnées : « Y avait pas une panne d’électricité? » …

Pour continuer dans la mauvaise foi elle cherche d’autres arguments pour pouvoir le coincer… Elle se lance donc dans le décryptage psychologique de l’attitude de T. sur les vidéos; et au cas où ce ne serait pas suffisant, elle invoque également ses antécédents judiciaires et finit, conquérante, par le coup de la culpabilisation : « Tout justifie donc que vous employiez des moyens aussi dangereux qui peuvent avoir des répercussions et des conséquences terribles? ».

C’est au tour du procureur d’entrer en scène : lui aussi s’attarde sur les éléments de personnalité, mais il manie surtout l’art de l’emphase : « C’est à trois reprises qu’il va s’en prendre à ce matelas »… Concernant la personne blessée, il commente « nous n’avons pas d’élément qui vient corroborer ». Il ressort lui aussi le coup de l’élec et parle d’un « incident technique ». Il conclut : « Rien ne peut justifier de tels troubles », « Ce genre de comportement perturbe le fonctionnement du centre de rétention ». Il demande 3 mois fermes avec maintien en détention.

L’avocate de T. explique que compte-tenu de ses antécédents, il savait ce qu’il risquait en mettant le feu, mais qu’il s’agit-là d’un « acte désespéré ».

La juge donne la parole à T. :

  • T. : «La personne qui était par terre saignait, elle était en danger de mort»
  • Juge : «Merci, la décision sera rendue à la prochaine suspension.»

Voilà, merci, au revoir.
Verdict : 3 mois de prison avec maintien en détention.
Un énième procès, une énième mascarade, une énième peine de prison. Les audiences défilent, mêmes scénarios, mêmes acteur-ices. On ne change pas une équipe qui gagne…

Mais gagner jusqu’à quand?

Partout et tous les jours, dans les CRA de France et d’ailleurs, les prisonnier-es se révoltent, luttent et se défendent (grèves de la faim, refus de rentrer en cellules, communiqués…). Mais la résistance a un prix, c’est un énième prétexte à la surenchère dans la répression qu’iels subissent déjà au quotidien dans le système CRA. Car non, les « pannes d’électricité » n’existent pas dans les prisons de l’Etat, pas plus que n’existe la justice qui l’accompagne…

A bas les CRA, à bas les frontières et soutien à tous.tes les prisonnier.es!

 

Lien vers l’article :

https://rebellyon.info/CRA-de-Lyon-Saint-Exupery-3-mois-de-21018

CRA de Lyon : vidéo de la répression policière que subissent les détenu.es

[Article initialement publié sur Rebellyon.info]

Vendredi 16 août, les prisonnier.es du centre de rétention (CRA) de Lyon, au pied de l’aéroport Saint-Exupéry, ont entamé une grève de la faim. La veille, les flics les ont matraqués au sein du CRA. Une vidéo est sortie pour témoigner de ce qui se passe à l’intérieur.

Jeudi 15 août au soir, les keufs ont éteint les lumières des cellules à 22h. Iels ont matraqué les personnes à l’intérieur, ont blessé des personnes…
Une vidéo est sortie du CRA. Ces images sont rares et répondent à la volonté des personnes enfermées de montrer ce qui se passe à l’intérieur.

[Vidéo disponible ici]

Vendredi, la galère continuait avec gazage massif à la lacrymo et le parcage des personnes dans la cour, puis de certains dans une cage dans la cour.

Grosse force à elleux dans la lutte qu’iels mènent et face à la répression qu’iels subissent
Feu aux frontières, aux prisons, aux CRA qui compile les deux et à ce système d’enfermement raciste !

Grèves de la faim, blocages de promenades et Communiqué, luttes dans le CRA du Mesnil, de Palaiseau et de Vincennes cette dernière semaine

Retour sur plus d’une semaine de lutte dans différents CRA autour de Paris : Mesnil-Amelot, Palaiseau et Vincennes.
Solidarité avec tou-te-s les enfermé-e-s, soutien et force à celleux qui luttent !

Des nouvelles du Mesnil en lutte: blocage de promenade et des prisonniers sur les toits

Le 15.07.19

« Ca fait plusieurs semaines que la situation est très tendu dans la prison pour étrangèr.e.s du Mesnil Amelot.  Cette semaine après plusieurs tentatives de suicides violemment reprimé, les prisonniers des deux centres du Mesnil (CRA2 et CRA3) ont lutté collectivement contre le racisme et la violence des keufs de la PAF.

Dans la foulée, la CIMADE (l’asso qui fait du soutien juridique dans le centre) a décidé d’exercer son droit de retrait pendant trois jours.

Avec des témoignages de 2 copains, S. et O., enfermé au CRA2 du Mesnil on revient sur ce qui s’est passé cette semaine. On continuera de relayer des infos dans les prochains jours.

Le 13 au soir une nouvelle commence à tourner:

 La on est tous dans la cours avec toute nos affaires, ceux du bat 10,11 et 12 !

Le lendemain on prend des nouvelles:

Hier soir après avoir essayé de bloquer la cours on est rentré dans les batiments. A 22h40 ils ont amadoué tout le monde. Ils ont pris un gars du batiment 10 et ils lui ont donné une pétition à remplir.
Mais moi je pense qu’une pétition c’est pas une bonne idée.Y a le “représentant” du batiment 10 ils lui ont passé qu’à lui la pétition. Il faut tout écrire, qui on est, qu’est ce qu’on veut..
Obligé ils vont essayé d’avoir ou de trouver des lader et de les virer tout ça. Des gars vont prendre des vols c’est sûr. Cette pétition c’est eux qui ont dressé les règles..
On dirait un jeu et c’est eux qui contrôlent le jeu. C’est un délire.
Y a un keuf il dit c’est à cause de la cimade qu’ils sont passé à 3 mois de détention. La police dit ce qu’elle veut quoi..” S.

Ouai hier on est rentré au batiment. Le dernier mec avec sa femme ils l’ont poussé. Ils l’ont fait rentrer en agression alors qu’il voulait pas. Il était par terre, ils étaient 5 à le pousser.
Nous on était enfermé dans les bâtiments, on criait. Y avait sa femme devant qui était enceinte. Ils ont du les agresser pour les faire rentrer.

Tu peux revenir un peu sur ce qui c’est passé avant?

Ouai déjà y a eu le 9 juillet. Mardi c’était le 9 nan? Bref mardi aprem y en a 2 qui sont montés sur les toits du batiment 12 et l’autre sur les grilles. Ils en ont marre de ce qui se passe ici. Lui (celui des grilles) voulait être extradé en Belgique où il avait fait sa demande d’asile mais non eux ils veulent le renvoyer au Maroc. Lui il voulait pas y retorner. Il a parlé avec eux, mais personne nous écoute ici.. Après il a mis le barbelé autour du cou. Juste il n’en pouvait plus.
C’est d’autres prisonniers qui parlaient arabe qui l’ont calmé.

Les gars sur les toits ils voulaient juste pas rester 3 mois ici. 3 mois c’est trop. Y en a 2 qui ont été transferé dans d’autres CRA.

Y a un mec avec le SIDA ici, il est à l’isolement maintenant. Il s’est tapé avec un gars y avait plein de sang.. Personne n’a eu de test.. On peut rien faire ici. On est fait. Quand on a parlé des tests avec le chef, tu sais ce qu’il a dit? Il a dit ” Vous l’avez sucé? Vous l’avez baisé? Non bah c’est bon.. sinon vous l’avez ptet” Il a mal parlé parce qu’il était enervé. Hier ils l’ont ramené à l’infirmerie vite fait, puis remis à l’isolement.
Hier (le 13 juillet) ils ont voulu ouvrir les 3 batiments, mais on a pas voulu. Celui qui bouge trop ici c’est chaud. Y a un gars ils lui ont mis 2 vols en deux jours avec escorts !

Moi cette semaine j’ai très mal. J’ai fait la radio, ils m’ont dit c’est normal que j’aurai mal toute ma vie à la hanche. Et ils m’ont dit que c’était normal d’avoir mal comme ça, moi j’avais pas mal autant avant d’être en rétention.
Ils veulent me donner des médicaments genre calmant. Ca c’est trop, même si tu parles ils vont rien te donner.

O.

Au CRA3 ca bouge aussi ces 10 derniers jours: greve de la faim de 2 jours, banderole dans la promenade & tentative de blocage de promenade.

A Vincennes une nouvelle grève de la faim à commencé aujourd’hui au CRA2B.« 

Lien vers le site : https://abaslescra.noblogs.org/post/2019/07/15/des-nouvelles-du-mesnil-en-lutte-blocage-de-promenade-et-des-prisonniers-sur-les-toits/

Lutte en cours dans la prison pour sans papier de Palaiseau !

« Depuis le 17.07.19  22 prisonniers de la prison pour étrangèrs de Palaiseau sont en grève de la faim. On relaye ici leur communiqué.*

Pour rappel depuis lundi 15 juillet, un autre mouvement collectif a lieu au cra2b de Vincennes.

Communiqué des prisonniers en lutte de Palaiseau

Ici il y a une grève de la faim depuis ce matin mercredi 17 juillet 2019. Si on fait ça c’est par rapport à la nourriture déjà. Il y a tout le temps de la viande et pas hallal. Alors qu’ici y a beaucoup de musulmans ou végétarien comme les rasta. C’est aussi par rapport à l’accès à l’eau, ici y a pas de machine à eau fraiche. L’Ofii à refusé aujourd’hui de nous laisser acheter de l’eau en bouteille, alors même qu’il a fait très chaud. Sur les 3 derniers jours la machine à café a fonctionné une seul apres midi.
L’infirmerie faut en parler. Y en a ils sont malade mais on les soigne même pas.
Tout ça c’est un moyen de pression pour les keufs sur les retenus.

Ici y a beaucoup de pères, de gens qui ont des familles. Et tout ce qu’on nous propose c’est de partir au pays.
Ici y en a un il est malade du coeur, mais vu qu’il a perdu son dossier médical il est pas soigné.
Y en a un ici il était a l’hôpital de Villejuif et ils l’ont ramené au centre de rétentions. Ils ont changés ses médocs comme ça.
Y en a un ici son pays n’a pas d’ambassade en France, dans tous les cas c’était impossible pour lui de faire les papiers.
Y en a un ici c’est la préfecture qui a égaré tous ses papiers marocains, ce qui fait qu’il est ici et qu’il attend. Un autre s’est fait arrêter en allant a l’aéroport, après avoir acheté son billet. La France l’empêche de partir. Il le ramène ici et le font galérer. C’est n’importe quoi.
Y en a un il s’est présenté au comico pour répondre à une convocation et ils l’ont ramené au CRA. C’est pas le seul.
Ici y en a une quinzaine qui sortent de la prison. Il faut arrêter la double peine, et les aller retour cra-prison-cra.
Tout cela c’est un moyen de pression pour faire craquer les gens et quitter la france.
Les 3 mois c’est beaucoup trop. Ici c’est pas de la rétention c’est de la prison. C’est même pire que la prison parce que t’as pas le droit de cantiner ni nourriture ni eau.
Y a un état d’esprit électrique ici. Tout le monde court partout. En 2h la police est intervenu 5 fois.

On veut des changements rapidement dans le centre sur l’accès à la nourriture, à l’eau et au soin.

On appelle les autres centres à se mettre en lutte aussi !

22 prisonniers du centre de rétention de Palaiseau »

Lien vers l’article : https://abaslescra.noblogs.org/post/2019/07/17/lutte-en-cours-dans-la-prison-pour-sans-papier-de-palaiseau/

Paroles de l’intérieur du Mesnil en lutte

Un enregistrement de personnes enfermées au Mesnil publié le 18.07

Lien vers l’article : https://abaslescra.noblogs.org/post/2019/07/18/paroles-de-linterieur-du-mesnil-en-lutte/

« Des prisonniers du CRA3 du Mesnil-Amelot ont décidé de faire sortir leurs paroles, leurs histoire pour raconter ce qui se passe en ce moment. Double peine, racisme des keufs, conditions d’enfermements, vols cachés..

Pour rappel en ce moment la situation est tendu dans la prison pour sans papier du Mesnil Amelot: prisonnier sur les toits, blocage de promenades, tentatives de suicides: https://abaslescra.noblogs.org/post/2019/07/15/des-nouvelles-du-mesnil-en-lutte-blocage-de-promenade-et-des-prisonniers-sur-les-toits/

C’est aussi une grève de la faim en cours à Vincennes au CRA2B, rejointe hier par le CRA de Palaiseau.

On relayera la retranscription dès que possible.

Force et solidarité avec tou.te.s les prisonnière.s ! »

« Depuis lundi dernier, un mouvement collectif a lieu au CRA2B de Vincennes. S., enfermé là bas raconte ce qui s’y passe. Pour rappel depuis hier c’est à la prison pour sans-papier de Palaiseau qu’un mouvement collectif a commencé.

Retour sur 4 jours de luttes a la prison de Vincennes !

Le 18.07.19

« Ce lundi on est une trentaine à avoir refusé le repas ce midi. Trente cinq pour etre précis.

Le lundi soir on a mis tous les matelas dans la cour. Et on a pas dormi de la nuit. Tôt le matin ils sont venu pour un vol caché. Le gars ils l’ont tabassé devant nous. Alors y en a ils ont réagit. On s’est fait taper et tout. Dans la journée de mardi, on était de moins en moins nombreux dehors. Y avait plein de flics autour de nous avec des gazeuses.
Y a une personne qui est venu nous parler. Ils sont venu le deuxième jours. Ils sont repartit. Après ils venaient chaque cinq minutes pour des fouilles etc. On nous appelait pas pour le médecin et tout.. Maintenant ça c’est calmé avec eux.
Le gradé nous a demandé pourquoi on faisait ça. On leur a dit que c’était à cause des trois mois, que c’était trop pour les violences policières et tout. Ils nous ont dit que c’était pas de leurs ressort et ils sont repartit.
Les gens sont allé manger peu à peu tout seul parce qu’ils pouvaient plus tenir. Ils ont pas de parloir ni rien.”

Aujourd’hui on est le 18 juillet. On est encore sept en grève de la faim. Ca devient tendu. Hier j’ai perdu une dent, je sors la bouche en sang avec la dent dans la main pour demande avoir le docteur. On me dit “Ouai attends..” J’ai vu personne. En plus je suis tombé malade.

Des nouvelles du Palaiseau en lutte: “On est encore une dizaine à toujours être en grève de la faim. C’est pas tout le monde qui tient le coup”. »

Lien vers l’article : https://abaslescra.noblogs.org/post/2019/07/18/retour-sur-4-jours-de-luttes-a-la-prison-de-vincennes/