« Parce qu’ici c’est la… pas bien du tout. On est en prison ici. » Témoignage d’E, prisonnier au CRA de Saint-Exupéry, 23/05/20

 
Je vous disais parce qu’ici c’est la… pas bien du tout.
On est en prison ici.
 
Ça se passe pas du tout ici. Avec les surveillants avec les.. la bouffe. Avec les… C’est tout sale. Tout est sali ici [non audible] tu prendre une infection là.
Ils mettent les personnes yen a pas de masques yen a pas aucune chose par rapport le covid19.
Il y a un directeur, toutes les personnes ils les mettent ensemble. Trois quatre personnes par chambre. Normalement la loi elle dit il faudrait être une personne par chambre.
Ça se passe pas du tout ! Ils nous considèrent comme des chiens ici.
 
Et ya combien de personnes là en ce moment ?
 
En ce moment ya… Ma section c’est 10 personnes là. Et l’autre coté jpense yen a 15.
(…)
 
Et du coup tu disais qu’avec la police et la nourriture… Tu parlais de la police et de la nourriture avant.
 
Ouais la police en fait, à partir du grand chef qui est là. Parce que je vais te dire un exemple qu’il m’a fait moi le plus grand chef avant-hier.
J’avais un copain à moi il était très mal parce qu’il fait mal aux dents.
[passage inaudible] Lui tape à la porte, mon copain, et nous on approchait aussi un peu à coté là-bas. Et moi j’ai pas dit aucun mot, il est sorti lui le grand chef. En civil, c’était un civil. Parlé avec moi lui juste à approcher à coté de lui.
Et il dit « toi qu’est-ce qu’il y a ? Pourquoi tu regardes? » Bouge ton cul ! » Il me dit. Il tapait les grilles comme ça vite, pour menacer t’as compris. Voilà.
 
Moi après je suis descendu, j’ai pas parlé avec lui, il était très énervé.
 
On peut pas faire rien avec eux parce qu’ils sont la police. Ils font comme ils veulent.
 
Et du coup tu parlais de la nourriture, est-ce que tu veux en parler là ?
 
Oui la nourriture c’est pas bon du tout. La nourriture c’est pas bon. Ils nous filent des choses qui sont terminées et des choses que ça se mange pas. Nous on mange pas ça. On mange parce qu’on a pas de manger. Yen a des fois ou on mange juste pain avec de la mayonnaise. Parce que autre chose que eux ils font là ils sont pas bon. Nous on mange pas ça. Et on jette.
 
Par exemple, aujourdhui on a mangé des gateaux petits et ils étaient terminés ça fait, la date de terminaison c’était 5 jours avant.
 
Et ça se passe comment au niveau des audiences en ce moment du coup ?
 
Ils nous appelent, on part en audience, on part pas au juge. Ya pas de juge. On voit pas le juge.  On voit pas l’avocate. On voit pas rien du tout.
 
Du coup t’es face à un ordinateur encore ?
 
Ouais c’est avec un ordinateur.
 
Et.. du coup est-ce que vous vous organisez au sein du centre de rétention un petit peu ?
 
Nous ouais on reste tous ensemble à discuter pour passer le temps un petit peu. Parce que on a pas d’autre choix. On a pas d’activité ici. On a pas aucune chose euh pour faire une activité. Pour passer le stress ou les choses.
Normalement on n’est pas prisonniers nous, parce qu’on n’est pas en prison ici.
 
Est-ce que tu veux parler d’autre chose ?
 
Oui jveux parler jveux parler que la justice par exemple.. Jveux dire que la justice elle doit pareil, pour tout le monde pareil. Pas comme euh.. Par exemple yen a des personnes qui viennent ici comme il y avait des Albanais il avait condamné 90 jours pour qu’ils organisent l’expulsion. Moi par exemple j’avais l’adresse j’avais tout et garantie des personnes qui sont avec moi ici j’avais OQTF juste un an et demi, et le juge il m’a refusé. Et lui il est sorti. Il y a pleins de gens qui sortent d’ici.
Ça veut dire il s’en fout le juge ! Ça veut dire la justice c’est pas pareil ! Nan ils font comment ils veulent.
 
Et en plus j’vais parlé de ça, de la santé, des infirmières, du docteur. Ici ya juste une infirmière ici. Le docteur ont le voit pas. Quand les personnes elles sont mal, elle dit il faut que on attend le docteur.
Quand il vient le docteur enfin après quatre jours il donne par exemple si nous sommes mal, juste doliprane quelque chose comme ça. Il s’en fout ! Ya pas de dentiste ya pas… Par exemple si tu veux mourir ici dans la nuit, tu peux mourir là. Dans la nuit ya pas de docteur ya pas d’infirmière, ya pas de rien du tout ! T’es enfermé là.
Par exemple, mon pote, mon ami, il était très mal  à cause des dents il était presque pour mourir. Il tape à la porte, arrivé le chef et on a appelé même nous même on a appelé l’ambulance aussi, extérieur. Et et elle nous a dit « on peut pas faire rien parce que ya pas de … Ya pas de dentiste »
Comment ya pas de dentiste ? Lui, il est très mal il faut, il faut donner un, comment ça s’appelle ça, un calmant pour calmer le douleur non ?
Voilà et ils laissent tout comme ça.
 
D’accord, ya d’autres personnes qui sont trop mal à l’interieur du centre de rétention ?
 
Yen a lui qui a très mal aux dents, maintenant il commence euh parce que il a fait trop de bruit ! Ça fait une semaine il a fait du bruit, une embrouille avec la police avec les infirmièr-es et tout ça. Maintenant il doit donner les calmants ça pour calmer les douleurs et [passage inaudible]. Après une semaine !
Il est gonfflé de les… du visage.
 
Les personnes qui sont… Les personnes qui sont libérées là, est-ce que c’est suite à des demande de remises en liberté collectives ?
 
Ouais ici qui s’occupe de ça yen a le forum là, forum qui fait les papiers et le juge. Forum il fait les papiers et on va au juge. Après les juge ils font le jugement.
 
Ok d’accord, tu veux rajouter quelque chose ?
 
Non juste ce que je disais tout à l’heure. J’espère que ça va améliorer les choses ici. Qu’ils vont mettre comme il faut nos droits. Pour avoir nos droits comme il faut.
Traiter nous comme comme euh… Nous on n’est pas comme ils veulent. On n’est pas des chiens on n’est pas… Même les chiens normalement il sont traités, il sont traités mieux ! C’est c’est c’est un animal. « 

Contre la construction d’un nouveau centre de rétention administrative à Lyon, mobilisons nous !

Lien vers l’article : https://rebellyon.info/o-Contre-la-construction-d-un-nouveau-22218

Le centre de rétention adminisrative (CRA) actuel de Lyon se trouve à Colombier Saugnieu, juste à côté de l’aéroport de Lyon Saint Exupéry. Il a été créé en 1995 dans un ancien hôtel Formule 1. Après un premier aggrandissement en 2019, il est prévu d’en ouvrir encore un autre en 2022…

Les centres de rétention administrative sont des prisons pour étrangèr·es. Bien qu’ils ne soient pas désignés comme tels officiellement, ce sont des lieux d’enfermement où les violences policières, les menaces et les humiliations sont quotidiennes. L’État y enferme les personnes qu’il considère comme en situation irrégulière sur le territoire français. Les prisonnièr·es peuvent y être détenu·es jusqu’à 90 jours, à l’issue desquels iels sont soit déporté·es soit incarcéré·es en maison d’arrêt, soit relâché·es (tout en restant sous la menace constante d’une nouvelle arrestation).

En 2018, plus de 45 000 personnes ont été enfermées dans les 24 centres de rétention de France métropolitaine et outre mer. Cette année-là, 480 nouvelles places ont été créées, en aménageant les CRA existants, mais aussi en les agrandissant comme à Nîmes, Vincennes, Coquelles ou Lyon. En novembre 2019, le gouvernement a annoncé la construction de trois nouveaux CRA à Olivet (proche d’Orléans), Bordeaux et Lyon, avec pour objectif d’augmenter toujours plus les capacités d’enfermement. Ce sont les premières constructions de CRA depuis près de dix ans. L’État s’emploie à enfermer, torturer et expulser toujours plus les étrangèr.es. Et il ne lésine pas dans la guerre qu’il mène contre les personnes qui n’ont pas les « bons » papiers.

Le CRA actuel de Lyon se trouve à Colombier Saugnieu, juste à côté de l’aéroport de Lyon Saint Exupéry. Il a été créé en 1995 dans un ancien hôtel Formule 1. Il a été agrandi en 2019, pour arriver à une capacité de 140 places. Il est « géré » par la Police aux Frontières (PAF) et par Forum Réfugié, association à laquelle l’Etat sous-traite un prétendu « accompagnement juridique », mais dont le rôle réel est de collaborer à la machine à enfermer et à expulser. En 2018, 1 498 adultes et 2 enfants y ont été enfermés, dont 92 % d’hommes et 8 % de femmes, selon le rapport annuel des associations qui interviennent dans les centres de rétention.
 
Le début des travaux du nouveau CRA est annoncé pour mai 2020. L’ouverture est prévue pour 2022. Il devrait être construit à proximité immédiate du CRA actuel, sur un terrain appartenant à Vinci, comme toute la zone autour de l’aéroport. Le budget estimé est de 12,5 millions d’euros, sa surface de 3200 m2, et sa capacité de 140 places. 
 
Nombre d’entreprises privées collaborent avec l’État et travaillent à maintenir le système des CRA. Entre la réouverture des CRA de Hendaye et de Geispolsheim, l’extension des CRA de Nîmes et de Coquelles, et le lancement des nouvelles constructions, les appels à projets fleurissent sur les plateformes d’annonces de marchés publics, et les promoteurs immobiliers constructeurs de taules partent à la cueillette des contrats juteux. Une poignée d’entreprises se partagent le marché : Eiffage, Thémis – FM [filiale Bouygues], Gepsa [filiale d’Engie], Sodexo, Spie Batignolles. À Lyon, la “réalisation” du nouveau CRA a été attribuée à Eiffage, censée être assisté par l’entreprise ICAMO, qui sur son site internet place la construction d’un CRA dans la rubrique “Sureté”, et qui a déjà géré des chantiers pour la prison de Saint-Quentin Fallavier.
 
À Olivet, près d’Orléans, l’ouverture est prévue pour 2023, et le coût total estimé à treize millions d’euros. Un collectif s’est monté, et une mobilisation a d’ores et déjà commencé. Le 4 avril, une manifestation devait avoir lieu à Orléans. 
 
La pandémie de Covid-19 apporte de nouveaux éléments à la situation. Dans les centres de rétention, les conditions d’enfermement étaient déjà merdiques, elles se sont encore plus dégradées : aberration d’être enfermé·es – en temps normal – mais encore plus alors que les déportations ne peuvent plus avoir lieu (plus d’avions, frontières fermées) ; parloirs interdits accentuant l’isolement ; impossibilité de respecter les « gestes-barrières » quand les cellules sont bondées ; impossibilité de « se défendre » correctement face au système judiciaire répressif, audiences au tribunal se déroulant sans les prisonnièr·es ; inquiétudes face aux incertitudes et tensions ; flics de la PAF qui peuvent entrer/sortir et diffuser le virus…. La machine à expulser ne peut plus fonctionner le système CRA montre donc son vrai visage : celui d’enfermer/torturer les personnes qui n’ont pas les bons papiers, quand bien même l’Etat et la PAF ne peuvent plus les déporter. En clair, Il faut continuer à enfermer, tant pis pour elleux s’iels crèvent.

Dans de nombreux centres, des prisonnièr·es se sont mobilisé·es, parfois en entrant en grève de la faim, pour exiger leur libération immédiate ; en faisant sortir leurs paroles à l’extérieur ; en bloquant les cours et les promenades. Bien que des détenu·es aient été libéré·es au cas par cas, les arrestations ont continué et de nombreuses personnes ont continué d’être incarcérées.

Le confinement et les politiques répressives et sécuritaires qui l’accompagnent rendent très difficile toute forme de mobilisation collective. De nombreux chantiers sont à l’arrêt, mais d’autres continuent coûte que coûte, au mépris de la protection de le santé des travailleur·euses, et il y a de fortes chances que ce soit le cas pour la construction du nouveau CRA. Il nous faut donc informer au maximum sur la construction qui se prépare, commencer dès maintenant à nous organiser collectivement, et nous tenir prêt·es à nous mobiliser rapidement, dès que ce sera possible, pour que cette nouvelle prison ne voie par le jour.

À bas les cra, à bas les frontières, soutien à tous·tes les prisonnièr·es !

CRA de Lyon Saint-Exupéry, 3 mois de prison ferme pour un matelas

[ On relaye ici un article du site rebellyon.info]

Le jeudi 16 août dernier, la PAF a une fois de plus tabassé des prisonniers du Centre de Rétention Administratif de Lyon-St-Exupéry. Des personnes se sont retrouvées à terre, gravement blessées, pendant que d’autres appelaient à l’aide. Les keuf.es les ont parquées pendant plusieurs heures, et bien évidemment, iels n’ont fait venir aucune assistance médicale malgré les appels. Pour se faire entendre, T., emprisonné au CRA, met le feu à un matelas. Il a été jugé le lundi 19 août en comparution immédiate, et a été condamné à 3 mois de prison avec maintien en détention. Résumé de l’audience.

La juge procède à l’habituel épluchage de l’identité du prévenu et son ton suspicieux quant à la présence de l’interprète présage déjà de l’issue de l’audience… T. comparait « pour avoir à Colombier-Saugnieu le 15 août dernier détruit volontairement un bien, en l’espèce en mettant le feu à un matelas appartenant a priori au centre de rétention administrative, et ce en état de récidive légale ».

Le prévenu a reconnu les faits. Mais la juge ne peut s’empêcher d’y aller de sa propre interprétation scénique pour rendre l’histoire encore plus croustillante… Elle raconte donc qu’en plus il a été filmé, qu’on le voit très clairement sur la vidéo surveillance, qu’on voit très bien le déroulé, etc. (en même temps, avec près de 100 caméras dans tout le CRA, c’est difficile de les éviter, enfin sauf quand ça arrange les keuf.es bien sûr…). Elle conclut finalement : « Heureusement il n’y a pas eu de décès ». Cependant, madame semble étonnée par ce qu’elle considère comme le « contexte assez particulier » (mais en vrai tout à fait habituel) de cette soirée-là au sein du CRA… En fait, au moment de regagner leurs cellules, les détenus ont refusé et les flics les ont matraqués; ce qu’elle traduira par « Au moment où chacun devait regagner sa chambre entre guillemets, il y a eu une opposition, un refus de la part des retenus, ça s’est un peu agité, il y a eu des violences, ce qui a donné lieu à cette réaction ».

T. a expliqué dans sa déclaration les raisons de son geste : des violences ayant été commises par les policier.es sur d’autres retenus, une personne est blessée et perd du sang. Il signale la blessure mais personne n’intervient. Pour alerter l’attention, il met le feu au matelas. « Y a d’autres manières moins dangereuses pour attirer l’attention », rétorque-t-elle toujours aussi sarcastique… T. explique que pendant le temps de prière, les policier.es s’amusaient à allumer-éteindre-allumer la lumière. La juge se réfère au PV des flics et joue les étonnées : « Y avait pas une panne d’électricité? » …

Pour continuer dans la mauvaise foi elle cherche d’autres arguments pour pouvoir le coincer… Elle se lance donc dans le décryptage psychologique de l’attitude de T. sur les vidéos; et au cas où ce ne serait pas suffisant, elle invoque également ses antécédents judiciaires et finit, conquérante, par le coup de la culpabilisation : « Tout justifie donc que vous employiez des moyens aussi dangereux qui peuvent avoir des répercussions et des conséquences terribles? ».

C’est au tour du procureur d’entrer en scène : lui aussi s’attarde sur les éléments de personnalité, mais il manie surtout l’art de l’emphase : « C’est à trois reprises qu’il va s’en prendre à ce matelas »… Concernant la personne blessée, il commente « nous n’avons pas d’élément qui vient corroborer ». Il ressort lui aussi le coup de l’élec et parle d’un « incident technique ». Il conclut : « Rien ne peut justifier de tels troubles », « Ce genre de comportement perturbe le fonctionnement du centre de rétention ». Il demande 3 mois fermes avec maintien en détention.

L’avocate de T. explique que compte-tenu de ses antécédents, il savait ce qu’il risquait en mettant le feu, mais qu’il s’agit-là d’un « acte désespéré ».

La juge donne la parole à T. :

  • T. : «La personne qui était par terre saignait, elle était en danger de mort»
  • Juge : «Merci, la décision sera rendue à la prochaine suspension.»

Voilà, merci, au revoir.
Verdict : 3 mois de prison avec maintien en détention.
Un énième procès, une énième mascarade, une énième peine de prison. Les audiences défilent, mêmes scénarios, mêmes acteur-ices. On ne change pas une équipe qui gagne…

Mais gagner jusqu’à quand?

Partout et tous les jours, dans les CRA de France et d’ailleurs, les prisonnier-es se révoltent, luttent et se défendent (grèves de la faim, refus de rentrer en cellules, communiqués…). Mais la résistance a un prix, c’est un énième prétexte à la surenchère dans la répression qu’iels subissent déjà au quotidien dans le système CRA. Car non, les « pannes d’électricité » n’existent pas dans les prisons de l’Etat, pas plus que n’existe la justice qui l’accompagne…

A bas les CRA, à bas les frontières et soutien à tous.tes les prisonnier.es!

 

Lien vers l’article :

https://rebellyon.info/CRA-de-Lyon-Saint-Exupery-3-mois-de-21018

CRA de Lyon : vidéo de la répression policière que subissent les détenu.es

[Article initialement publié sur Rebellyon.info]

Vendredi 16 août, les prisonnier.es du centre de rétention (CRA) de Lyon, au pied de l’aéroport Saint-Exupéry, ont entamé une grève de la faim. La veille, les flics les ont matraqués au sein du CRA. Une vidéo est sortie pour témoigner de ce qui se passe à l’intérieur.

Jeudi 15 août au soir, les keufs ont éteint les lumières des cellules à 22h. Iels ont matraqué les personnes à l’intérieur, ont blessé des personnes…
Une vidéo est sortie du CRA. Ces images sont rares et répondent à la volonté des personnes enfermées de montrer ce qui se passe à l’intérieur.

[Vidéo disponible ici]

Vendredi, la galère continuait avec gazage massif à la lacrymo et le parcage des personnes dans la cour, puis de certains dans une cage dans la cour.

Grosse force à elleux dans la lutte qu’iels mènent et face à la répression qu’iels subissent
Feu aux frontières, aux prisons, aux CRA qui compile les deux et à ce système d’enfermement raciste !

AUJOURD’HUI GREVE DE LA FAIM AU CRA DE LYON SAINT-EXUPERY !

Les prisonnier-e-s du Centre de rétention – CRA de Lyon ont entamé-e-s une grève de la faim ce midi du coté bleu et du coté jaune !

Hier soir les keufs ont éteind les lumières des chambres à 22h. Ils ont matraqués les personnes à l’intérieur.
Aujourd’hui la galère continue avec gazage massif à la lacrimo et le parcage des personnes dans la cour, puis de certains dans une cage dans la cour.

Grosse force à elleux dans la lutte qu’iels entament et la répression qu’iels subissent
Feu aux frontières, aux prisons, aux CRA qui compile les deux et à ce syteme d’enfermement raciste !

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TODAY HUNGER STRIKE IN THE RETENTION CENTER OF LYON SAINT-EXUPERY

The retention center’s prisonners next to Lyon near the airport begun at midday an hunger stike in the blue and yellow side!

Yesterday evening, cops put off the light in the bedroom. They clubbed person inside.
Today the pain continu with massif tear gas and the enclossing in the courtyard.

Lot of strenght to them in the fight they began and the suppression they are enduring
Fire to the borders, to jails, to the retention center which is the both of them and to this racist system of imprisonnement !

TODAVIA HUELGA DE HAMBRE AL CENTRO DE RETENCION DE LYON SAINT-EXUPERY

Los prisionerxs del centro de retencion de Lyon empezaron une huelga de hambre al mediodia del lado azul y amarillo.

Ayer por la tarde, la policia apagaron las luces de los cuartos.
Ellxs apporearon las personas.
Todavia, el infierno continua con los gas lacrymogenos y el encarcelamiento de personas en el patio, depues en une jaula para unos de ellos.

Mucha fuerza para ellxs en la lucha que estan comienzandos y la represion que estan aguantando
Fuego a las frontieras, a las carceles, y a los centros de retencion que representan estas dos cosas y a todo esta systema de reclusion racista !

Tentatives d’évasion, interpellations et répression au CRA de Lyon : appel à un rassemblement de soutien le vendredi 3 mai

Des tentatives d’évasion ont eu lieu au CRA de St-Exupéry le samedi 13 avril. Les flics ont interpellé 4 personnes et les ont tabassées, certaines ont dû aller à l’hôpital et ont été mises en garde à vue.
En soutien aux prisonnier.es qui subissent la répression des flics, de l’Etat et de la justice, appel à rassemblement devant le TGI de Lyon (67 rue Servient, 69003) ce vendredi 3 mai à 13h45.

Ces personnes sont aujourd’hui accusées de tentative d’évasion et de dégradation de biens publics. Elles ont été déférées au TGI le jeudi 18 avril. L’audience a été reportée au vendredi 3 mai, car l’une des personnes n’avait pas d’avocat. Alors que les personnes sont déjà enfermées depuis plusieurs semaines au CRA, la juge a décidé de les enfermer (!) à la prison de Villefranche jusqu’au procès.

Ce procès est strictement politique : il participe pleinement au système CRA. Il cherche à punir les personnes sans-papiérisées qui essaient d’échapper à une mesure juridique raciste et répressive. En effet, la mise en rétention est actée par le JLD sous demande de la préfecture, et toute personne qui tente de s’y soustraire se retrouve à nouveau criminalisée par ce même système judiciaire. Ce dernier déplace alors le lieu d’enfermement du CRA à une maison d’arrêt, pour ensuite les réemprisonner immédiatement au CRA.

Le but de ces procès est de maintenir l’enfermement des étranger.es pour lesquel.les toute tentative d’y échapper est réprimée.

En soutien aux prisonnier.es qui subissent la répression des flics, de l’Etat et de la justice, appel à rassemblement devant le TGI de Lyon (67 rue Servient, 69003) ce vendredi 3 mai à 13h45.

 

https://rebellyon.info/Appel-a-rassemblement-pour-le-proces-des-20608