“Ici on est pas des esclaves” : GREVE DE LA FAIM EN COURS AU CRA DE MESNIL !

Article sur : https://abaslescra.noblogs.org/ici-on-est-pas-des-esclaves-greve-de-la-faim-en-cours-au-cra-de-mesnil/

« Quelques heures après la fin de la grande marche des sans-papiers, les prisonniers du CRA de Mensil-Amelot répondent en lançant une grève de la faim.

On était des milliers dans la rue aujourd’hui à Paris pour exiger la régularisation de toustes les sans-papiers et l’abolition des centres de rétention. A l’intérieur et à l’extérieur de ces prisons, la lutte continue : soyons solidaires avec les prisonniers et les prisonnières !

Voici le témoignaige d’un prisonnier en lutte, à faire tourner au max.

A BAS LES CRA ! »

« On fait une grève de la faim pour plusieurs raisons :

– les gens qui font 90 jours puis on les envoie en garde à vue, puis on les ramène pour 90 jours à nouveau. Par exemple les Tunisiens : pour un refus de test ils t’envoient en prison, tu te prends une condamnation de 3 ans ! Ou alors tu fais 90 jours, puis on te ramène en prison quelques temps, puis on te ramène au CRA encore 90 jours, ça c’est pas possible.

– les algériens : on les met en CRA alors que les frontières sont fermées. Pourquoi ? Ils disent “oui on te met en CRA parce que ça va bientôt réouvrir” mais c’est pas vrai on voit les informations on voit que partout il y a le Covid, ici il y a le couvre feu, en Tunisie par exemple encore pire il y a le couvre feu et les hôpitaux qui sont pleins.

– alors qu’il y a le Covid ici il ramènent des vieux, ils font pas de test, ils ramènent n’importe qui, chaque jour ils ramènent des gens. Un vieux a 79 ou 80 ans vous imaginez il a peut-être même vécu la guerre ?

– La nourriture est pas bonne, ils nous crient dessus, ils tabassent les gens. Il se passe des trucs de ouf ici, ils tabassent les gens, il y a pas de chauffage dans les cellules vous imaginez ? J’ai une seule couverture à l’heure où je vous parle.

C’est pour ça que les gens font la grève de la faim ici. Ils veulent que quelqu’un écoute, un magistrat, les journalistes. Ils veulent montrer, envoyer un message, que les gens nous voient. On est pas comme les autres centres ici c’est pire. Par exemple pour venir te voir au parloir, personne ne vient, c’est trop loin et trop compliqué pour venir, et le comportement des policiers fait que les gens ne reviennent pas. Imagine la personne fait un long chemin pour venir, il te ramène de la bouffe, et ici on leur dit que c’est pas possible et on jette la bouffe dans la poubelle !

Toutes les nationalités ici font la grève. Tout le monde fait la grève dans le bâtiment 3, 4, 5, 6, 7 et 8. On a envoyé le message au CRA 2 on va voir comment ça va se passer.

On va faire une grève de la faim jusqu’à ce que quelqu’un nous entende. Ici on est pas des esclaves, c’est fini l’esclavage, ici on vit comme des merdes.  »

« Parce qu’ici c’est la… pas bien du tout. On est en prison ici. » Témoignage d’E, prisonnier au CRA de Saint-Exupéry, 23/05/20

Je vous disais parce qu’ici c’est la… pas bien du tout.
On est en prison ici.
Ça se passe pas du tout ici. Avec les surveillants avec les.. la bouffe. Avec les… C’est tout sale. Tout est sali ici [non audible] tu prendre une infection là.
Ils mettent les personnes yen a pas de masques yen a pas aucune chose par rapport le covid19.
Il y a un directeur, toutes les personnes ils les mettent ensemble. Trois quatre personnes par chambre. Normalement la loi elle dit il faudrait être une personne par chambre.
Ça se passe pas du tout ! Ils nous considèrent comme des chiens ici.
Et ya combien de personnes là en ce moment ?
En ce moment ya… Ma section c’est 10 personnes là. Et l’autre coté jpense yen a 15.
(…)
Et du coup tu disais qu’avec la police et la nourriture… Tu parlais de la police et de la nourriture avant.
Ouais la police en fait, à partir du grand chef qui est là. Parce que je vais te dire un exemple qu’il m’a fait moi le plus grand chef avant-hier.
J’avais un copain à moi il était très mal parce qu’il fait mal aux dents.
[passage inaudible] Lui tape à la porte, mon copain, et nous on approchait aussi un peu à coté là-bas. Et moi j’ai pas dit aucun mot, il est sorti lui le grand chef. En civil, c’était un civil. Parlé avec moi lui juste à approcher à coté de lui.
Et il dit « toi qu’est-ce qu’il y a ? Pourquoi tu regardes? » Bouge ton cul ! » Il me dit. Il tapait les grilles comme ça vite, pour menacer t’as compris. Voilà.
Moi après je suis descendu, j’ai pas parlé avec lui, il était très énervé.
On peut pas faire rien avec eux parce qu’ils sont la police. Ils font comme ils veulent.
Et du coup tu parlais de la nourriture, est-ce que tu veux en parler là ?
Oui la nourriture c’est pas bon du tout. La nourriture c’est pas bon. Ils nous filent des choses qui sont terminées et des choses que ça se mange pas. Nous on mange pas ça. On mange parce qu’on a pas de manger. Yen a des fois ou on mange juste pain avec de la mayonnaise. Parce que autre chose que eux ils font là ils sont pas bon. Nous on mange pas ça. Et on jette.
Par exemple, aujourdhui on a mangé des gateaux petits et ils étaient terminés ça fait, la date de terminaison c’était 5 jours avant.
Et ça se passe comment au niveau des audiences en ce moment du coup ?
Ils nous appelent, on part en audience, on part pas au juge. Ya pas de juge. On voit pas le juge.  On voit pas l’avocate. On voit pas rien du tout.
Du coup t’es face à un ordinateur encore ?
Ouais c’est avec un ordinateur.
Et.. du coup est-ce que vous vous organisez au sein du centre de rétention un petit peu ?
Nous ouais on reste tous ensemble à discuter pour passer le temps un petit peu. Parce que on a pas d’autre choix. On a pas d’activité ici. On a pas aucune chose euh pour faire une activité. Pour passer le stress ou les choses.
Normalement on n’est pas prisonniers nous, parce qu’on n’est pas en prison ici.
Est-ce que tu veux parler d’autre chose ?
Oui jveux parler jveux parler que la justice par exemple.. Jveux dire que la justice elle doit pareil, pour tout le monde pareil. Pas comme euh.. Par exemple yen a des personnes qui viennent ici comme il y avait des Albanais il avait condamné 90 jours pour qu’ils organisent l’expulsion. Moi par exemple j’avais l’adresse j’avais tout et garantie des personnes qui sont avec moi ici j’avais OQTF juste un an et demi, et le juge il m’a refusé. Et lui il est sorti. Il y a pleins de gens qui sortent d’ici.
Ça veut dire il s’en fout le juge ! Ça veut dire la justice c’est pas pareil ! Nan ils font comment ils veulent.
Et en plus j’vais parlé de ça, de la santé, des infirmières, du docteur. Ici ya juste une infirmière ici. Le docteur ont le voit pas. Quand les personnes elles sont mal, elle dit il faut que on attend le docteur.
Quand il vient le docteur enfin après quatre jours il donne par exemple si nous sommes mal, juste doliprane quelque chose comme ça. Il s’en fout ! Ya pas de dentiste ya pas… Par exemple si tu veux mourir ici dans la nuit, tu peux mourir là. Dans la nuit ya pas de docteur ya pas d’infirmière, ya pas de rien du tout ! T’es enfermé là.
Par exemple, mon pote, mon ami, il était très mal  à cause des dents il était presque pour mourir. Il tape à la porte, arrivé le chef et on a appelé même nous même on a appelé l’ambulance aussi, extérieur. Et et elle nous a dit « on peut pas faire rien parce que ya pas de … Ya pas de dentiste »
Comment ya pas de dentiste ? Lui, il est très mal il faut, il faut donner un, comment ça s’appelle ça, un calmant pour calmer le douleur non ?
Voilà et ils laissent tout comme ça.
D’accord, ya d’autres personnes qui sont trop mal à l’interieur du centre de rétention ?
Yen a lui qui a très mal aux dents, maintenant il commence euh parce que il a fait trop de bruit ! Ça fait une semaine il a fait du bruit, une embrouille avec la police avec les infirmièr-es et tout ça. Maintenant il doit donner les calmants ça pour calmer les douleurs et [passage inaudible]. Après une semaine !
Il est gonfflé de les… du visage.
Les personnes qui sont… Les personnes qui sont libérées là, est-ce que c’est suite à des demande de remises en liberté collectives ?
Ouais ici qui s’occupe de ça yen a le forum là, forum qui fait les papiers et le juge. Forum il fait les papiers et on va au juge. Après les juge ils font le jugement.
Ok d’accord, tu veux rajouter quelque chose ?
Non juste ce que je disais tout à l’heure. J’espère que ça va améliorer les choses ici. Qu’ils vont mettre comme il faut nos droits. Pour avoir nos droits comme il faut.
Traiter nous comme comme euh… Nous on n’est pas comme ils veulent. On n’est pas des chiens on n’est pas… Même les chiens normalement il sont traités, il sont traités mieux ! C’est c’est c’est un animal. « 

Fermons les CRA, Covid ou pas

Lien vers l’article sur rebellyon : https://rebellyon.info/Fermons-les-CRA-covid-ou-pas-22232

 » Il y a un mois dans le contexte de l’épidémie de Covid-19 qui déferlait en Europe, certains articles de presse ont rapidement évoqué la situation dans les lieux de privation de liberté : CRA, maisons d’arrêt, maisons centrales. Dans cet espace médiatique, quatre des associations qui gèrent les prisons pour étrangèrEs (CRA) et qui participent à la politique migratoire raciste et répressive et de l’État lançaient soudainement un appel à leur fermeture temporaire.

Elle n’est évidemment que temporaire. L’intervention dans les centre de rétention représente l’obtention de marchés publics s’élevant à plusieurs milliers d’euros. Pour ces associations la présence dans les CRA signifie des financements conséquents. L’objectif de cette fermeture temporaire est de préserver leurs salarieEs qui répriment et trient les migrantEs. Ce n’est clairement pas par souci des prisonnierEs qu’iels ont elleux-mêmes enfermé.

Le danger pour les PrisonnierEs est inhérent à l’enfermement.
Ce n’est pas le virus qui doit justifier la fermeture des centres de rétention mais bien l’existence même d’un système qui enferme, torture et déporte les sans-papiériséEs.
Cinq personnes sont mortes entre les murs des CRA en France depuis 2017 dont trois depuis août dernier. Des dizaines y sont actuellement malades. Ces associations assurent, organisent et protègent l’enfermement, les pires conditions de détentions, les violences policières, les vols, les tabassages, les humiliations, les viols, le refus de soin et la mise en danger médicale… tout ce qui structure les CRA.

Le droit à la santé (mentale ou physique) ne pourra jamais être assuré pour des personnes enferméEs, Covid19 ou pas. La violence est inhérente à l’enfermemement. Cette pandémie ajoute une violence supplémentaire pour les prisonnierEs.

Aucune valeur n’est à accorder à cet appel comme à tout appel provenant d’associations qui organisent la répression, le tri, le fichage, la déportation des migrantEs (Forum Réfugiés, Cimade, ASSFAM, France Terre d’Asile, Ordre de Malte…)

Depuis la publication de cet appel, de nombreuses associations sont retournées dans les CRA ou continuent leur répression par télétravail. Actuellement, de nombreuxses personnes continuent d’être enferméEs, dont minimum une trentaine à Lyon.

Personne ne peut se réjouir d’une fermeture provisoire, personne ne doit être enferméE ni sanspapiériséE, les CRA ne doivent tout simplement pas exister.

En tout temps, à bas les prisons et les frontières, et solidarité avec touxtes les prisonnierEs.  »

Contre la construction d’un nouveau centre de rétention administrative à Lyon, mobilisons nous !

Lien vers l’article : https://rebellyon.info/o-Contre-la-construction-d-un-nouveau-22218

Le centre de rétention adminisrative (CRA) actuel de Lyon se trouve à Colombier Saugnieu, juste à côté de l’aéroport de Lyon Saint Exupéry. Il a été créé en 1995 dans un ancien hôtel Formule 1. Après un premier aggrandissement en 2019, il est prévu d’en ouvrir encore un autre en 2022…

Les centres de rétention administrative sont des prisons pour étrangèr·es. Bien qu’ils ne soient pas désignés comme tels officiellement, ce sont des lieux d’enfermement où les violences policières, les menaces et les humiliations sont quotidiennes. L’État y enferme les personnes qu’il considère comme en situation irrégulière sur le territoire français. Les prisonnièr·es peuvent y être détenu·es jusqu’à 90 jours, à l’issue desquels iels sont soit déporté·es soit incarcéré·es en maison d’arrêt, soit relâché·es (tout en restant sous la menace constante d’une nouvelle arrestation).

En 2018, plus de 45 000 personnes ont été enfermées dans les 24 centres de rétention de France métropolitaine et outre mer. Cette année-là, 480 nouvelles places ont été créées, en aménageant les CRA existants, mais aussi en les agrandissant comme à Nîmes, Vincennes, Coquelles ou Lyon. En novembre 2019, le gouvernement a annoncé la construction de trois nouveaux CRA à Olivet (proche d’Orléans), Bordeaux et Lyon, avec pour objectif d’augmenter toujours plus les capacités d’enfermement. Ce sont les premières constructions de CRA depuis près de dix ans. L’État s’emploie à enfermer, torturer et expulser toujours plus les étrangèr.es. Et il ne lésine pas dans la guerre qu’il mène contre les personnes qui n’ont pas les « bons » papiers.

Le CRA actuel de Lyon se trouve à Colombier Saugnieu, juste à côté de l’aéroport de Lyon Saint Exupéry. Il a été créé en 1995 dans un ancien hôtel Formule 1. Il a été agrandi en 2019, pour arriver à une capacité de 140 places. Il est « géré » par la Police aux Frontières (PAF) et par Forum Réfugié, association à laquelle l’Etat sous-traite un prétendu « accompagnement juridique », mais dont le rôle réel est de collaborer à la machine à enfermer et à expulser. En 2018, 1 498 adultes et 2 enfants y ont été enfermés, dont 92 % d’hommes et 8 % de femmes, selon le rapport annuel des associations qui interviennent dans les centres de rétention.
 
Le début des travaux du nouveau CRA est annoncé pour mai 2020. L’ouverture est prévue pour 2022. Il devrait être construit à proximité immédiate du CRA actuel, sur un terrain appartenant à Vinci, comme toute la zone autour de l’aéroport. Le budget estimé est de 12,5 millions d’euros, sa surface de 3200 m2, et sa capacité de 140 places. 
 
Nombre d’entreprises privées collaborent avec l’État et travaillent à maintenir le système des CRA. Entre la réouverture des CRA de Hendaye et de Geispolsheim, l’extension des CRA de Nîmes et de Coquelles, et le lancement des nouvelles constructions, les appels à projets fleurissent sur les plateformes d’annonces de marchés publics, et les promoteurs immobiliers constructeurs de taules partent à la cueillette des contrats juteux. Une poignée d’entreprises se partagent le marché : Eiffage, Thémis – FM [filiale Bouygues], Gepsa [filiale d’Engie], Sodexo, Spie Batignolles. À Lyon, la “réalisation” du nouveau CRA a été attribuée à Eiffage, censée être assisté par l’entreprise ICAMO, qui sur son site internet place la construction d’un CRA dans la rubrique “Sureté”, et qui a déjà géré des chantiers pour la prison de Saint-Quentin Fallavier.
 
À Olivet, près d’Orléans, l’ouverture est prévue pour 2023, et le coût total estimé à treize millions d’euros. Un collectif s’est monté, et une mobilisation a d’ores et déjà commencé. Le 4 avril, une manifestation devait avoir lieu à Orléans. 
 
La pandémie de Covid-19 apporte de nouveaux éléments à la situation. Dans les centres de rétention, les conditions d’enfermement étaient déjà merdiques, elles se sont encore plus dégradées : aberration d’être enfermé·es – en temps normal – mais encore plus alors que les déportations ne peuvent plus avoir lieu (plus d’avions, frontières fermées) ; parloirs interdits accentuant l’isolement ; impossibilité de respecter les « gestes-barrières » quand les cellules sont bondées ; impossibilité de « se défendre » correctement face au système judiciaire répressif, audiences au tribunal se déroulant sans les prisonnièr·es ; inquiétudes face aux incertitudes et tensions ; flics de la PAF qui peuvent entrer/sortir et diffuser le virus…. La machine à expulser ne peut plus fonctionner le système CRA montre donc son vrai visage : celui d’enfermer/torturer les personnes qui n’ont pas les bons papiers, quand bien même l’Etat et la PAF ne peuvent plus les déporter. En clair, Il faut continuer à enfermer, tant pis pour elleux s’iels crèvent.

Dans de nombreux centres, des prisonnièr·es se sont mobilisé·es, parfois en entrant en grève de la faim, pour exiger leur libération immédiate ; en faisant sortir leurs paroles à l’extérieur ; en bloquant les cours et les promenades. Bien que des détenu·es aient été libéré·es au cas par cas, les arrestations ont continué et de nombreuses personnes ont continué d’être incarcérées.

Le confinement et les politiques répressives et sécuritaires qui l’accompagnent rendent très difficile toute forme de mobilisation collective. De nombreux chantiers sont à l’arrêt, mais d’autres continuent coûte que coûte, au mépris de la protection de le santé des travailleur·euses, et il y a de fortes chances que ce soit le cas pour la construction du nouveau CRA. Il nous faut donc informer au maximum sur la construction qui se prépare, commencer dès maintenant à nous organiser collectivement, et nous tenir prêt·es à nous mobiliser rapidement, dès que ce sera possible, pour que cette nouvelle prison ne voie par le jour.

À bas les cra, à bas les frontières, soutien à tous·tes les prisonnièr·es !

BLOCAGE EN COURS DU CRA DU MESNIL-AMELOT, LES PRISONNIERS DEMANDENT LA LIBERATION DE TOUS !!!

 » Les retenus annoncent qu’ils vont passer la nuit dehors et qu’ils entament une grève de la faim !
le 11.04 en soirée
 
« On a bloqué on s’est mis tous dans une cour, c’est à dire les 4 bâtiments qui étaient ouverts dans la cour tous ensemble. Tant qu’ils trouvent pas de solution on bougera pas d’ici ! Tout à l’heure ils nous ont gazé matraqués ils ont des boucliers, depuis tout à l’heure on subit des violences pour rien ! Là ils sont à la sortie de la cour vers la grille matraque à la main, casque et ce qui va avec ! Que les journalistes nous appellent mais là ! Maintenant ! »
 
 
Au centre de rétention de Mesnil Amelot hier soir et ce matin : témoignages audio de la révolte !
le 12.04 au matin

 
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Liberté pour tou-te-s ! Force et soutien aux prisonnier-e-s ! A bas les CRA !! Feu aux frontières !!

« On veut être comme tout le monde à coté de nos proches, notre famille. » – témoignage d’un prisonnier au CRA de Lyon, 11/04/2020

Le CRA de Lyon est loin d’être « fermé » comme le prétendait Forum réfugiés au début du confinement et après de nombreuses libérations. Aujourd’hui une trentaine de personnes y sont enfermées encore, des personnes arrivent tous les jours, d’autres sont libérées. Voici le témoignage d’un prisonnier au CRA de Lyon.


En tout temps, à bas les CRA, les frontieres, les prisons et soutien à tous.x.tes les prisonnier.x.es

 

 » Bonjour tout le monde,

Je suis un retenu au centre adminsitratif à Lyon, ça fait une semaine que je suis là. Ici yen a une trentaine de personnes, de tous les âges.

Ici ya rien, ya rien qui marche.
On peut pas reçu de l’argent. On peut pas reçu des habits. On … on a pas le droit de crier. On a pas le droit de demander une chose. On vit pareil comme les années 1800.
L’hygiene est catastrophe, on a meme pas un shampooing.
On a rien là.

Et après avec le personnel qui travaille ici, il dit que tout ya pas de chambre pour les gens qui sont restés ici plus que 4 jours. Parce que toujours du monde il sort d’ici. Yen a des gens qui sortent, yen a des gens qui restent pendant 28 jours, pareil que moi par exemple.
Il dit que ya pas de chambre. C’est la même. C’est un jeu de casino, avec notre vie.

Si on risque et on est touchés par la maladie c’est dégueulasse partout. Si quelqu’un a la possibilité pour faire un reportage, avec des médias ou… Parce que nous si on a… Si on a la possibilité on envoie et tout le monde va voir comment on vive ici.

On a essayé pour faire la grève, pour demander notre droit et on a rien gagné. Comme ça on a arrêté.
Avec le personnel, avec le forum, avec les infirmier-es, avec tout le monde qui travaille ici on pense qu’ils fait rien pour nous. Parce que c’est ça la vérité.
Ya rien fait. Et nous on est désespérés, ici. On a peur.

On a meme pas de télé.Yen a des chambres qui en a la télé. Yen a des chambres qui ont pas de télé.

On a pas d’argent pour boire un café chaud le matin. Pour acheter un chocolat. C’est le pire du pire, c’est le pire. J’espère ça ça va bientôt finir. Que les autres gens ils souffrent pas comme nous.

Et je sais pas qu’est-ce que je peux vous raconter plus…

– Est-ce que tu veux parler des audiences?

Oui. Les juges marchent comme ça. Quand on est venus ici il a dit que pour 48h vous allez voir le juge. Mais on ne voit personne!

Le premier jugement, on reçu juste un papier, avec le verdict : si tu vas rester ici ou si tu vas être libéré.
Après on a – s’ils te laisse ici dedans, s’ils te condamnent par exemple avec 28 jours – tu as le droit de faire l’appel.
L’appel ca se passe dans… pfff il est même pas en chambre. Jsais pas qu’est-ce qui est.
Et la bas tu es devant une télé? pour entendre mal, pour rien compris! C’est grave.
Et après il te dit que tu vas attendre la réponse par exemple vers 16h – 17h… C’est comme ça l’ambiance des jugements. Il fait comme il veut! Il écoute personne! Et c’est pas les mêmes droits pour tout le monde. Quelqu’un sort, quelqu’un sort pas.
Et quand on demande ils nous disent «t’as pas de chance». «T’as pas de chance de sortir»…

Vous avez une autre question?

– Non, est-ce que tu veux rajouter autre chose?

On a besoin que les gens nous aident!Retour ligne automatique
Ca suffit! On en peut plus! Ca suffit!

On veut être comme tout le monde à coté de nos proches, notre famille.
Parce que c’est, c’est, tout le monde, tout le monde souffre a ce moment, tout le monde! On a peur, quand on sort qu’on trouve pas notre famille, par exemple, notre père, notre mère.

Et personne écoute. Personne écoute.

C’est comme ça.

– Est-ce que tu veux t’arrêter là?

Ca suffit?

– T’en penses quoi?

Ca change quoi?
J’ai dit pour la grève. J’ai dit comment ça se passe.
Jpeux pas! Jpeux pas dire tout! Yen a plein de choses! Tout! Tout! Tout! Plein de choses!
Même pas les.. On a pas pour laver notre lit personnel! Rien qui marche ici! Rien qui marche ici, parce que les gens, c’est le confinement, les gens pfff… Ya pas! Ya rien!
Meme la femme de ménage elle elle vient pas.
On est obligés de rester ici dedans, enfermés.

C’est comme ça la vie.
On mange trois fois par jour. Le matin, le déjeuner et le dîner.
Après à 10h30 on est enfermés dedans. Et on a pas le droit de fumer dedans. Parce qu’on a pas de briquet dedans.

On a … Nous sommes libres! C’est vrai on n’a pas de papiers, on est réfugiés mais nous sommes libres!
On a commis aucune … On n’a pas volé.. On n’a rien fait. Juste parce qu’on n’a pas de papiers on n’a pas de droits. Ici en France il faut que nous on souffre comme ça. C’est la prison.

Et après on attend, on attend, on attend, on attend, que quelqu’un fait quelque chose pour nous mais personne. Personne vient. C’est la vérité.

 


PS : Un moyen de soutenir les personnes incarcérées est de leur téléphoner appeler via les cabines téléphoniques du CRA. En ce moment encore plus que d’habitude, il peut être important de les appeler pour témoigner de notre solidarité. À Lyon, le numéro qui fonctionne est le 04 72 22 09 19. Si vous ne l’avez jamais fait et que vous vous demandez quoi dire, quelques conseils ici.

Solidarité aux prisonnièr·es des centres de rétention : appel à saturer de mails les préfectures en ces temps de confinement !

Article initial : https://rebellyon.info/Solidarite-aux-prisonnier-es-des-centres-22098

Nous relayons un appel lancé par le collectif À bas les CRA (Paris) à saturer de mails les préfectures pour obtenir la libération des prisonnièr·es et la fermeture des Centres de rétention administrative. À partir de vendredi 3 avril, chaque jour à 11h !

 » Le 30 mars au matin tous les prisonniers du bâtiment 9 et 10 et quelques prisonniers du bâtiment 11 du CRA du Mesnil Amelot ont entamé une grève de la faim pour exiger leurs libération immédiate; les prisonniers de Vincennes sont également mobilisés.

La situation dans ces prisons pour sans papiers, comme dans toutes les autres en France, est très dure : parloirs fermés, dégradation des problèmes sanitaires, aucune mesure sanitaire prise.

Nous devons manifester notre solidarité aux personnes enfermées. Le confinement nous empêche de nous rassembler devant les CRA pour manifester cette solidarité, mais en envoyant massivement des mails aux adresses des préfectures on peut montrer qu’on est au courant de ce qui se passe à l’intérieur des CRA et qu’on est toujours là; c’est aussi une manière de ralentir leur sale travail en saturant leurs boites mails et, si on est vraiment nombreux.euses, qui sait, en faisait bugger leur système?

On vous propose d’à partir du VENDREDIAVRIL À 11H, de participer collectivement à l’envoi d’un e-mail (texte plus bas) aux adresses ci-dessous :

pref-eloignement@seine-saint-denis.gouv.fr
pref-eloignement@val-de-marne.gouv.fr
pref-eloignement@hauts-de-seine.gouv.fr
pref-astreinte-eloignement@seine-et-marne.gouv.fr

Il faut envoyer le texte à chaque adresse séparément. Les envois collectifs finissent directement dans les spams. Copiez le texte dans le corps du message. Changer l’objet du mail peut être également une bonne technique.

L’idée est de reproduire l’envoi de ces mails TOUS LES JOURS de 11H à 12H!

Brisons le silence, ne laissons pas isolés les prisonniers en lutte!

Texte à envoyer:

“Au CRA du Mesnil Amelot, les retenus ont entamé une grève de la faim depuis le 30 mars pour protester contre l’enfermement et les conditions qui empirent avec le coronavirus; les retenus de Vincennes restent également mobilisés. A l’intérieur comme à l’extérieur, on continuera à lutter contre vos politiques racistes et contre les CRA qui tuent, torturent, tabassent.

On demande la libération immédiate de tous les retenus et la fermeture du CRA. »

Le communiqué des retenus :

Y a tous le bâtiment 9, 10 qui fait grève de la faim, et quelques
personnes du bâtiment 11.
On demande notre libération immédiate et la fermeture du centre. On a peur de la contamination du coronavirus. Il y a encore de nouvelles arrivées Ici il n’y a pas d’hygiène, donc c’est plus risqué que dans d’autre endroit.
On a contacté la CIMADE, et on lui demande de faire une DML pour tout le monde (demande de remise liberté).
Y a pas de vol, y a rien ici. Pourquoi on est là encore ?
Y a des gens qui se coupent pour sortir d’ici. La police est encore violente avec nous. Depuis qu’on est en grève de faim les policiers n’ont toujours pas répondu.
On veut que des journalistes nous contacte, et que la préfecture décidé de nous libérer le plus rapidement possible.

Les retenus de Mesnil-Amelot le 30 mars 2020

Article complet sur : https://abaslescra.noblogs.org/solidarite-aux-prisonniers-du-mesnil-amelot-et-de-vincennes-appel-a-harceler-les-prefectures-en-ces-temps-de-confinement/

 

À Lyon aussi, des personnes continuent d’être enfermées dans le centre de rétention de Lyon-Saint Exupéry.

Beaucoup de prisonnièr·es ont été libérées, au cas par cas. Mais des personnes continuent d’y être amenées. Vendredi 27 mars, le Conseil d’État a rejeté la demande de fermeture (provisoire…) des CRA le temps de la crise liée au coronavirus, portée par des associations. Actuellement, il semble que les prisonnièr·es soient des personnes qui sortent de maison d’arrêt, c’est-à-dire qui purgent une peine de prison, puis vont être expulsées faute de papiers. Ici aussi, harcelons la préfecture du Rhône pour qu’elle ferme le CRA !

À partir du vendredi 3 avril, et tous les jours de 11h à 12h, soyons nombreux·ses à envoyer un message à la préf via ce formulaire : http://www.rhone.gouv.fr/Contactez-nous

Proposition de texte :

« Au Centre de rétention de Lyon-Saint Exupéry, les prisonnièr·es voient leurs conditions de détention empirer avec le coronavirus. Quelles que soient les circonstances, l’enfermement des étrangèr·es est une politique répressive raciste et injustifiable. Nous exigeons la libération immédiate de tous·tes les prisonnièr·es, ainsi que la fermeture du centre.À l’intérieur comme à l’extérieur, on continuera à lutter contre vos politiques racistes et contre les CRA qui tuent, torturent, tabassent. »

À bas les CRA, à bas les frontières, soutien à tous·tes les prisonnièr·es !