Nouvelles constructions: version blog

3000 places d’enfermement en 2027 ?

Actualité des projets de construction et des luttes contre les CRA

En 2023, après 40 ans de durcissement de lois anti-immigration et de politiques racistes, l’État français, a annoncé un grand plan d’augmentation des capacités de rétention administrative, afin d’atteindre 3000 places en 2027 en Centres de Rétention Administrative (CRA) et Locaux de Rétention Administrative (LRA). Deux ans après ces annonces, où en sont les constructions et les luttes qui sont nées dans les villes concernées ?

Ce texte a été écrit conjointement par différents collectifs qui luttent contres les CRA/ LRA et le racisme d’État. Une version brochure est disponible: https://crametoncralyon.noblogs.org/files/2026/02/texte-actu-constructions-1.pdf

Janvier 2026

CRA ET RACISME D’ETAT

Les centres de rétention administrative sont des prisons pour personnes étrangères, issues du contexte colonial français1. Depuis la légalisation des CRA en 1981, et les premières constructions en 1984 ils sont devenus un rouage indispensable de la répression raciste et carcérale que subissent les personnes étrangères en France. Les CRA se sont multipliés sur tout le territoire, et la durée maximale d’enfermement a été progressivement allongée, passant de 24h en 1981, à 90 jours en 2018.

Les préfectures peuvent également enfermer dans des LRA, lieux où la durée de rétention est de 48 heures avant une expulsion ou un transfert en CRA. Les LRA sont plus difficiles à identifier que les CRA, ils sont créés par arrêté préfectoral et peuvent être localisés dans des commissariats ou des hôtels. En 2023, c’est plus de 200 nouvelles places en LRA qui ont été annoncées. Nous ne disposons pas d’informations précises sur tous les projets.

L’État enferme en théorie pour expulser mais pas seulement. Par exemple les autorités consulaires algériennes ne délivrent plus de laissez-passer depuis des mois mais les juges continuent d’enfermer les ressortissant•es algérien•nes (qui représentent environ un tiers des retenus aujourd’hui). Cet exemple illustre parfaitement le caractère colonial de la rétention ainsi que sa fonction première : celle de punir, d’humilier et de briser les personnes étrangères. Dans les CRA, l’arbitraire des flics fait loi et la violence est omniprésente. Tous les jours, les flics humilient, insultent, provoquent, frappent. Les prisonnier•es sont, entre autres, privé•es de soin, privé•es d’une alimentation correcte. Si toutes les taules sont des lieux de torture, les personnes ayant fait l’expérience des différents types d’enfermement insistent souvent sur le fait que le CRA c’est le pire.

Or, pour pouvoir enfermer plus, l’État a besoin de plus de places en CRA : en 2017 est enclenchée la première phase du « plan CRA ». Plusieurs CRA existants sont agrandis, faisant passer le nombre de places en CRA de 1400 à 1869 : des travaux sont réalisés dans les CRA de Strasbourg, Nîmes, Metz, Mesnil-Amelot, Lyon, Coquelles, Lille et Hendaye. Deux nouveaux CRA ouvrent : à Lyon en 2022 et à Olivet (près d’Orléans) en 2024. Des projets de construction de nouveaux CRA sont lancés à Bordeaux, à Nice et au Mesnil-Amelot.

En 2023, Darmanin annonce la deuxième phase de ce « plan CRA », c’est-à-dire la construction de 8 nouveaux CRA d’ici à 2027, pour atteindre une capacité d’enfermement de 3000 places – le tout pour la modique somme de 240 millions d’euros sur 4 ans. Au total on parle donc de 11 projets de construction annoncés depuis 2022. Où en sont ces projets ?

« PLAN CRA » : 8 NOUVEAUX CRA EN 2027, OÙ EN SONT LES CONSTRUCTIONS ET QUELLES LUTTES SUR PLACE ?

O n peut tout de suite dire qu’il y a pas mal de retard sur les constructions. Un rapport commandé par une sénatrice LR indique que les 3000 places ne seront finalement atteintes qu’en 2029, et fournit quelques éléments de calendrier : Bordeaux et Dunkerque en 2026, Dijon en 2027, Nantes, Béziers, Oissel (Seine-Maritime) et le site Périchet au Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne) en 2028, et Aix-en-Provence en 2029. Le rapport ne cite donc que 8 des 11 projets initialement évoqués dans les annonces de Darmanin en 2023 (Goussainville, Nice et Mayotte ne sont plus évoqués).

Des collectifs ou coalitions d’organisations se sont constitués dans plusieurs villes concernées par les nouvelles constructions, ce qui permet aujourd’hui d’avoir des retours sur l’avancement des projets. Petit état des lieux :

Aix en Provence : très peu d’informations sur le projet ; la maire d’Aix-en-Provence s’est prononcée contre la construction d’un CRA sur la zone prévue, censée servir le développement économique de la ville. Le plus proche collectif est l’assemblée contre les CRA de Marseille, qui se mobilise contre le CRA situé dans leur ville. Leur blog : https://marseilleanticra.noblogs.org/

Béziers : dans ce fief de l’extrême droite, il est sans doute superflu de préciser que le maire, Robert Ménard, fait du zèle pour que le projet voit le jour sur sa commune. Le terrain sélectionné se situe à côté de la prison actuelle : il s’agit d’un terrain qui appartenait à la collectivité et qui a été cédé à l’État. A l’heure actuelle il est non constructible, une modification du PLU devrait bientôt être votée. Il est censé ouvrir fin 2027. Il y a un collectif qui se mobilise sur place, leur instagram : @anticra34

Dijon : l’ouverture d’un CRA de 140 places est prévue pour 2027, à côté de l’aéroport, sur la commune de Longvic. Le chantier doit commencer en 2026 et c’est Vinci qui a remporté une bonne partie de l’appel d’offre.

Il y a un petit groupe local à Longvic qui a fait une pétition, qui n’évoque pas forcément les mêmes raisons que le collectif antiCRA de Dijon. Ce dernier collectif a organisé une manifestation à Dijon en avril 2025, ainsi que 3 évènements à Longvic. La maire de Dijon (PS) s’est prononcée pour le projet.

Une manifestation sera organisée par l’antiCRA Dijon le 18 avril 2026. Leur instagram : @anticra.dijon et facebook : Collectif Dijon antiCRA.

Dunkerque : un CRA de 140 places est en construction à Loon-Plage, sur un terrain du Grand Port Maritime de Dunkerque. L’appel d’offre a été remporté par la société Spie Batignolles Nord et les travaux ont commencé, entourés de palissades. L’ouverture est prévue pour mars 2027. En novembre 2025 une association de défense de l’environnement a déposé un recours administratif contre le permis de construire, qui n’a pas encore été audiencé. Un collectif existe sur place et a organisé plusieurs évènements (soirée, ciné-débat). Leur blog : https://dunkerqueanticra.noblogs.org/

Goussainville (près de Paris) : un CRA de 140 places devrait être construit dans le nord de Paris, à côté de l’aéroport Charles de Gaulle. Si le CRA devait initialement être situé en plein centre-ville, le maire semble avoir négocié pour qu’il soit construit plutôt sur un terrain en périphérie de la ville. Une modification du PLU nécessaire à la construction a été votée lors d’un conseil municipal en juillet 2025, mais depuis il y a peu d’informations sur l’avancée du projet (avec les municipales qui approche, le projet semble peu porteur électoralement dans cette ville dont une grande partie de la population est issue de l’immigration).

L’assemblée contre les CRA d’Ile de France tente d’informer localement sur le projet et de construire une mobilisation ; plusieurs réunions publiques ont eu lieu, ainsi qu’un tournoi de foot anti-CRA en octobre 2024 pour diffuser de l’information. Leur blog : abaslescra.noblogs.org

Mayotte : selon l’annonce de 2023, un nouveau CRA de 140 places devait être construit à Koungou, venant doubler le nombre de places en CRA à Mayotte, où il existe déjà un CRA à Pamandzi. Mais depuis, pas de nouvelles du projet.

Mérignac (près de Bordeaux) : Un premier projet à Pessac a été rejeté suite à une opposition des habitant.es, mais qui était principalement basée sur des motifs racistes. Les travaux du CRA à Mérignac ont commencé à l’automne 2024, et le CRA est censé ouvrir à l’automne 2026. Le maire de Merignac est favorable au projet. Les entreprises impliquées sont notamment : Bouygues, SGAMI Sud-Ouest, DHA- Architecture (Paris), Groupe CETAB, HTM- Bureau d’Étude (Bidart), IDB Acoustique, SAMOP Aquitaine, APAVE- Bureau de contrôle, A+R Paysages.

Il existe un collectif avec des partis (LFI, NPA..) et des associations locales (Cimade, Asti ..), qui ont notamment tenté plusieurs recours juridiques qui ont échoués. Des manifestations et vélorutions ont été organisées.

Il existe aussi un collectif AntiCRA autonome dont l’instagram est @bordeaux.anticra.

Bonne nouvelle ! On vient d’apprendre par la presse locale que le CRA de Merignac, dont le chantier est en cours, à subit de lourdes dégradations autour du 19-20 janvier 2026 :  » Grillage découpé, système de vidéosurveillance anéanti, vitres étoilées, câbles électriques arrachés, canalisations d’eau endommagées, carrelage brisé, murs dégradés, mousse expansive déversée dans des siphons, etc. Le ou les auteurs qui ont vandalisé les bâtiments du futur centre de rétention administrative (CRA) de Mérignac ont dévasté une grande partie du site. » Les dégâts s’élèveraient à plus de 100 000 euros… plus d’info à lire ici : https://lagrappe.info/?Merignac-Saccage-en-regle-du-chantier-du-centre-de-retention-1822

Nice ou Grasse ou quelque part dans les Alpes Maritimes : si le nouveau CRA des Alpes-Maritime devait initialement être construit à Nice, à côté de l’aéroport, finalement il s’avère que le terrain est inondable. Depuis c’est un vrai feuilleton pour savoir où sera construit le nouveau CRA et qui sera le plus fasciste : Estrosi (le maire de Nice) proposait à la base de construire un LRA (local de rétention administrative) à Nice ; Ciotti (député) s’insurge que ça serait trop petit et qu’il y a besoin d’un CRA ; en juin 2025, Retailleau le rassure en lui parlant d’un projet à l’étude pour le construire à Grasse, mais finalement Viaud (le maire de Grasse) refuse le projet : eh oui, il avait déjà prévu d’utiliser ce terrain pour doubler la capacité de la prison (la plus grande du département). Nous n’avons pas encore d’écho de collectif sur place, mais bon courage à elleux !

Oissel : le début des travaux pour la construction d’un nouveau CRA de 140 places, dans une ville qui en compte déjà un de 70 places, sont prévues pour mai 2026. Nous n’avons pas non plus d’informations concernant un collectif sur place.

Nantes : les travaux pour un CRA de 140 places devraient commencer en 2026. Il est aussi prévu la construction d’une annexe du tribunal et d’un stand d’entrainement au tir pour la PAF (police aux frontières). Les entreprises à qui a été confiée la maitrise d’ouvrage sont EGIS Conseil et Alma Consulting, et l’entreprise principale en charge des travaux est Léon Grosse. Deux manifestations ont déjà été organisées contre le projet ainsi qu’un festival, plusieurs réunions publiques et des actions de blocage des bureaux d’EGIS. La maire Johanna Rolland (PS) a communiqué son « opposition de principe » au projet mais a sorti un plan sécuritaire en 2022, conçu avec Darmanin : l’installation de plus de 100 caméras, des recrutements policiers massifs et la construction d’un CRA dans le 44. En octobre 2025, on a appris que l’état avait pour projet de construire un LRA dans le commissariat de police Waldeck-Rousseau (le commissariat principal de Nantes). Actuellement, des algecos sont en place dans l’arrière cour mais il y a du retard dans la mise aux normes et la sortie de l’arrêté.

Sur place il y a un collectif antiCRA 44, qui est notamment en lien avec le Network Against Migrant Detention, un réseau Italo-Albanais qui s’est formé contre les accords d’externalisation des frontières et la construction des CPR italiens en Albanie. Leur instagram : @anticra44.

Il y a également une coalition d’organisations, partis, collectifs, associations et individus qui lutte contre le projet, appelée Colère Nantes. Leur site internet : www.colere-nantes.fr. Iels organisent notamment un festival anticra le samedi 4 avril 2026 par Colere Nantes.

Rouillé : la préfecture de la Vienne prévoit en 2024 la création d’un LRA de 6 places dans une ancienne gendarmerie d’autoroute, au bord de l’A10. Une réunion d’information publique permet la création d’un collectif local, dans cette petite ville qui a connu un camp d’internement vichyste pendant la 2ème guerre mondiale.

Plusieurs actions (rassemblement, manif à vélo, ciné-débats) mobilisent les habitant•es. Pétitions et informations sur https://c.org/jQ4FxP4PZc ou par email (collectifrouilleantiLRA@proton.me) Bonne nouvelle ! On apprend juste avant de sortir cette brochure que le projet construction du LRA de Rouillé est annulé.

UN PLAN QUI S’INSÈRE DANS UN PROJET POLITIQUE BIEN PRÉCIS, RACISTE ET CARCÉRAL

Ce plan de construction arrive comme l’aboutissement de deux dynamiques à l’œuvre ces dernières années : d’un côté un durcissement des politiques anti-immigration rendant de plus en plus difficile l’accès aux papiers pour toutes les personnes n’ayant pas la nationalité française (loi Darmanin de 2024, suspension de la circulaire Valls) ; et de l’autre une criminalisation croissante des personnes étrangères érigées comme responsables de tous les problèmes de la société.

Un bon exemple est la construction médiatique autour du féminicide de Philippine, allant jusqu’à justifier un projet d’allongement de la durée de rétention à 210 jours2. Les répercussions de ces politiques sont concrètes, et conformément à ce qu’avait exigé Darmanin, justice administrative et justice pénale avancent de plus en plus main dans la main pour détruire la vie des personnes étrangères. De 2017 à 2024, le pourcentage de personnes sortant de prison parmi les personnes retenues en CRA est passé de 8,5% à 28,2%. Cela devient la première modalité d’entrée au CRA, juste devant les arrestations pour « suspicion d’infraction » (26%). La figure de l’étranger délinquant à expulser est bien pratique pour ces fachos : elle permet de maintenir dans la peur et de discipliner toutes les personnes à qui on pourrait retirer les papiers, pour les obliger à accepter des conditions de vie et d’exploitation toujours pires.

Le CRA devient alors une annexe de la taule classique, un lieu pour envoyer toutes les personnes à qui on applique la double peine. Cette double peine passe par plusieurs mécanismes : rendre quasiment impossible le renouvellement des titres de séjour pour les personnes en situation régulière à leur entrée en prison, ce qui permet de les envoyer en CRA directement à leur sortie de prison ; mais aussi sanctionner d’un refus de renouvellement de titre de séjour et d’une OQTF pour « menace à l’ordre public » les personnes ayant eu le malheur de s’être retrouvées un jour entre les mains des flics ou des juges (garde à vue, déferrement…).

La rétention permet d’enfermer des personnes étrangères sans jugement, comme une voie de décharge de la justice pénale et de l’usine des comparutions immédiates. En effet, il est possible d’enfermer tous•tes celleux qui sont arrêté•es dans la rue pour tout et n’importe quoi et sans besoin de preuve pour « suspicion d’infraction ». Iels ne passent pas devant le juge pénal, il n’y a pas de poursuite, mais iels sont quand même envoyé•es au CRA avec une OQTF. Dans les juridictions, la préfecture désigne elle-même cette pratique comme « le choix de donner une orientation administrative au dossier ».

LA SUITE ?

Plus que jamais, le contexte nous le rappelle : la lutte contre les CRA doit être une lutte contre les taules et toutes les formes d’enfermement. S’opposer par tous les moyens aux projets de construction actuels est une manière de mettre un caillou dans la machine bien huilée du racisme d’État et de l’enfermement. Sans cet outil répressif, l’application des politiques anti-immigration est plus difficile.

Alors continuons à lutter contre ces projets et mettons-nous en lien pour nous y opposer partout et avec plus de force !

En 2026, des dates de mobilisations nationales sont appelées dans plusieurs lieux pour s’opposer à ces projets.

Des appels circuleront via les différents collectifs locaux, y’aura besoin de soutien !

Ce texte a été écrit conjointement par différents collectifs qui luttent contres les CRA/ LRA et le racisme d’État.

 

1 Si vous voulez plus d’infos sur l’histoire de ces lieux d’enfermements racistes, vous pouvez consulter cet article de la revue Z « Arenc, le matin des centres de rétention : Enquête sur l’enfermement des étrangers à Marseille, de 1963 à 2006 ». N° 2, 2009 : https://shs.cairn.info/revue-z-2009-2-page-14?lang=fr).

2 Cette disposition a finalement été bloquée sur la forme par le conseil constitutionnel, mais risque bien d’être proposée sous une nouvelle forme dans une prochaine loi.

CONTRE LES RAFLES DES PERSONNES SANS-PAPIERS

Le 17 et 18 juin dernier, la police a mené une grande campagne de contrôles d’identité et d’arrestations de personnes sans papiers à Lyon et partout en France. Plus de 600 personnes ont été arrêtées. À Lyon, ces opérations ont conduit à l’arrestation de plus de 30 personnes à Jean Macé (à quelques pas du musée de la Résistance et de la déportation, la symbolique est forte), la Guillotière, Croix Rousse, place des Terreaux, Perrache… Ces rafles ont un objectif assumé : rendre la vie impossible aux personnes à qui l’État refuse de régulariser leur situation. Si cette opération a été lancée et largement médiatisée par Bruno Retailleau qui cherche toujours plus à séduire l’électorat du RN, elle s’inscrit dans la longue histoire des politiques racistes, xénophobes et coloniales menées par l’Etat. Depuis l’arrivée de Retailleau au ministère de l’intérieur, ces opérations se sont intensifiées. Fin mai, de nombreuses rafles avaient eu lieu dans les transports en commun. Aux frontières françaises, les refoulements dans la neige ou dans la mer sont une
réalité meurtrière quotidienne.

Les personnes arrêtées sont placées en Centre de Rétention Administrative (CRA) et sont en danger d’être déportées. Même quand elles ne sont pas expulsées, elles peuvent rester enfermées jusqu’à 7 mois (c’était encore 3 mois jusqu’au 8 juillet !!) dans des conditions indignes : violences policières, insultes racistes, nourriture insuffisante et ignoble, promiscuité… Seulement parce qu’elles ne possèdent pas les « bons » papiers. Elles perdent alors leur travail, leurs relations sociales, leur famille, bref c’est toute leur vie qui est détruite.

Ce à quoi nous avons assisté ces derniers jours franchit de nouvelles limites dans les pratiques policières. De nombreux témoignages relatent que des policiers se sont introduits dans des immeubles et ont demandé aux
habitant·es et aux passant·es de dénoncer les personnes sans papiers qu’elles connaissaient.

Face à ces opérations racistes et xénophobes, nous ne pouvons pas fermer les yeux !

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Si vous ne courez pas ou peu de risques face à la police car vous êtes blanch·e et/ou que vous avez des papiers d’identité français :

Vous pouvez filmer les contrôles et les interpellations. Ce n’est pas illégal, mais vous risquez de vous faire contrôler, ce qui leur fera perdre du temps.
– Occupez les flics, ralentissez-les. Quelques exemples : demander son chemin, faire la conversation, simuler un malaise…
– demandez à voir la réquisition du procureur qui autorise les contrôles : bien vérifier l’heure et le secteur, sans ce papier les contrôles sont illégaux et les personnes arrêtées peuvent être libérées. Prenez le temps de la lire en détail.
– Connaître le texte de loi sur le contrôle au faciès peut aider à garder sa contenance si vous décidez de parler à la police
Prévenez les gens menacé·es des situations de contrôles aux environs ou des opérations policières en cours
– Rappelez (quitte à crier) leurs droits aux personnes en train de se faire contrôler
– Suscitez l’indignation des passant·es en expliquant le contexte politique dans lesquelles interviennent ces rafles et leur caractère raciste et xénophobe.
Notez le nom de la rue et l’heure de l’arrestation et transmettez ces informations aux collectifs de soutien aux personnes sans-papiers de votre ville, avec la vidéo de l’arrestation si vous avez filmé. ça pourra
être utile pour la procédure.

si un·e de vos proches s’est fait·e arrêter : cherchez où iel se trouve en appelant les commissariats (encore mieux si un·e avocat·e le fait). Attention vous devez savoir si la personne a donné son vrai nom ou pas.
– récupérez rapidement tous les documents qui pourront montrer que la personne a des liens en France et transmettez-les à l’avocat·e.
– en cas de placement en CRA, venir nombreuxses à la première audience devant le Juge des Libertés peut influencer la décision du juge.

 

Que faire quand on est sans papiers ?

Les personnes sans-papiers ne devraient jamais avoir à se cacher, avoir peur de sortir de chez elles, chercher des stratégies au quotidien pour se protéger… En parallèle de ces quelques conseils pour éviter le pire, nous devons lutter
sans relâche pour exiger la liberté de circulation et la régularisation sans conditions.

Pour éviter une arrestation et un placement en CRA :

– les lieux de contrôle les plus fréquents sont les gares SCNF, grosses stations de métro, lieux de passage, certaines places…
– dans les transports en commun, ayez un titre de transport
– si vous devez voyager, évitez les trains et les bus internationaux. Privilégiez le covoiturage. Si vous devez quand même prendre le train, descendez un arrêt avant votre destination si c’est une grosse gare. En voiture, attention aux grands péages (près des grandes villes, frontières…).
Rassemblez tous les documents qui prouvent votre présence et vos liens en France (attestation de droits AME, relevés de compte, déclaration d’impôts, ordonnances, certificats de scolarité de vous ou vos enfants, ustificatif de domicile, certificat de PACS ou de mariage…). Mettez-les en lieu sûr et dites à vos proches où ils se trouvent.
– Connaissez le nom et le barreau d’un·e avocat·e de confiance et le numéro d’un·e proche
– N’ayez jamais votre passeport sur vous (même une photocopie), ni un faux document officiel. N’ayez pas non plus votre carte AME, elle prouve que vous êtes sans-papiers.
– Par contre, vous pouvez avoir des documents non-officiels qui attestent de votre identité et de vos liens en France : carte d’étudiant·e, badge de travail, certificat de PACS ou de mariage…
– Si vous prévoyez de donner une fausse identité en cas d’arrestation, prévenez vos proches à l’avance de cette fausse identité

– en cas de contrôle :

demandez à voir la réquisition écrite du procureur pour vérifier si les horaires et l’adresse indiquée correspondent à votre arrestation. Retenez l’heure et l’endroit exacts du contrôle car des vices de procédure pourraient vous faire libérer.
– stratégie possible : dire à la police « je suis désolé·e je n’ai pas mes papiers sur moi, je suis pressé·e, je vais au travail / à l’université, voilà mon badge / ma carte d’étudiant·e. »
– si la préfecture vous donne des mesures d’éloignement (OQTF, CRA, assignation à résidence…), faites les recours très rapidement contre chacune de ces mesures (en général 48h max).

en cas d’arrestation :

– il est possible d’être emmené soit en retenue administrative (dans le but de « vérifier vos papiers ») (24h max), soit en garde-à-vue.
– dans les mains de la police, vous avez des droits. si ils ne sont pas respectés, cela peut constituer un vice de procédure qui permettrait de vous libérer. Il faut donc connaître ces droits : avoir un·e interprète, voir un·e avocat·e, un médecin, refuser de signer le procès-verbal, garder le silence. En retenue administrative, vous pouvez garder votre téléphone et contacter vos proches. En garde-à-vue, vous pouvez prévenir un·e seul·e proche et votre employeur. La police doit vous notifier chacun de ces droits.
ne dites jamais à la police que vous refusez l’expulsion car ils risqueraient de vous envoyer en CRA sous prétexte de « risque de fuite ».

en cas de placement en CRA :

– allez voir les membres de l’association (Forum réfugiés à Lyon), donnez leur le nom de votre avocat·e ou demandez le nom de l’avocat·e de permanence pour votre audience (afin de lui transmettre les éléments de votre dossier) et dites-leur que vous voulez faire un recours contre toutes les mesures prises à votre encontre : placement en CRA, OQTF, IRTF…
– 2 stratégies possibles : cacher votre identité et ne surtout pas donner votre passeport (si vous n’avez aucune chance de faire annuler votre OQTF), ou bien donner votre identité et demander une assignation à résidence (si vous avez une chance de faire annuler votre OQTF) (ce qui implique de donner son passeport).
– essayez de vous rapprocher des collectifs de soutien aux personnes enfermées en CRA de votre ville.
– la mobilisation de vos proches à l’extérieur permet parfois une libération : rassemblement, pétition, médiatisation… toute forme de pression sur la préfecture.

Plus de ressources sur la chaîne YouTube de @LyonAnticra et de @abaslescra6917
Legal team antiraciste : 07 80 99 99 82
contre les rafles à Lyon :  @riseup.net

tracts en pj : français, anglais, arabe à venir :

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Contre le business de l’enfermement et les centres de rétention, en mai, fais ce qu’il te plaît !

Partage d’un article paru sur Paris-luttes.infos

Contres les frontières et l’enfermement, nous appelons à un mois d’actions décentralisées et autonomes contre le business des Centres de rétentions administrative (CRA).
Nous invitons toustes celleux qui se reconnaissent dans cet appel à attaquer à leur manière les cibles de leur choix !

À travers toute l’Europe, les États cherchent à renforcer leurs frontières. Cette logique répond aux intérêts impérialistes et néo-coloniaux des pays européens. Les Centres de Rétention Administrative (CRA) sont un des élément-clés de ce système raciste et servent à enfermer les personnes qui n’ont pas les « bons » papiers.

En france, la loi Darmanin votée en 2024 va intensifier la répression contre les personnes immigrées / sans papiers en facilitant les arrestations, l’enfermement et les expulsions. Cette politique raciste ne sera pas applicable sans plus de moyens pour enfermer et remplir leurs objectifs repressifs. L’État prévoit de construire 10 nouveaux CRA dans les années à venir, faisant passer les capacités d’enfermement de 1500 à 3000 places.

À l’intérieur des CRA et depuis qu’ils existent, les prisonnièr·es luttent pour leur liberté, pour faire entendre leur voix au dehors des murs. De l’extérieur, les luttes et les solidarités se construisent pour enrayer ces politiques de terreur. Intensifions-les !

Nous appelons en mai à un mois d’actions décentralisées et autonomes contre le business des CRA. Nous invitons toustes celleux qui se reconnaissent dans cet appel à attaquer à leur manière les cibles de leur choix.

Et les cibles, c’est pas ça qui manque !
Derrière les constructions de CRA, il y a tout un tas de profiteur·euses qui bénéficient de ce business et rendent ces lois applicables :

  • les entreprises qui font du business : boîtes de BTP, d’architectes, compagnies aériennes…
  • celleux qui servent de caution humanitaire à l’enfermement  : avocat·es, associations et organismes qui interviennent dans les CRA, unités médicales et de restauration…
  • les secteurs publics qui servent les intérêts racistes de l’État  : police, justice, administrations…

En appelant à agir « Contre le business de la construction et de la gestion des CRA », c’est contre la logique même d’enfermement et de privation de liberté que nous luttons. Car à travers les différentes formes qu’il prend (taules, CRA, hôpitaux psychiatriques…), l’enfermement est toujours un instrument de l’État pour protéger l’ordre établi, et il cible souvent les mêmes groupes de personnes, que ce soit parce qu’iels n’ont pas les bons papiers ou parce qu’iels enfreignent des lois racistes et anti-pauvres, de toute façon faites contre elleux.

Nous ne réclamons pas seulement la liberté pour les prisonnier·es en CRA qui n’auraient « rien fait de mal » en opposition avec d’autres type de prisonnier·es : nous voulons la liberté pour toustes et la fin de cet ordre raciste. CRA et prisons sont les 2 faces d’une même pièce et se renforcent mutuellement. Les sanctions pénales sont de plus en plus la cause de l’enfermement en CRA, cette position clairement assumée est mise en avant par Darmanin : 27% des personnes enfermées en CRA sortaient de prison en 2022, contre 8% en 2017. Les placements en CRA pour « menace à l’ordre publique » ont également été multipliés.

Lutter contre les CRA, c’est donc bien lutter contre les frontières mais aussi contre le système judiciaro-carcéral raciste. Soutenir les prisonnier.es des CRA c’est soutenir tout.es les prisonnier·es.

Contre le business de la construction et de la gestion des CRA,
Contre les boîtes collabos et les institutions racistes,

En mai, fais ce qu’il te plaît !

Place nette: le nettoyage social raciste à l’oeuvre

Sous la « propreté » et la « sécurité », le racisme

Depuis le dernier trimestre de 2023, des opérations de police nommées « Place Nette »  se déroulent dans des quartiers populaires dans toute la France, à l’initiative de Darmanin. Ces dispositifs déploient des centaines de flics dans l’espace public pour contrôler le plus de personnes possible. Toutes les personnes contrôlées qui n’ont pas de situation administrative régulière sur le territoire sont raflées. Ces opérations concernent de nombreux quartiers de villes moyennes ou grandes sur l’ensemble du territoire : Nîmes, Valence, Garge-lès-Gonesse, Poitiers, Tours, Villeurbanne, Marseille, Nantes, Lyon… Dans la plupart des cas, il s’agit de quartiers liés de pleins de manières à l’histoire de l’immigration.

A travers ces dispositifs, l’Etat prétend lutter contre le trafic de drogue et l’insécurité dans les quartiers :  « Les opérations « place nette » sont réalisées en priorité sur les secteurs difficiles des grandes agglomérations. (…) pour démanteler et empêcher les trafiquants de se réimplanter en portant un coup d’arrêt durable par une action durable. Elles visent à remettre de la sécurité, de la sérénité et de l’ordre public partout où cela est nécessaire. » Ces mots du ministère de l’intérieur sont d’une grande violence et exposent au grand jour les objectifs de la police : il s’agit bel et bien d’actions coup de poing (des descentes de police pour rafler les personnes sans-papiers et pour contrôler les personnes racisées), sans travail de fond sur la réalité sociale de ces quartiers. En effet les résultats mis en avant ne parlent que de chiffres : interpellations, kilos de drogues, de véhicules et d’armes saisies. Ces chiffres ont vocation à effrayer, ces opérations veulent légitimer et nous habituer à la présence policière toujours plus nombreuse et brutale dans les rues. 

Les enjeux de ces opérations sont avant tout racistes et coloniaux : celles-ci ont surtout pour but de contrôler des populations bien précises dans des territoires visés (les fameux « secteurs difficiles », qui sont en réalité les zones délaissées par les politiques publiques depuis toujours). La prétendue « insécurité » que voudrait combattre le ministère de l’intérieur n’est que le reflet des violences systémiques exercées sur les habitant.es majoritairement non blanches et issues de l’immigration de ces quartiers.

 On perçoit bien dans l’appellation de ces opérations le regard que l’Etat pose sur les quartiers populaires : des espaces « sales«  à « nettoyer ». Une rhétorique particulièrement dangereuse, qui une fois de plus stigmatise et déshumanise les personnes qui y vivent. En 2005, Nicolas Sarkozy parlait des cités comme d’endroits à « nettoyer au Kärcher ». Les propos de Darmanin s’inscrivent dans cette lignée : sous ses envies de « propreté » se cache une volonté xénophobe et raciste de réprimer toujours plus les habitant.es des quartiers populaires, désignées comme la cause de tous les maux de la société. Cette rhétorique vient bien rappeller que certaines personnes sont considérées comme « indésirables » parce qu’elles sont pauvres, qu’elles n’ont pas de statut administratif reconnu par l‘Etat, qu’elles doivent pratiquer des activités criminalisées pour survivre, ou qu’elles sont étrangères. 

Le lundi 18 mars 2024, lors d’une visite surprise à Marseille, Macron a annoncé la mise en place des « opérations Place Nette XXL« : « elle[s] mobiliser[ont] de très nombreux policiers sur toute la ville pendant plusieurs semaines. 750 policiers et gendarmes ont investi les quartiers sensibles de la ville et notamment la cité de la Castellane« . Il s’agit de : « frapper plus fort, plus longtemps, plus intensément ». La première opération a déjà commencé à Marseille, mais à terme, plusieurs dizaines de villes seront concernées par ces places nettes XXL.

En région lyonnaise, c’est d’abord le quartier du Tonkin de Villeurbanne qui a été la cible de cette répression policière, à la demande du ministre de l’Intérieur, sous l’autorité de la Préfète de Région Auvergne-Rhône-Alpes Fabienne Buccio et du Procureur de République de Lyon. Un énorme dispositif policier a été déployé : 250 officers de police judiciaire, secondés par une unité du RAID, la CRS 83 et la Police Aux Frontières. Le vendredi 22 mars, Gérald Darmanin a de nouveau annoncé une « brigade de sécurité » qui sera déployée au Tonkin (concrètement 12 policiers en plus qui patrouilleront le quartier), ainsi qu’un budget de 500 000 euros dédié à l’installation de 50 caméras de surveillance dans ce quartier de Villeurbanne. Depuis la fin du mois de novembre, il y a aussi eu des opérations sur la place Mazagran dans le quartier de la Guillotière

La complicité des sociétés KEOLIS et la SYTRAL, les entreprises opérant la direction des transports en commun lyonnais, a permis des contrôles d’identité massif dans les transports. Quand on est sans-papiers, même prendre le bus devient dangereux. 

Les opérations place nette représentent toujours plus d’argent public alloué à la répression, la violence et la brutalité policière, alors que l’on nous répète que l’Etat n’a pas d’argent pour lutter contre le mal-logement, la précarité, autant de problèmes de fond qui ne trouveront jamais de solution tant qu’on misera sur le tout-répressif à l’égard des plus précaires. Résultat de ces opérations :  aucun moyen mis en place pour l’amélioration des conditions de vie de la population, mais des saisies de drogues et des interpellations. Ces interpellations conduisent des personnes à l’enfermement en Centre de rétention administrative ou en prison, pour trafic illicite, ou bien pour séjour « illégal«  sur le territoire. Les CRA sont un rouage de ces processus de répression et renforcent le lien établi par le pouvoir entre criminalité et populations pauvres et d’origine étrangère.  Les personnes y sont enfermées pour être expulsées, mais aussi dans le seul but de leur faire subir la violence inhérente à l’enfermement.L’enfermement a toujours pour but de stigmatiser, réprimer et humilier.

Nous dénonçons les opérations place nette, leur violence raciste, la répression, et nous dénonçons tous les dispositifs policiers qui conduisent à l’enfermement des personnes.

À bas la police
à bas les Cra 
à bas les frontières 
Soutien à toustes les prisonnièr.es

“Ici on est pas des esclaves” : GREVE DE LA FAIM EN COURS AU CRA DE MESNIL !

Article sur : https://abaslescra.noblogs.org/ici-on-est-pas-des-esclaves-greve-de-la-faim-en-cours-au-cra-de-mesnil/

« Quelques heures après la fin de la grande marche des sans-papiers, les prisonniers du CRA de Mensil-Amelot répondent en lançant une grève de la faim.

On était des milliers dans la rue aujourd’hui à Paris pour exiger la régularisation de toustes les sans-papiers et l’abolition des centres de rétention. A l’intérieur et à l’extérieur de ces prisons, la lutte continue : soyons solidaires avec les prisonniers et les prisonnières !

Voici le témoignaige d’un prisonnier en lutte, à faire tourner au max.

A BAS LES CRA ! »

« On fait une grève de la faim pour plusieurs raisons :

– les gens qui font 90 jours puis on les envoie en garde à vue, puis on les ramène pour 90 jours à nouveau. Par exemple les Tunisiens : pour un refus de test ils t’envoient en prison, tu te prends une condamnation de 3 ans ! Ou alors tu fais 90 jours, puis on te ramène en prison quelques temps, puis on te ramène au CRA encore 90 jours, ça c’est pas possible.

– les algériens : on les met en CRA alors que les frontières sont fermées. Pourquoi ? Ils disent “oui on te met en CRA parce que ça va bientôt réouvrir” mais c’est pas vrai on voit les informations on voit que partout il y a le Covid, ici il y a le couvre feu, en Tunisie par exemple encore pire il y a le couvre feu et les hôpitaux qui sont pleins.

– alors qu’il y a le Covid ici il ramènent des vieux, ils font pas de test, ils ramènent n’importe qui, chaque jour ils ramènent des gens. Un vieux a 79 ou 80 ans vous imaginez il a peut-être même vécu la guerre ?

– La nourriture est pas bonne, ils nous crient dessus, ils tabassent les gens. Il se passe des trucs de ouf ici, ils tabassent les gens, il y a pas de chauffage dans les cellules vous imaginez ? J’ai une seule couverture à l’heure où je vous parle.

C’est pour ça que les gens font la grève de la faim ici. Ils veulent que quelqu’un écoute, un magistrat, les journalistes. Ils veulent montrer, envoyer un message, que les gens nous voient. On est pas comme les autres centres ici c’est pire. Par exemple pour venir te voir au parloir, personne ne vient, c’est trop loin et trop compliqué pour venir, et le comportement des policiers fait que les gens ne reviennent pas. Imagine la personne fait un long chemin pour venir, il te ramène de la bouffe, et ici on leur dit que c’est pas possible et on jette la bouffe dans la poubelle !

Toutes les nationalités ici font la grève. Tout le monde fait la grève dans le bâtiment 3, 4, 5, 6, 7 et 8. On a envoyé le message au CRA 2 on va voir comment ça va se passer.

On va faire une grève de la faim jusqu’à ce que quelqu’un nous entende. Ici on est pas des esclaves, c’est fini l’esclavage, ici on vit comme des merdes.  »